par Mounir Kilani
De l'Ukraine, on entend les dirigeants, les experts, les commentateurs. Du peuple, rien. Il est mobilisé, déplacé, endeuillé, mais jamais interrogé. La guerre est racontée par ceux qui ne la font pas et supportée par ceux qui n'ont pas voix au chapitre. Cette dissociation n'est pas accidentelle : elle permet de transformer une société sous contrainte en récit de volontarisme, et une guerre sans issue en devoir moral.