
L'Amérique latine à l'inverse de l'UE irrémédiablement enfoncée dans son hypocrite proclamation de valeurs, que son allégeance aux États-Unis nie totalement, trouve la force de chercher dans son histoire le ressort de sa résistance réelle. Cette démarche est la seule capable de faire échapper au fascisme de la complicité avec les États-Unis arrivés au stade ultime de l'impérialisme, le fascisme et la guerre n'est malheureusement celui d'aucune force politique dans ce qui se prétend l'Europe et qui n'en est que l'occident vassalisé à son rejeton sanglant. Les dirigeants élus ou non élus de ce conglomérat en état d'instabilité politique permanent n'ont face à eux aucune force politique, toute la gauche est depuis des décennies enfoncée dans les compromis de l'eurocommunisme et dans ce mélange d'électoralisme à la Millerand et cet anarchisme syndical à la Proudhon que dénonçait déjà Rosa Luxembourg. On compense la trahison de fait par l'emphase indignée qui est censée donner du sens au compromis opportuniste permanent hors de saison dans le rapport des forces géopolitique actuel. C'est déjà ce qui a favorisé l'acceptation des guerres mondiales et a permis la contrerévolution néolibérale, celle dite de la fin de l'histoire, même quand l'histoire a repris sa marche.
Danielle Bleitrach
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par Juan Becerra Acosta
«Chaque fois que les États-Unis «sauvent» un peuple, ils le laissent dans un état de folie ou de cimetière».
Cette phrase d'Eduardo Galeano décrit les enfers des peuples dont la richesse en ressources naturelles ou les positions géographiques stratégiques font d'eux la cible de la voracité américaine, qui s'attaque sans discrimination - sous le prétexte fallacieux d'apporter une aide humanitaire ou d'appliquer la justice - tout en pillant impitoyablement des territoires et en détruisant des populations.
En 1913, l'intervention des États-Unis au Mexique a été déterminante pour l'assassinat du président Francisco I. Madero et pour l'accord conclu entre Victoriano Huerta et le président américain Woodrow Wilson, par l'intermédiaire de l'ambassadeur Henry Lane Wilson, visant à renverser le premier gouvernement démocratique du Mexique et ainsi tenter de garantir les intérêts économiques américains, notamment le pétrole.
En 1951, Jacobo Árbenz, homme de gauche, fut élu président du Guatemala lors des premières élections au suffrage universel de l'histoire du pays. Il mena une réforme agraire qui affecta la United Fruit Company, une puissante multinationale américaine propriétaire d'environ 40% des terres guatémaltèques et qui dominait l'économie et la politique du pays en contrôlant également les chemins de fer, les ports et les communications.
Au plus fort de la Guerre froide, les États-Unis accusèrent Árbenz de collusion avec l'Union soviétique, lancèrent l'opération PBSuccess pour orchestrer un coup d'État et réaffirmèrent leurs intérêts politiques et économiques. Une junte militaire pro-Washington, dirigée par le général Carlos Castillo Armas, s'empara du pouvoir, déclenchant une guerre civile qui dura près de quarante ans.
En République dominicaine, Juan Bosch, un social-démocrate de gauche, a remporté les élections de 1962 après l'assassinat du dictateur Rafael Leónidas Trujillo - arrivé au pouvoir grâce au soutien des États-Unis et l'ayant perdu en raison de l'érosion du soutien de l'empire - et le coup d'État contre Joaquín Balaguer, le successeur de Leónidas.
Juan Bosch fut renversé sept mois après son entrée en fonction par un coup d'État militaire qui déclencha une guerre civile entre les forces armées et les constitutionnalistes qui lui étaient fidèles. Anticipant le retour au pouvoir de Bosch, les États-Unis lancèrent l'opération Power Pack, déployant des milliers de soldats américains pour reprendre le contrôle du pays. L'occupation américaine dura 17 mois et aboutit à l'installation d'un gouvernement aligné sur la Maison-Blanche.
La création du Panama est le fruit de l'interventionnisme américain. En 1903, les États-Unis envoyèrent des navires de guerre soutenir les groupes séparatistes qui luttaient pour ne pas être rattachés à la Colombie. Cette intervention permit aux États-Unis de prendre le contrôle du canal de Panama au moment de l'indépendance du pays. Quatre-vingt-dix ans plus tard, la Maison-Blanche intervint de nouveau en renversant son ancien collaborateur, Manuel Noriega, qu'elle accusait de trafic de drogue. Ce fut un nouvel exemple du double jeu auquel se livrent les États-Unis pour défendre leurs intérêts.
Des documents déclassifiés des services de renseignement américains confirment l'implication des États-Unis dans le coup d'État contre Salvador Allende au Chili. En 1973, une junte militaire dirigée par Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, a assassiné le président démocratiquement élu, instaurant une dictature qui a fait disparaître des dissidents et les a torturés, transformant le Chili en un cimetière sous l'égide de la politique interventionniste américaine.
En 1964, le président brésilien de gauche João Goulart fut renversé par un coup d'État soutenu par les États-Unis, qui installa un gouvernement militaire resté au pouvoir jusqu'aux années 1980.
Samedi dernier, les forces militaires américaines, en violation flagrante des traités internationaux et de la Charte des Nations unies, ont mené une attaque armée au Venezuela pour kidnapper son président, Nicolás Maduro, et établir un nouveau gouvernement dans le but principal de s'emparer du pétrole vénézuélien.
La légitimité de Maduro est remise en question suite à des élections opaques et à des accusations de violations des droits de l'homme au Venezuela, une question dont la résolution relève de la seule responsabilité du peuple vénézuélien et non des intérêts interventionnistes d'une quelconque autre nation.
Le message de Trump est clair : envoyer des soldats et des compagnies pétrolières américaines au Venezuela. Maintenir un gouvernement chaviste sous la direction de Delcy Rodríguez - après avoir réprimé l'opposition vénézuélienne et, par conséquent, María Corina Machado - dans le cadre d'un accord qui semble être une lutte truquée que même King n'aurait pu orchestrer.
source : La Jornada via Histoire et société