13/01/2026 francais.rt.com  3min #301743

Intelligence artificielle : pour Rabat, une affaire de souveraineté numérique et de «soft power diplomatique»

© Maroc Diplomatique

La journée «AI Made in Morocco», le 12 janvier à Rabat, au Maroc.

Les autorités marocaines ont posé le 12 janvier, lors d'une rencontre à Rabat, les jalons de la stratégie nationale en matière d'intelligence artificielle, afin d'en faire un outil de croissance, de modernisation des services publics et de souveraineté numérique, mais aussi d'inclusion territoriale et de rayonnement à l'international.

Lors d'une rencontre le 12 juillet à Rabat, consacrée au rôle de l'intelligence artificielle (IA) dans la « transformation numérique des services publics », les autorités marocaines ont présenté leur feuille de route afin d'exploiter au mieux le potentiel de cet ensemble de technologies. Des travaux qui s'inscrivent dans la continuité de ceux des Assises nationales de l'IA, et ce alors que la stratégie nationale « Maroc IA 2030 » doit être dévoilée ce mois-ci.

Cette rencontre a réuni des représentants des secteurs public et privé, ainsi que des experts, des universitaires et des acteurs de l'écosystème numérique, et a été marquée par l'annonce de la création d'un réseau national de centres d'excellence en matière d'intelligence artificielle : les « Jazari Institutes ». Nommés en hommage à l'inventeur du XIIe siècle Ismaïl Al-Jazari, ils doivent être déployés dans les douze régions du royaume chérifien.

La dépendance technologique est «une vulnérabilité stratégique avérée»

« L'intelligence artificielle n'est plus une option technologique, mais un instrument déterminant de puissance économique, institutionnelle et géopolitique », a déclaré la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni. Cette dernière a notamment mis en garde quant au fait que la dépendance technologique constituait « une vulnérabilité stratégique avérée ».

Également présent lors de cette journée, le président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) Omar Seghrouchni a déclaré que l'IA devait, malgré sa puissance, opérer dans les limites d'un « usage loyal, sûr et respectueux de l'identité humaine », selon des propos rapportés par le mensuel francophone Maroc Diplomatique.

Autre intervenant, l'ambassadeur permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a déclaré que cette initiative en faveur d'un Maroc numériquement souverain correspondait également à la vision du Royaume qui entend faire de l'IA un levier de la coopération Sud-Sud en plus de constituer - à terme - un outil de rayonnement régional et international. Un rayonnement, via la constitution d'une expertise marocaine, qui prendrait alors la forme d'un véritable « soft power diplomatique ».

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