09/06/2026 elucid.media  2min #316481

Au Mali, la France désormais dans le même camp que les djihadistes

Par  Paul Fernandez-Mateo

Alors que la situation s'aggrave de jour en jour pour la junte au pouvoir au Mali et ses alliés russes, les djihadistes et les rebelles touaregs auxquels elle fait face bénéficient de l'assistance directe de soldats ukrainiens discrètement soutenus par la France.

Depuis maintenant plus de quatorze ans, le Mali est déchiré par la guerre. L'armée malienne fait face depuis 2012 à une alliance perpétuellement changeante de groupes indépendantistes touaregs et de groupes djihadistes qui cherchent à renverser les autorités maliennes pour accomplir leurs objectifs respectifs : l'indépendance de la région de l'Azawad pour les indépendantistes, et l'instauration d'un régime islamiste radical dans le pays pour les djihadistes.

Les origines du conflit sont complexes. Les velléités indépendantistes des Touaregs sont très anciennes, mais la puissance du mouvement s'est considérablement accrue après la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, et l'effondrement de son gouvernement. Les mercenaires touaregs jusque-là à son service sont alors retournés sur leurs terres, emportant avec eux une quantité importante de matériel militaire. Quant aux djihadistes, ils ont peu à peu essaimé dans la région depuis les années 1990, d'abord en provenance d'Algérie. Ils se sont considérablement renforcés au cours des années 2000, notamment avec l'émergence d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), grâce à une stratégie de prises d'otages occidentaux qui leur a permis de s'enrichir considérablement via les rançons obtenues.

À l'heure actuelle, la guerre est repassée dans une phase active, avec d'importants succès de la coalition du Front de libération de l'Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), les principaux groupes actifs de chacune des deux mouvances rebelles. On peut notamment mentionner la récente  prise de la ville de Kidal, dans le nord-est du pays, dont les habitants se sont massivement enfuis. Les groupes rebelles en arrivent maintenant à directement  menacer la capitale malienne, Bamako.

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