Musique et Internet: pour quels changements?

M.A.J. du 16/04/09
Coup dur pour la liberté d'expression et la neutralité du net... les fondateurs du site The Pirate Bay ont perdu leur procès et sont condamnés à 1 an de prison ferme et à 2.7 millions d'euros d'amende. Un véritable scandale quand on sait à quel point les majors se sont ridiculisées durant ce procès et ont montré leur méconnaissance d'Internet et de son fonctionnement. En parallèle, un autre scandale a éclaté car le jugement du procès s'est ébruité presque 24h avant le jugement officiel; c'est une première pour la justice suédoise et une enquête est déjà en cours pour déterminer qui fut l'auteur de la fuite.
De toute façon, le site a fait appel et il continue toujours de fonctionner. Seul point positif, la Suède s'est enfin réveillé; le verdict a entrainé une explosions des adhésions au parti politique pirate (Piratpartiet) suédois (plus de 10 000 candidatures), ce qui fait qu'avec 30 000 membres, ce parti devient la 4ème force politique du pays (devant les verts et les communistes) et lui donne de sérieuses chances d'être représenté au Parlement européen (ce qui j'avoue, 1/ me ferait bien rire 2/ serait une excellente chose).
M.A.J. du 09/04/09
Alors que tout semblait être déjà joué, la loi a été refusé in extremis par le Parlement (le dernier cas remonte à 1983!!). A la surprise générale, la gauche et le PC ont profité de la faible mobilisation des élus UMP pour réussir un tour de force et refuser la loi à 21 voix contre 15 lors d'un vote à main levée. Mais que les ayant-droits se rassurent, la loi passera belle et bien et le gouvernement a déjà fixé la date du 29 Avril pour une nouvelle lecture.
C'est au cœur de toutes les discussions (enfin j'espère!!), la loi Création et Internet a été, en dépit de tout bon sens, finalement voté. Je ne reviendrai pas sur les multiples raisons qui font que cette loi est une aberration, qu'elle est inapplicable (et bien heureusement, sinon nous serions une dictature) et qu'elle est déjà dépassée technologiquement parlant.
Avant Internet, voler de la musique revenait à prendre un cd dans un bac et à détaler en courant… puis vint les cassettes que l'on copiait et qu'on se redonnait entre copains (en quelques sortes, le début du P2P). On se rappelle d'ailleurs à ce sujet les discours alarmistes des majors à ce sujet comme quoi les K7 allaient tuer le marché de la musique).
Mais pour notre génération (celle des moins de 30 ans) qui a grandit (ou au moins fait son adolescence) avec Internet, la conception de ce qui est du vol a changé… surtout que voler, c'est quand on prive quelqu'un d'un bien; Internet permet de copier, on ne retire rien à personne, on duplique. Actuellement, seul revendre un contenu téléchargé est perçu comme un vol… car on se substitue aux vendeurs en agissant de cette manière.
Les frontières évoluent avec le temps; il y a encore peu de temps, on nous disait que le streaming, c'était mal… MySpace a changé la donne. Internet nous a ouvert les yeux et nous a montré qu'il existait une alternative aux majors, qu'ils existaient d'autres groupes en dehors de ceux qu'on trouvait à la Fnac. Et puis télécharger gratuitement est ce illégal? En Chine non grâce à Google.
On voit ici le problème, la Loi (en générale) est décalée par rapport à la réalité et aux usages de la population. Les quelques rares artistes qui soutiennent des lois tels que celle qui vient d'être votée (par 16 députés je le rappelle… car c'est important de le mentionner) s'accrochent aux temps passés et continuent de voir en leur public, une vache à lait. Mais ce ne sont pas ceux qui sont le plus à blâmer car ces derniers se font, pour beaucoup, véritablement exploiter par l'industrie du disque. D'ailleurs, de plus en plus de groupes ou d'artistes se rebellent (et non des moindres… récemment Radiohead pour ne pas les citer) contre le système.
On en revient aux racines du problème: les majors. Ce ne sont pas des musiciens qui y sont aux commandes mais des Hommes d'affaires. Des Hommes qui vivent dans le passé et qui s'accroche envers et contre tout aux miettes sans réellement s'apercevoir que le bateau coule (enfin il a même déjà sombré depuis longtemps). Les majors sont des sociétés qui n'ont pas su anticiper l'avenir et qui propose un business model qui n'a pas évolué depuis des dizaines d'années… le problème c'est qu'ils sont puissants et surtout assez influent pour créer des lois. Ce ne sont pas les seuls dans ce cas là: l'industrie cinématographique ou la presse sont dans le même tourment.
Internet façonne déjà une nouvelle réalité et l'industrie sera forcée, un jour ou l'autre, de s'y adapter, de gré ou de force. Des concepts tels que "gratuité", "streaming" ou "licence globale" sont de sérieuses alternatives avec lesquelles il faudra composer. Bien sur, du courage sera nécessaire pour mettre de tels système en place mais comme le dit l'adage, la chance sourit aux audacieux. Ce sont les entreprises innovantes d'aujourd'hui qui continueront d'exister demain.











































