10/01/2026 ssofidelis.substack.com  8min #301482

Israël, le Venezuela, Trump et les autres

Par  Philip Giraldi, le 9 janvier 2026

Il a peut-être des amis que Netanyahu n'apprécie pas.

Observer la politique étrangère des États-Unis expose souvent une trame de fond israélienne qui explique, du moins en partie, comment les agissements irresponsables de Donald Trump envers une grande partie du monde sont motivés par des impératifs sionistes plutôt que par les intérêts légitimes des États-Unis. L'Ukraine est soutenue par Israël et par le lobby israélien aux États-Unis, parce que les racines de nombreux Juifs de la diaspora et d'Israël sont "kazariennes", c'est-à-dire issues de l'Europe de l'Est.

De plus, le chef d'État ukrainien par intérim, Volodymyr Zelensky, est juif. Sa mère et son père vivraient en Israël dans une résidence cossue financée par l'argent volé aux dons américains et européens censés aider Kiev à lutter contre la Russie. L'hostilité des Juifs envers Moscou s'explique en grande partie par la croyance que la Russie impériale a perpétré de nombreux pogroms au XIXè et au début du XXè siècle. Ce récit omet toutefois de mentionner comment les Juifs russes sont devenus bolcheviks et, une fois au pouvoir, ont pris leur revanche sur les chrétiens russes et d'Europe de l'Est, avec une violence sans précédent.

On constate régulièrement que la politique américaine au Moyen-Orient est essentiellement dictée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, criminel de guerre, qui contrôle de facto à la fois Trump et le Congrès américain. Le lobby israélien exerce également une influence significative sur les gouvernements étatiques et locaux, ainsi qu'un contrôle considérable sur les médias nationaux, dont il détient une part croissante grâce aux investissements de milliardaires juifs comme Larry Ellison. Ce lobbying financier permet de manipuler la politique et le gouvernement, et de réprimer la liberté d'expression aux États-Unis dès qu'il est question des agissements ignobles d'Israël envers les Palestiniens et ses autres voisins. La criminalisation de l'antisémitisme, qui englobe toute critique d'Israël, est désormais le moyen privilégié pour faire taire toute opposition aux programmes pro-sionistes, tant au niveau fédéral qu'étatique. Elle contribue par ailleurs à faire taire le soutien aux Palestiniens dans les universités et sur le marché du travail. Le département d'État américain exige même désormais l'accès aux réseaux sociaux des demandeurs de visa pour empêcher ceux qui soutiennent la cause palestinienne d'entrer aux États-Unis. Telle est toute la puissance juive en Amérique.

Le rôle quelque peu inattendu d'Israël et de la communauté juive dans les récentes agressions américaines, en particulier contre le Venezuela, retient l'attention. Plusieurs raisons majeures motivent cette attaque. Caracas a en effet développé des relations étroites avec l'Iran, notamment dans le cadre des négociations sur les marchés des BRICS, et s'est clairement rangé du côté de la Palestine en dénonçant les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par Israël. Cette prise de position a clairement irrité Donald Trump et ses conseillers, notamment les Israéliens et les membres du lobby israélien comme Miriam Adelson et Laura Loomer, qui sont en contact direct avec le président et ont sans doute réussi à le convaincre que frapper le Venezuela permettrait de porter un coup à l'allié d'un ennemi commun des États-Unis et d'Israël.

Trump a néanmoins fait valoir, avec succès, qu'il n'applique que son "corollaire à la doctrine Monroe", qu'il a inévitablement baptisé "doctrine Donroe", doctrine explicite de la nouvelle stratégie de sécurité nationale. Mais il savait certainement qu'il pourrait ainsi satisfaire les exigences de ses donateurs juifs et de Netanyahu lui-même, qui a certainement soulevé la question du Venezuela avec le président et son équipe lors de sa récente visite en Floride.

L'existence de liens entre le Venezuela et l'Iran a ainsi été exploitée par le lobby israélien et par Trump. Lors de sa récente visite, Benjamin Netanyahu s'est empressé de pointer du doigt cette menace et a sans doute incité Trump à agir au plus vite. Bibi est également apparu à la télévision américaine pour déclarer à un journaliste que l'Iran

"exporte le terrorisme vers le Venezuela. Ils sont de mèche avec le régime de Maduro... et cela doit changer".

Les Israéliens accusent également le Venezuela de soutenir le Hamas et le Hezbollah, une affirmation reprise par les médias américains, tous acquis à la cause sioniste.

Pour ne citer qu'un exemple criant, Fox News a  publié un article affirmant que le Venezuela de Maduro est devenu

"la base opérationnelle majeure du Hezbollah dans l'hémisphère occidental, renforcée par l'influence croissante de l'Iran et l'appui du régime Maduro".

L'ambassadeur américain ultra-sioniste en Israël, Mike Huckabee, ne voulant pas être en reste, a ensuite surenchéri en  déclarant publiquement que le renversement de Maduro par les États-Unis est une bonne nouvelle pour Israël en raison du partenariat du Venezuela avec l'Iran et le Hezbollah.

Le New York Times a quant à lui très peu couvert l'attaque de Caracas, préférant donner la parole à plusieurs éminents contributeurs sionistes faisant valoir que, ne serait-ce que pour ses liens avec le Moyen-Orient, le Venezuela mérite tout ce qu'il a subi jusqu'à présent de la part de l'armée américaine. Bret Stephens, toujours fidèle à sa ligne pro-israélienne, a  estimé que destituer Maduro était justifié, citant la vice-présidente et présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, qui a

"affirmé que la capture de Maduro implique des ' connotations sionistes', suggérant ainsi que sa perception de la réalité n'était peut-être pas celle escomptée par l'administration Trump".

Le même jour, dans The Times, le bon vieux sioniste Elliott Abrams publiait un article intitulé A Defense of US Intervention in Venezuela [Une défense de l'intervention américaine au Venezuela], dans lequel il affirmait détenir des informations sur la menace que le Venezuela fait peser sur les États-Unis que personne d'autre que lui et ses amis sionistes ne semblent voir. Il affirme notamment que

"[...] ils ont invité au Venezuela des voyous cubains, le Hezbollah et l'Iran, ainsi que la Russie et la Chine. Il s'agit donc, une fois encore, d'un problème de sécurité pour toute la région, y compris pour les États-Unis. Nous savons, par exemple, que le régime Maduro a fourni des passeports vierges au Hezbollah et à l'Iran afin que leurs agents puissent se déplacer en Amérique latine et ailleurs sous de fausses identités. Nous savons que l'Iran a non seulement fourni des drones à l'armée vénézuélienne, mais aussi aidé à leur fabrication. Nous savons, grâce à l'expérience d'Israël avec l'Iran, que les drones peuvent désormais parcourir de très longues distances. Nous parlons de drones capables de frapper non seulement Porto Rico, mais aussi le continent américain. Il y a environ cinq ans, lorsque je travaillais au département d'État, l'Iran envisageait de fournir au régime Maduro au Venezuela des missiles à moyenne portée capables d'atteindre les États-Unis. Il s'agit donc d'une menace réelle pour la sécurité en Amérique latine et aux États-Unis".

Israël et ses alliés ont donc sans doute été ravis que le président Donald Trump décide d'attaquer le Venezuela et de kidnapper son président, Nicolas Maduro. Netanyahu a personnellement remercié Washington après l'attaque, tweetant :

"Félicitations, président  @realDonaldTrump, pour votre leadership audacieux et historique au nom de la liberté et de la justice. Je salue votre détermination et les actions brillantes de vos courageux soldats".

Cet agenda pro-israélien supplémentaire pourrait expliquer pourquoi la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, est elle-même intervenue à la télévision pour déclarer que son pays ne se laissera pas "intimider" par Washington. Selon Bret Stephens, elle  estime également que

"le Venezuela est la victime et la cible d'une attaque qui présente sans aucun doute des connotations sionistes. C'est vraiment honteux".

Une chose est sûre : le Venezuela condamne les crimes de guerre israéliens, a rompu ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv et a reconnu l'État palestinien. On peut donc suggérer avec vraisemblance que Netanyahu, s'exprimant au nom de son gouvernement, qui a ouvertement soutenu un changement de régime au Venezuela, a joué un rôle décisif en convainquant son allié servile, Donald Trump, d'agir rapidement contre Caracas lors de leur récente rencontre à Mar-a-Lago.

L'attaque contre le Venezuela a donc donné lieu à toutes sortes de manœuvres et de rebondissements. Compte tenu de la propension des Israéliens à manipuler un Trump ignare et incohérent, qui affirme désormais que ses politiques ne sont guidées que par une prétendue "éthique" plutôt que par le droit international, les prochains événements impliqueront presque certainement une attaque conjointe d'Israël et des États-Unis contre l'Iran. Et une fois cette opération bouclée, il y aura certainement encore plus d'ennemis à affronter. Et quels bénéfices l'Américain lambda tirera-t-il de tout ce chaos, une fois que les dégâts et les pertes humaines auront été comptabilisés ? Comme d'habitude, "nada" !

Traduit par  Spirit of Free Speech

* Philip M. Giraldi, Ph.D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui milite en faveur d'une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l'intérêt national.. Son site web est  councilforthenationalinterest.org, et son adresse électronique est informcnionline.org

 unz.com

 ssofidelis.substack.com