24/05/2026 ssofidelis.substack.com  16min #314907

Ormuuuz, Ormuuuz, ou le désastre total de la chronologie iranienne de Trump

Par  I fucking Love Australia, le 24 mai 2026

Voici l'autopsie complète, ahurissante et détaillée jour après jour des quatre mois les plus malhonnêtes de la politique étrangère moderne.

Avertissement : rien d'étonnant à ce que tous soient épuisés, à bout de forces et complètement lessivés. Accrochez-vous, chers lecteurs. Il va falloir quelques verres de ce qui vous aide à tenir le coup pour lire ça.

Président d'une heure

Une heure. Soixante foutues minutes. C'est la durée de vie certifiée, testée en laboratoire et validée par des pairs d'une déclaration de Donald Trump en matière de politique étrangère avant que la réalité ne s'en mêle et ne la démolisse publiquement.

Ce samedi-là, le gars se lève, gonfle ce qu'il lui reste de pectoraux et annonce à la planète qu'un accord avec l'Iran sera "annoncé sous peu". Un accord formidable. Un accord parfait. Un accord qui va enfin, ENFIN, rouvrir le détroit d'Ormuz pour que le pétrole mondial puisse circuler et que votre portefeuille cesse de se vider à la pompe. Une heure plus tard, le temps qu'il faut pour regarder le quart d'un match de foot et engloutir une tourte à la viande, l'agence de presse iranienne Fars, proche du régime, sort de sa tanière et déclare, grosso modo, "Eh bien non, le détroit reste sous contrôle iranien, mon pote".

Pas l'année prochaine. Pas le mois prochain. Une heure. Ce type n'a pas réussi à tenir une version cohérente le temps d'une pause-cigare.

Et voilà ce qui me fait vraiment sortir de mes gonds. Les médias n'arrêtent pas de marteler l'expression "DERNIÈRE MINUTE" sur ces futilités. Ça n'a rien de nouveau. Rien n'est surprenant. Une machine à cash délabrée qui crache les trois mêmes cerises pour la 24e fois, ce n'est pas une info de dernière minute. C'est le dysfonctionnement auquel vous assistez bêtement depuis 11 semaines, en y glissant vos pièces, et en vous demandant pourquoi vous vous sentez plus pauvre.

Et voici le clou du show. Entre le moment où j'ai commencé cet article et celui où je l'ai terminé, l'Iran a remis ça. Quelques heures après la fanfaronnade de Trump sur des négociations "rondement menées", le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré à l'agence de presse officielle IRNA que les questions nucléaires ne font même pas partie des négociations actuelles. L'objectif, a-t-il dit, est de mettre fin à la guerre, point barre. L'agence iranienne Fars est allée plus loin et a qualifié le récit de Trump sur le détroit d'Ormuz d'"incomplet et en contradiction totale avec la réalité", confirmant que le détroit reste sous contrôle iranien. Et Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement militaire iranien, l'a exprimé plus clairement que quiconque. L'affirmation de Trump est "fausse", a-t-il déclaré, et

"Ormuz restera entièrement sous contrôle iranien. C'est nous qui décidons qui passe, quand et comment".

La Maison Blanche, publication officielle sur Facebook, 23 mai 2026

Relisez attentivement. Trump annonce un accord "rondement négocié" et, le jour même, l'autre partie à cet accord déclare que le sujet central, le dossier nucléaire, n'a pas été abordé, et que le deuxième point, le détroit, ne relève pas de sa compétence. Il n'a pas annoncé un accord tombé à l'eau. Il a annoncé un accord qui, de l'aveu même de l'autre partie, n'existe tout simplement pas. Trump fait penser à un type debout tout seul devant l'autel, qui déclare à l'assemblée que la mariée a dit oui, alors qu'elle est dehors, sur le parking, en train de raconter à tout le monde qu'elle ne l'a jamais rencontré.

The Kobeissi Letter, X, 23 mai 2026

Alors installez-vous confortablement, servez-vous un verre de quelque chose de bien costaud, et laissez-moi vous guider à travers toute cette chronologie délirante. Car une fois que vous l'aurez vue décortiquée et étalée sur la table, organe par organe, vous ne croirez plus jamais un seul mot de ce qui sort du clapet de ce type.

Chapître 1 : l'échauffement

Ce scénario n'est pas nouveau. Ce n'est pas une question de stress guerrier. C'est juste sa nature.

Retour en mars 2025, un an avant qu'un seul coup de feu ne soit tiré. Trump a déclaré à NBC qu'il y aura des "bombardements" si l'Iran refuse de négocier, "des bombardements comme ils n'en ont jamais vus auparavant". Les menaces de bombardement ne sont donc pas une invention de 2026. C'est un hobby. Un homme qui menace de raser un pays comme vous ou moi pourrions finalement menacer de nettoyer la gouttière.

Puis arrive 2026 proprement dit. 29 janvier : il prévient que toute future attaque sera bien pire si l'Iran ne se conforme pas. 19 février : il annonce une date butoir inéluctable, l'Iran a 10 à 15 jours pour conclure un accord sur le nucléaire, tout en gazouillant simultanément que les négociations "avancent bien". Les deux à la fois. La menace et les mots doux sortant de la même bouche orange, lors de la même conférence de presse. 26 février, discours sur l'état de l'Union : il précise clairement que l'échéance s'accompagne du recours à la force.

28 février : les négociations prennent fin. Trump lance l'opération "Epic Fury". Et voici le point crucial que le Carnegie Endowment a souligné et que personne chez Fox n'osera jamais aborder ouvertement : la guerre a éclaté ALORS QUE les États-Unis et l'Iran étaient encore en pourparlers par l'intermédiaire de médiateurs omanais. Ces "négociations" n'étaient peut-être qu'une manœuvre dilatoire, une mise en scène pour gagner du temps pendant que les bombardiers faisaient le plein. Gardez cela en tête. Chaque "accord imminent" qui vous sera présenté provient de ce même individu qui a fait de la dernière série de pourparlers un écran de fumée.

Chapître 2 : l'homme qui a gagné quarante fois la guerre

La guerre a commencé le 28 février. Dès la deuxième semaine, ce crétin fait déjà sa tournée d'honneur en gonflant les biceps.

1er mars : les combats se poursuivront jusqu'à ce que "tous les objectifs soient atteints", il estime que cela prendra "4 à 5 semaines". 7 mars : "On n'a pas besoin de ceux qui se joignent à la guerre après qu'on a déjà gagné". Déjà gagnée. 8e jour. 9 mars : "la guerre est pratiquement terminée". 11 mars, lors d'un rassemblement dans le Kentucky, il se la joue messie en toc et déclare à la foule : "Nous avons gagné, dès la première heure, c'était fini".

Dès la première heure. Ce type a déclaré la victoire militaire totale plus vite qu'il ne trouve le chemin des toilettes.

15 mars : "Nous avons pratiquement vaincu l'Iran". 20 mars : "Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs". 24 mars : "Cette guerre est gagnée". Il a désormais officiellement gagné cette guerre plus de fois que l'Australie n'a remporté les Ashes [The Ashes Series : série de cinq matchs de cricket joués entre l'Australie et l'Angleterre] et la guerre, au moment où j'écris ces lignes, est toujours en cours, nom d'une pipe. Des navires sont toujours pris pour cible. Le détroit est toujours bouclé. Mais bon, mon pote. Première heure. La guerre est finie.

Vous savez quoi ? On dirait un parieur à l'hippodrome qui déchire son ticket perdant en hurlant que son cheval a gagné. Le cheval court toujours. Le cheval est, en fait, à bout de souffle. Et le gars fait le tour du ring des paris les bras en l'air.

Chapitre 3 : génocide via Truth Social

Mais gagner finit par lasser, alors entre deux tours d'honneur, ce voyou commence à menacer de raser tout le secteur. Et pas de manière mesurée, façon chef d'État pesant chaque mot. D'une manière qui devrait inciter un psychiatre légiste à sortir discrètement son bloc-notes.

6 mars : il n'y aura pas d'accord "sauf CAPITULATION INCONDITIONNELLE". 21 mars : ouvrez-moi ce détroit ou je détruis vos centrales électriques. 30 mars : concluez l'accord ou je fais sauter vos centrales électriques, vos puits de pétrole et l'île de Kharg. 1er avril, dans un discours à la nation diffusé en heure de grande écoute, il promet de bombarder l'Iran "pour le ramener à l'âge de pierre". 4 avril : "48 heures avant que l'enfer ne s'abatte sur eux".

Les comptes de réseaux sociaux qui suivent la guerre ont résumé le rejet de l'Iran en moins d'une heure. Les citations ci-dessus proviennent du ministère iranien des Affaires étrangères via l'IRNA, Fars News et le porte-parole militaire Ebrahim Zolfaghari.

5 avril. Il faut que vous preniez conscience que ce message a été prononcé un dimanche de Pâques par le président des États-Unis en exercice :

"Ouvrez ce putain de détroit, bande de bâtards, ou l'enfer va s'abattre sur vous".

Et c'est avec cette bouche-là qu'il embrasse sa mère. Dans ce même message de Pâques, il a annoncé que le mardi suivant serait, selon ses propres termes, "la journée des centrales électriques et des ponts". Laissez ça infuser. Cet homme a choisi de donner à deux jours fériés le nom de crimes de guerre qu'il n'a pas encore eu le temps de commettre. Hallmark ne fabrique même pas ce genre de faire-part. Pas encore.

Le 6 avril, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, il déclare à l'assemblée :

"Le pays tout entier peut être anéanti en une nuit, et cette nuit pourrait bien être la prochaine".

Et puis, le clou du spectacle. Le 7 avril, au matin :

"Une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais renaître".

Une menace authentique, officielle, publiée entre le départ au golf et le déjeuner, visant à effacer une civilisation vieille de plus de 5 000 ans. Le New York Times a publié un article soulignant que cela dépasse largement le stade de la fanfaronnade. Ah bon ?

Et voici la partie qui devrait être gravée dans la pierre au-dessus de la porte de toutes les écoles de journalisme du pays. Quatre heures et une minute plus tard, juste après minuit, ce même homme, ces mêmes doigts, publie : "C'est un grand jour pour la paix dans le monde !"

Quatre heures. Il est passé de la menace de rayer une civilisation de la carte à un petit message de paix enjoué griffonné avant le lever du soleil. Ce n'est pas de la politique étrangère. Cet abruti a la palette émotionnelle et la capacité d'attention d'un détecteur de fumée à l'agonie.

Chapitre 4 : la date limité qui n'a jamais existé

Ah, les dates limites. Il faudrait y consacrer un chapitre entier.

Trump traite une date limite comme nous traitons tous notre abonnement à la salle de sport en janvier : annoncée avec une confiance retentissante, discrètement oubliée, dont on ne parlera plus jamais. La bibliothèque de la Chambre des communes, un organisme de recherche si austère qu'il ferait passer un biscuit sec pour quelque chose de succulent, s'est en fait penchée sur la question et les a comptées, parce qu'il fallait bien que quelqu'un s'y colle.

Il a fixé une date butoir ferme, définitive, sans plus de tergiversations, au 21 mars. Il l'a dépassée. Puis le 23 mars. Dépassée. Puis un ultimatum de 48 heures le 26 mars. Expiré. Puis le 6 avril. Puis le 7 avril. Puis l'expiration du cessez-le-feu le 21 avril, qu'il a simplement prolongé parce que l'alternative aurait été d'admettre que les six dernières dates butoirs n'étaient que du pipeau.

Sept moments distincts où il a déclaré : "C'est la dernière, la toute dernière, la ligne rouge définitive". Sept. Tous sans exception ont filé comme une barque sans pilote avec une bière tiède dans le seau. Si un artisan vous faisait un devis de cette manière, s'il vous donnait 7 dates de fin de travaux et ne se présente à aucune d'entre elles, vous lâchez les chiens et lui mettez une note négative avant le déjeuner. Et pourtant, nous avons confié à ce type les codes nucléaires.

Chapître 5 : le détroit toujours sur le point de s'ouvrir

Le détroit d'Ormuz. La raison d'être de tout ce cirque. Un cinquième du pétrole de la planète transite par ce passage, et sa réouverture est censée être le gros lot dans chaque paquet de céréales Trump.

Il l'a désormais déclaré ouvert, sur le point de s'ouvrir, ou faisant partie d'un accord imminent au moins 8 fois depuis la mi-avril. Le 9 mars, il a carrément affirmé qu'il était rouvert. Ce n'était pas le cas. Le 17 avril : "la plupart des points ont déjà été négociés". 8 fois, le détroit a été glorieusement, triomphalement "ouvert". Et 8 fois, il est resté fermé du début à la fin.

Ce n'est pas de la diplomatie. C'est un type planté devant un stand de tir au pigeon qui hurle "TIREZ" encore et encore, sans pigeon, sans fusil, et qui ne comprend pas pourquoi rien n'explose. Et nous autres, on est derrière lui à payer les cartouches.

Chapître 6 : six jours en mai

Hier, un journaliste lui a posé la question sans détours. Pas de pirouettes, pas de question en dix parties, juste cette chose à laquelle toute personne saine d'esprit sur terre veut une réponse.

Libbey Dean pose à Trump la seule question qui compte. Il continue d'avancer.

"Quand allez-vous cesser de faire des concessions à l'Iran ?" Et que fait le leader du monde libre, celui qui se présente comme le plus grand négociateur de tous les temps, face à la question ? Il continue d'avancer. Il file à toute allure. Il réagit à une simple question d'un journaliste en activité comme s'il s'agissait d'un huissier de justice à sa porte. Parce qu'il n'a pas de réponse. Il n'y aura jamais de réponse. "Concession" n'est pas une option pour cet homme.

Alors si vous pensez que le vieux briscard s'est adouci, que la guerre a émoussé ses éclats et stabilisé sa main, jetez un bon coup d'œil aux six derniers jours. Car c'est cette période qui devrait mettre fin à sa crédibilité dans n'importe quel pays dont le cerveau collectif n'a pas été encore vidangé.

5 mai : il lance une toute nouvelle opération, "Project Freedom", pour faire passer des navires dans le détroit. Il la suspend le jour même, invoquant de "grandes avancées". Treize heures plus tard, le même type, dans un nouveau message, menace l'Iran de "bombardements qui, malheureusement, seront d'une ampleur et d'une intensité bien supérieures aux précédents" s'il ne cède pas. De grandes avancées et une menace de bombardement, à 13 heures d'intervalle.

10 mai : l'Iran envoie une contre-proposition. Trump la qualifie de "ramassis d'inepties", affirme qu'il ne l'a même pas lue jusqu'au bout et déclare que le cessez-le-feu est sous "assistance respiratoire intensive".

18 mai : Trump annonce avoir annulé une "attaque de très grande envergure" contre l'Iran, prévue pour mardi. Il déclare haut et fort aux journalistes qu'il était "à une heure" de la lancer. À une heure d'une attaque majeure contre une nation de près de 90 millions d'habitants, annulée parce que quelques potes du Golfe lui ont demandé de patienter quelques jours.

19 mai : moins de 24 heures plus tard, ce bouffon est de retour au micro pour menacer d'une "autre grosse frappe", qu'il a gracieusement prévue pour "vendredi, samedi, dimanche". Il programme la violence comme une soirée pyjama.

23 mai : samedi, le coup de force s'est évaporé et on parle soudainement d'un accord "presque négocié". Puis il déclare à Axios - et je le cite textuellement pour que personne ne puisse m'accuser d'enjoliver ses propos - qu'il est "à 50/50" entre signer un accord de paix et bombarder l'Iran.

50-50. Un tirage au sort. Il se montre sûrement plus convaincant en choisissant sa cravate le matin. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi, l'a mieux formulé que n'importe lequel d'entre nous :

"À Washington, chaque jour est synonyme de nouveaux messages, parfois même deux par jour. Ce n'est pas une stratégie de négociation. Cet homme se dispute avec lui-même, et il perd".

Pourquoi vous devriez vous y intéresser

Voici le moment où la plaisanterie cesse et où il s'agit de votre argent.

Chaque fois que Trump ouvre la bouche, le marché mondial du pétrole tangue comme un ivrogne dans un train en mouvement. Le Brent bondit à l'annonce d'un "accord", plonge à celle d'un "coup dur", rebondit à l'annonce du prochain "accord", au rythme des lubies de cet homme comme un chien poursuivrait un stylo laser. Quand il a qualifié le cessez-le-feu d'"assistance respiratoire" le 10 mai, le Brent a bondi de près de 3 % rien qu'en un après-midi. Un mot de travers. Trois pour cent.

Et cette volatilité n'est pas poliment confinée à un terminal Bloomberg à Manhattan. Elle se propage jusqu'à la pompe. Sydney, le Texas, les Blue Mountains, le Midwest, partout où vous pouvez l'entendre. Vous payez, en espèces sonnantes et trébuchantes, chaque semaine, pour le privilège de voir un salaud fini, constitutionnellement incapable de choisir entre la paix et le génocide avant même que son déjeuner ne soit servi.

Ses caprices, c'est votre facture de carburant. Ses sautes d'humeur, vos courses. C'est le contrat que personne ne vous a demandé de signer.

Faisons le bilan

Alors faisons ce que nous faisons toujours ici. Comptons.

Nombre de fois où Donald Trump a déclaré la guerre gagnée, l'accord conclu ou un accord sur le point d'être signé : au moins 24.

Nombre de fois où il a menacé de bombarder, d'anéantir, de raser ou de rayer l'Iran de la carte : au moins 23.

Délais stricts fixés puis largement dépassés : au moins 7.

Attaques majeures programmées personnellement, puis annulées à la dernière minute : au moins 3.

Nombre de fois où le détroit d'Ormuz a été déclaré "ouvert" ou "sur le point de s'ouvrir" : au moins 8.

Nombre de fois où le détroit d'Ormuz est réellement ouvert, selon les conditions de Trump, à ce jour : aucune. Zéro. Nada. Pas un seul navire sur son ordre.

Voilà le bilan. Quatre mois. Et c'est cet homme qui détient les codes.

Ce n'est pas un négociateur. Il ne l'a jamais été. C'est une machine à prédire l'avenir en fin de course qui ne connaît exactement que trois réponses : "on a gagné", "un gros accord se prépare" et "je vais anéantir votre civilisation", et il se secoue vigoureusement toutes les 90 minutes environ pour trouver la plus appropriée.

Le garçon a crié au loup, et finalement tout le village a cessé de dévaler la colline, car on ne peut se moquer indéfiniment du village. Trump a crié "Ormuz" deux douzaines de fois maintenant. Les seuls qui se précipitent encore vers les gros titres sont les journalistes qui martèlent l'expression "DERNIÈRE MINUTE" sur le même vide recyclé, et les pauvres bougres à la pompe qui financent toute cette mascarade.

Ne le croyez que lorsque le détroit s'ouvrira. Lorsque les navires reprendront la mer. Lorsque le pétrole coulera à flots et que les prix chuteront, et que vous pourrez le constater de vos propres yeux à la pompe.

Mais pas une seconde avant.

PS : On a besoin d'un bon petit remontant après tout ça.

Traduit par  Spirit of Free Speech

Glossaire IFLA australo-américain

Pour notre lectorat américain en pleine expansion, voici les traductions de cette semaine depuis la langue maternelle.

smoko : Une courte pause au travail, à l'origine pour fumer une cigarette. Utilisé ici comme unité de temps, environ 10 à 15 minutes, ce qui est bien plus long que Trump ne peut tenir une seule position sur l'Iran.

yeah nah : Une phrase complète et grammaticalement correcte. Cela signifie "non". Le "yeah" est une formule de politesse, le "nah" est la réponse réelle. C'est ce qu'a répondu l'agence de presse iranienne aux fanfaronnades de Trump samedi, et ce que les Australiens répondent à à peu près tout.

cake-hole : La bouche. Utilisé spécifiquement et exclusivement lorsque la bouche en question raconte n'importe quoi.

dummy spit : Une crise de colère. Un "dummy" est une tétine de bébé, et la recracher est l'acte fondamental d'une crise de colère. Un adulte en pleine crise de caprice permanent, c'est l'état actuel de la présidence des États-Unis.

dropkick : Individu inutile, désespéré, irrécupérable. Affectueux quand c'est dit à un pote, impitoyable quand c'est dit à un chef d'État.

have a squiz : Jeter un œil à quelque chose. "Have a squiz at that" est une invitation ouverte à inspecter, généralement du désordre, généralement causé par quelqu'un d'autre.

have the dog onto someone : Poursuivre agressivement une personne pour une question d'argent ou une promesse non tenue. L'image mentale est celle de lâcher son chien sur un débiteur. Ce que tout Australien ferait à juste titre à un artisan qui a raté 7 délais d'affilée.

a mug : Un imbécile, en particulier quelqu'un dont on a profité. Être "made a mug of", c'est se faire passer pour un idiot. Voir aussi : toute personne lisant encore l'expression "DERNIÈRE MINUTE" au-dessus d'un titre sur Trump et l'Iran.

poker machine : Une machine à sous, appelée ici "pokie". Un appareil de jeu à pièces, très apprécié dans les pubs et les clubs australiens, conçu pour vous soutirer lentement votre argent tout en affichant juste assez de cerises pour vous faire rester là. Le reflet presque parfait des négociations entre Trump et l'Iran : les trois mêmes résultats en boucle, jamais de gain, et seul un pigeon continue à l'alimenter.

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