05/01/2026 dav8119.substack.com  7min #300900

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Le pouvoir de dire Non.

Par Davy Hoyau

Il y a deux sortes de réactions à l'enlèvement du président du Venezuela par les États-Unis. Ces deux réactions sont symptomatiques de deux tendances comportementales, entropiques ou syntropiques.

Pour faire un schéma, il y a différents endroits d'où commence la réflexion. Il y a l'action, et l'excuse de l'action. Dans l'excuse de l'action il y a différentes itérations et plusieurs chemins. Là ce sont les réactions entropiques, qui renforcent le désordre. Dans le schéma de l'action il y a le résultat, la méthode, le but et l'intention, pour remonter jusqu'à la source de l'action. Selon que la réflexion commence à un niveau ou à un autre, elle est d'autant plus intelligente.

Car moins on a d'information à brasser, plus il faut faire usage de ses méninges. Les réactions officielles occidentales ont été entropiques, car elles s'empressaient de considérer l'action et la justification comme acquis. À partie de là, il ne reste qu'à prolonger la direction qui a été prise. Le fait, ainsi que la justification, sont considérés comme acquis. En ce sens ils agissent comme de « bons élèves » qui n'ont aucun esprit critique.

Leur réflexion a commencé à partir de ce qui leur a été imposé, et qu'ils n'ont absolument pas du tout remis en question. On pourrait croire que cela les arrangeait. Et en même temps ils n'avaient aucune latitude intellectuelle pour aller plus loin que les apparences, et des êtres superficiels se contentent toujours des apparences.

Mais cela a aussi été le cas d'un grand nombre de commentateurs, y compris des personnes très respectables. Ce qui est assez décevant. Ils disent : « maintenant c'est comme ça ».

La chose la plus notable quand on commence sa réflexion à partir de la justification qui est donnée par le criminel lui-même, est l'incapacité à discerner les faits objectifs des narrations, qui sont hypothétiques. Les narrations sont considérés comme des faits acquis. Ils ne sont pas capables de considérer ces explications comme probablement fausses. Ils disent « Ah bon bah Ok ».

On pourrait leur dire qu'on leur a prit leur porte-monnaie pour aider une petite vieille, ils diraient « Ah bon bah Ok ». Et ils déblatérerait sur les petites vieilles en disant que tout est de leur faute.

Les justifications données par le criminel ont été de deux sortes, premièrement que le président vénézuélien était un dictateur en Europe, et deuxièmement que le but était de reprendre le pétrole volé, du côté américain. Chacun a eu sa propagande sur-mesure.

Cette propagande est un élément d'une guerre hybride, qui consiste à dire « on a gagné la guerre » avant que cela ne soit le cas. En disant cela, l'ennemi est découragé et ainsi la guerre est gagnée. C'est tellement facile d'arnaquer les gens. Et les communiqués officiels occidentaux sont tous tombés dans le panneau.

Sans vouloir trop s'étendre sur les prétextes et justifications, bien que cela semble utile vu le nombre de commentateurs qui y croient, le Venezuela est le pays le plus démocratique du monde (1) (2) (3), et le pétrole leur appartient de plein droit (4).

Parmi les commentateurs les plus décérébrés et hallucinés qu'on puisse jamais rencontrer sur cette planète il y a bien sûr Elon, qui s'est empressé d'exulter, en s'habillant de vertu au prétexte qu'il avait mis fin à une dictature sanguinaire. On ne sait pas où ces gens vivent, mais pas dans le même univers que la vérité. C'est typique des pervers-narcissiques de fabriquer un monde imaginaire halluciné taillé sur-mesure pour justifier les actions les plus démentes. Cela s'est vu aussi bien dans les chancelleries françaises et allemandes, et chez leurs sbires. Et c'est inutile d'y répondre, il suffit de voir les chiffres.

Ce qui est inquiétant est de penser comme ces dictateurs, qui dictent quoi penser, pensent. Ils pensent et veulent faire croire que parce qu'ils ont du pouvoir tout le monde doit penser comme eux parce qu'ils représentent ce que tout le monde pense. C'est une réflexion circulaire, qui s'amplifie comme dans une chambre d'écho. On est dans la psychose, et ils rendent les gens psychotiques. Ils font peur aux gens. C'est du terrorisme intellectuel.

Quand on voit que les dictateurs français, allemands et américains ont en commun d'envoyer au goulag tous leurs contradicteurs, c'est hallucinant de les voir traiter de dictateur un honnête travailleur, qui connaît le vrai travail, qui respecte toutes les règles de l'honnêteté et de la probité, qui parvient à maintenir à flot un pays attaqué et sanctionné, dans le but de rendre meilleure la vie de ses semblables et de protéger l'héritage révolutionnaire qui fait la culture de son peuple. Jamais il ne se permet de parler à la place de son peuple.

Mais bon tout cela ce sont des jugements. Si on veut une réflexion saine il faut partir uniquement des faits. On ne peut pas présumer non plus des intentions réelles ou cachées, cela ne nous intéresse pas. Quand on est témoin d'un crime on sait déjà tout ce qu'il y a à savoir sur le criminel. Quelle que soit son explication, elle n'a aucune valeur. Il y a une lésion et un préjudice qui doivent être réparés.

Une personne normale qui marche sur le pied d'une autre s'excuse, et demande si ça ne lui fait pas trop mal. Un pervers-narcissique l'accuse de rester sur son chemin et lui dit que c'est de sa faute, et qu'il le mérite. Ici le président américain arguera qu'il ne fait que « respecter » sa nouvelle stratégie de défense, c'est à dire ce qu'il a lui-même écrit sur un papier. C'est pareil.

Aussi odieux qu'il soit, ce n'est pas notre problème. Le problème sont les faits, les lois, et le préjudice. Très peu finalement ont été capables du discernement critique qui leur a permit de conclure à l'évidence. C'est cela l'info du jour.

Les personnes qui aident aux communiqués officiels ont essayé de se protéger en y faisant mention, au milieu d'une plâtrée de contradictions. Mais il n'y a pas à tergiverser, c'est un acte de guerre non provoquée, une violation de l'article Deux de la charte des Nations-unies sur l'autodétermination des peuples - le plus important et fondateur de tous les articles - et un crime contre la paix, le plus grave des crimes juridiques. C'est suffoquant d'outrecuidance.

S'imaginer à quoi ressemblerait le monde si tout le monde faisait comme cela, ne serait-ce qu'en vertu du principe de réciprocité - ça veut dire qu'on peut faire pareil à Donald, Emmanuel ou l'autre là, Firedrich (le mec il est fried et il est riche) - devrait les angoisser un peu. Ils devraient refuser cette idée. Mais au lieu de cela ils expliquent qu'il faut s'y préparer, c'est à dire qu'ils prennent pour argent comptant ce qui a été accompli sans le critiquer. Pourtant le jour où on arrêtera de faire cela, c'est parce qu'on l'aura critiqué, en tant que violation du droit international, et autant le faire tout de suite, non ?

Il est donc très important, pour ne pas tomber dans un schéma de perversion-narcissique, de plutôt faire débuter sa réflexion sur les faits et rien que les faits, et de laisser les interprétations et les justifications au seul criminel, qui devra se débattre tout seul avec sa propre conscience. On ne peut le faire pour lui.

Au final il s'est passé que le gouvernement vénézuélien a repris la main comme le ferait une bonne démocratie bien solide où tout le monde est d'accord, et qu'aucun pétrole n'a été volé. Donc que reste-t-il ? Uniquement le message de peur véhiculé par les chancelleries. Et si c'était cela, le but ?

Dans ce cas, cet objectif n'aurait que la valeur que voudront bien leur accorder les gens, selon qu'ils commencent leur réflexion sur des impressions et des craintes, ou qu'ils se contentent des faits prouvables et du droit international. Leur pouvoir, c'est la crédulité des gens.

Les réactions pessimistes sont les premières à surgir et elles consolident, solidifient, cristallisent une situation qui n'est pas enviable. Il faut s'en méfier. Rien n'est jamais joué d'avance.

C'est un acte d'espoir et de préservation d'avoir l'intelligence de considérer les événements dans leur globalité et leur sens profond.

- (1) Venezuela : douze points sur les « i » d'élections présidentielles.

(2) Au Venezuela les communards continuent à créer l'État nouveau.

(3) « Le Venezuela est en paix, tranquille et sûr de son destin et de sa route » : l'interview de Nicolas Maduro par Ignacio Ramonet (janvier 2025).

(4) Le gouvernement le plus tyrannique du monde veut libérer le Venezuela de la tyrannie

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