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D'après le Financial Times, une campagne de cyberespionnage attribuée aux services chinois aurait visé les systèmes de messagerie de plusieurs membres du personnel du Congrès américain. Les intrusions auraient été détectées en décembre dernier.
Les services de renseignement chinois auraient mené une vaste opération de cyberespionnage visant les systèmes de messagerie utilisés par des membres du personnel du Congrès américain, rapporte le Financial Times (FT). Cette campagne, connue sous le nom de Salt Typhoon, a permis d'accéder aux communications électroniques de plusieurs commissions clés de la Chambre des représentants.
D'après des personnes informées de l'enquête, citées par le quotidien britannique, des assistants travaillant pour la commission de la Chambre des représentants chargée des questions liées à la Chine, ainsi que pour les commissions des Affaires étrangères, du renseignement et des forces armées, ont vu leurs comptes de messagerie compromis. Les intrusions ont été détectées au mois de décembre dernier.
Toujours selon le Financial Times, cette opération s'inscrit dans une campagne de longue durée menée par le ministère chinois de la Sécurité d'État (MSS). Les autorités américaines n'ont toutefois pas confirmé si les courriels des élus avaient été consultés.
Le programme Salt Typhoon serait actif depuis plusieurs années. Il permettrait à la Chine d'accéder à des communications non chiffrées, notamment des appels téléphoniques, des messages texte et des messageries vocales, et, dans certains cas, à des comptes de messagerie électronique. Des sources proches du dossier indiquent que des appels de hauts responsables américains auraient également été interceptés ces dernières années.
Pour FT, cette campagne ferait partie d'un ensemble plus large d'opérations de cyberespionnage attribuées aux services chinois et à l'Armée populaire de libération, visant les infrastructures américaines. En 2024, le FBI et d'autres agences fédérales ont notamment accusé un autre groupe, baptisé Volt Typhoon, d'avoir infiltré des réseaux énergétiques, de transport et de communication aux États-Unis.
Le journal indique également que le département du Trésor américain avait envisagé d'imposer des sanctions à des entités liées au MSS en décembre 2025, avant d'y renoncer. Cette volte-face aurait été motivée par la crainte de compromettre le rapprochement diplomatique engagé en octobre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.
De son côté, l'ambassade de Chine aux États-Unis a fermement rejeté les accusations. Son porte-parole, Liu Pengyu, a dénoncé des spéculations infondées et des tentatives de diffamation, affirmant que Pékin s'oppose à toute instrumentalisation de la cybersécurité à des fins politiques.