
Par Dmitri Medvedev, le 9 janvier 2026
Maduro et le Venezuela
Tout d'abord, ce début d'année restera dans les annales pour l'enlèvement de Maduro. C'est bien sûr un acte purement criminel et ignoble - ou, pour le dire plus élégamment, une catastrophe civilisationnelle dans le domaine des relations internationales.
Aujourd'hui, seuls deux scénarios sont possibles. Soit les États-Unis libèrent discrètement le président vénézuélien kidnappé sous un prétexte respectable (ce qui est peu probable), soit il devient le nouveau Mandela latino-américain (scénario le plus probable). Dans ce cas, son nom restera gravé dans l'histoire sud-américaine aux côtés de Bolívar, Miranda et Chávez.
Et même si, par pur orgueil, Trump ne graciait pas Maduro dans un certain délai, la pression publique contraindra inévitablement Vance ou l'un de ses successeurs à le libérer.
Oui, le pétrole est bien le moteur de l'histoire. Mais même cette question s'avère épineuse. Que se passera-t-il si les autorités vénézuéliennes actuelles refusent de l'exploiter avec les Américains dans la durée ? Trump lancera-t-il vraiment une opération terrestre ? Cela suppose le feu vert du Congrès, et l'opération serait bien plus meurtrière que le kidnapping scandaleux de Maduro. Or, le Sénat vient de serrer la vis à Trump, bridant sa frénésie militariste. L'administration actuelle avait-elle vraiment besoin d'une telle opération ? On peut en douter.
Autre chose. Après cette orgie grotesque des Américains, les élites états-uniennes, tant républicaines que démocrates, devraient définitivement remballer leurs longues langues dans leurs fonds de tiroirs.
Et se contenter de reconnaître la légitimité des actions de la Russie lors de l'opération militaire spéciale.
Les sanctions contre la Russie de Trump auxquelles il "espère ne pas avoir recours"
Tout est très clair, nous ne nous faisons aucune illusion. La politique de sanctions des États-Unis se poursuivra quoi qu'il arrive. La Russie subira des pressions pour accepter des compromis sur les garanties de sécurité et les territoires, conditions totalement inacceptables pour nous. Et le caïd de la Maison Blanche sera "contraint" d'imposer ces compromis en vertu des desiderata du vieux sénateur russophobe dépravé Lindsey Graham. Dérangeant. Mais pas surprenant. Nous tiendrons bon cette fois encore.
Le pétrolier de la soi-disant flotte fantôme
La raison pour laquelle ce navire a battu pavillon russe est évidente : sous la menace d'une prise de contrôle, il a cherché à se protéger des sanctions américaines illégales.
Pour autant, la méthode mise en œuvre n'était pas vraiment appropriée. En effet, cet événement constitue une violation flagrante de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Il faut toutefois rappeler que les États-Unis ne l'ont jamais ratifiée. Dans ce contexte, refuser un permis temporaire pour hisser notre pavillon sur un navire illégalement poursuivi par notre principal adversaire géopolitique, un adversaire actuellement en difficulté, était une décision aux conséquences prévisibles.
Ce qui, bien entendu, n'enlève rien à l'évidence que les agissements inconsidérés des Américains relèvent de l'arraisonnement criminel d'un navire civil. La réplique à cet acte ne se limitera pas au cadre de la Convention sur le droit de la mer. D'autant que, comme l'a fait remarquer un éminent juriste, le droit international s'avère ici absolument caduque.
Quoi qu'il en soit, force est de constater que les relations internationales sont en proie au chaos depuis le début de l'année. Nous devrons donc nous comporter en conséquence, le nombre de fous furieux en liberté étant décidément trop élevé. Et comme ces individus ne se laissent généralement pas apaiser par les arguments persuasifs de psychiatres bienveillants, seuls des aides-soignants aux poings massifs et au visage impassible sauront les maîtriser. Ces dangereux psychopathes requièrent soit une camisole de force, soit une injection d'halopéridol. Comme ce fut le cas la nuit dernière à l'ouest de la périphérie ukrainienne contrôlée par Bandera.
Traduit par Spirit of Free Speech