17/01/2026 ismfrance.org  4min #302089

Résister à la campagne américaine imminente

Ibrahim Al-Amine, 14 janvier 2026. - Washington et Tel-Aviv préparent le terrain pour une nouvelle campagne, avec la participation de l'Europe et le soutien de la région. Ce plan vise le système politique iranien, cherche à éliminer les forces de résistance au Liban, en Irak et au Yémen, et poursuit la guerre d'éradication à Gaza et en Cisjordanie.

Il ne s'agit donc pas d'une phase d'attente, de décryptage de signaux ou de négociations par l'intermédiaire d'intermédiaires. Le dialogue proposé par Washington est un dialogue de capitulation, et la capitulation n'est pas une option pour ceux qui font face à la domination américaine. Chacun doit se préparer à une confrontation extrêmement brutale, mais décisive pour l'équilibre des pouvoirs dans la région pour les années à venir.

Cette montée en puissance se déroule dans un contexte de profondes fractures politiques et civiles à travers la région et au sein même du camp ennemi. Aux États-Unis, Donald Trump fait face à une pression intérieure croissante et à la perspective de défaites électorales. L'histoire montre que de telles situations incitent souvent à une escalade extérieure, misant sur le spectacle de la force pour restaurer l'influence politique. Rien n'indique que la retenue intérieure l'emportera sur la logique de la confrontation.

En Israël, un large consensus se dégage au sein de la classe politique : le moment est venu de lancer une offensive de grande envergure. Conscients qu'une victoire décisive est impossible dans le contexte international actuel, les Israéliens persistent dans leur politique de « tonte de la pelouse ». Il ne s'agit pas seulement du projet de Netanyahou et de la droite, mais de la doctrine même du pays. L'ennemi n'a aucune intention de reculer sans y être contraint. Israël poursuit une politique d'ouverture de fronts et rejette tout accord susceptible de fermer ces fronts. Au contraire, il perçoit ces fronts ouverts comme un levier stratégique et une porte d'entrée vers de nouvelles guerres à grande échelle contre Gaza et le Liban. L'idée de désescalade est exclue de cette doctrine.

Face à cette convergence entre l'imprudence de Trump, l'expansionnisme israélien et la complicité arabe, la question n'est plus de savoir si cette nouvelle campagne aura lieu, mais comment nous y ferons face. Avec quels outils la combattrons-nous ? Les règles d'engagement ont-elles été révisées ? Les restrictions que nous nous imposions et qui ont paralysé les précédentes phases de conflit ont-elles été levées ?

Les décideurs sont confrontés à une période exceptionnellement difficile, car la clarté d'esprit ne suffit pas à prendre une décision. Dans de telles circonstances, l'attention se porte sur les outils à disposition, non pas pour mesurer uniquement notre propre force, mais pour identifier les points faibles de l'ennemi.

Il serait erroné de se perdre dans des comparaisons de puissance aérienne, de flottes navales et de supériorité technologique, ou d'alimenter la crainte des capacités de renseignement américaines, israéliennes, européennes et régionales. La puissance ne se mesure pas seulement à l'armement. Elle se mesure aussi à l'endurance.

Le véritable champ de bataille se situe ailleurs : dans les fractures qui traversent ces sociétés et dans la capacité limitée de leurs élites financières dirigeantes à absorber des pertes prolongées. Le constat est sans appel. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont épuisé les ressources économiques et financières des États-Unis à un point que peu étaient prêts à admettre.

Certains affirment qu'une superpuissance peut supporter de tels fardeaux si elle parvient à contrôler cette région. Mais les deux dernières décennies racontent une tout autre histoire. Washington n'a pas gouverné seul. Pour préserver ses acquis, il a eu recours à la déstabilisation interne, au blocus financier, aux sanctions et à une couverture inconditionnelle des guerres israéliennes.

Article original en anglais sur  Al Akhbar / Traduction MR

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