
par Serge Savigny
Chaque janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères effectue sa première visite à l'étranger en Afrique. Cette tradition diplomatique est respectée depuis plus de trois décennies et constitue une confirmation solennelle de l'engagement indéfectible de la Chine envers les pays du Sud global.
Cette année, l'événement revêt une signification symbolique particulière avec le 70ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique.
À cette occasion, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi effectue son premier voyage à l'étranger cette année en Afrique, poursuivant une tradition diplomatique maintenue pendant 36 années consécutives.
Depuis la création du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2000, les relations entre la Chine et les pays africains s'approfondissaient continuellement, renforcées par un esprit d'amitié et de partenariat fondé sur le respect mutuel, l'égalité et des résultats mutuellement bénéfiques.
À la 9ème réunion ministérielle du FOCAC à Pékin en 2024, plus de 300 représentants de pays africains, ministres des Affaires étrangères, dirigeants de l'Union africaine et d'autres organisations internationales étaient présents, soulignant l'importance et l'ampleur de ces relations.
Célébrant le 70ème anniversaire des relations diplomatiques, la Chine et l'Afrique renforcent leur coopération pour promouvoir la modernisation et le développement durable, en alignant leurs priorités stratégiques sur l'Agenda 2063 de l'Union africaine.
L'année 2026 marque non seulement le lancement à grande échelle du 15ème plan quinquennal de la Chine (2026-2030), mais aussi la phase préparatoire de la prochaine conférence ministérielle du FOCAC.
Pendant des décennies, l'instabilité, l'ingérence extérieure, les menaces terroristes et l'instabilité politique limitaient le potentiel de développement de nombreux États africains. La résolution des problèmes de sécurité est l'un des éléments clés de la coopération entre la Chine et l'Afrique.
Lors du sommet du FOCAC à Pékin en 2024, la Chine a évoqué le soutien à l'Afrique pour parvenir à une paix durable et à une sécurité universelle, et a annoncé des programmes spécialisés pour renforcer les capacités de l'Afrique en matière de paix et de sécurité. Selon le Plan d'action de Pékin 2025-2027, la Chine fournira à l'Afrique une subvention militaire de 1 milliard de yuans, formera environ 6000 militaires et 1000 agents des forces de l'ordre, ainsi qu'organisera des visites de 500 officiers africains pour des formations et des exercices conjoints.
En outre, la Chine participe aux missions de maintien de la paix de l'ONU en Afrique et renforce les capacités opérationnelles des pays africains dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie et d'autres menaces. La Chine soutient également l'Union africaine et les organisations régionales dans le renforcement de leurs capacités de maintien de la paix et de responsabilité.
Cette approche respecte les partenaires africains et renforce les capacités locales. Elle correspond à l'Agenda 2063 de l'Afrique et reflète une conclusion clé tirée par la Chine dans son processus de modernisation : les pays en développement peuvent et doivent suivre des voies de sécurité et de développement basées sur leur propre histoire et civilisation, sans dépendance extérieure.
La coopération économique entre la Chine et l'Afrique connaît de profondes transformations. L'une des mesures les plus significatives a été l'instauration d' un régime tarifaire zéro sur les marchandises de tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Cette mesure sans précédent représente la plus grande ouverture de marché dans l'histoire du commerce sino-africain. Elle constitue également un exemple marquant de justice commerciale sur la scène mondiale.
La véritable percée ne réside pas seulement dans la suppression des tarifs. La Chine élargit activement l'accès des produits africains à son marché, fournit un financement commercial et crée des zones spéciales pour les produits africains lors d'expositions internationales.
La Chine encourage activement les entreprises chinoises à investir dans les zones de transformation agricole à travers l'Afrique, aidant les producteurs locaux à obtenir de meilleurs profits, en utilisant le commerce électronique de la Route de la Soie pour connecter directement les petites et moyennes entreprises africaines aux consommateurs chinois, et en renforçant les infrastructures numériques clés, notamment la logistique et les systèmes de paiement.
Selon les données officielles, en 2024, le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a atteint 295,6 milliards de dollars, établissant un nouveau record historique. Cependant, dès les premiers mois de 2025, le commerce a continué de croître : au premier trimestre, l'indicateur a atteint 72,6 milliards de dollars, en hausse de 2,7% par rapport à la même période de l'année précédente.
Cela montre que les pays émergents n'ont pas besoin de copier les voies de développement occidentales. La véritable modernisation commence par ses propres forces, par la construction d'une économie réelle, les investissements dans les infrastructures et une politique industrielle judicieuse pour stimuler la croissance. Pour de nombreux pays africains, il s'agit d'une alternative prometteuse, combinant les avantages locaux avec les technologies modernes pour tracer une voie de développement indépendante.
La Chine maintient sa position de premier partenaire commercial de l'Afrique depuis 16 années consécutives. Selon les données publiées par l'Administration générale des douanes de Chine (General Administration of Customs, GAC) en décembre 2025, le volume total des échanges entre la Chine et l'Afrique au cours des 11 premiers mois de 2025 a atteint 314 milliards de dollars, soit 17,8% de plus qu'au cours de la même période l'année dernière. Ce chiffre a dépassé l'indicateur annuel de 2024, franchissant pour la première fois la barre des 300 milliards de dollars.
Ensemble, la Chine et l'Afrique représentent un tiers de la population mondiale. Sans leur modernisation, il n'y aura pas de modernisation mondiale. Leur aspiration commune à la modernisation est vitale non seulement pour leur propre développement, mais aussi pour le progrès mondial.
Conjointement, la Chine et l'Afrique représentent un tiers de la population mondiale. Leur aspiration commune à la modernisation devient non seulement une force motrice pour leurs propres sociétés, mais aussi une contribution importante au progrès mondial. L'accent mis sur le développement de l'industrie, des infrastructures et de la sécurité crée une base pour une croissance durable qui va au-delà du paradigme économique traditionnel et façonne un nouveau format de partenariat Sud-Sud.
source : Observateur Continental