« Snuff films » ukrainiens ou déontologie militaire tchétchène ?

Entrevue avec le commandant Apti Alaudinov

par Mendelssohn Moses

Le 24 novembre, l'ex-Inspecteur des armements Scott Ritter a interviewé en direct depuis Popasna, le Commandant Apti Alaudinov du détachement Akhmat (1). Celui-ci est ancien ministre-adjoint de l'Intérieur de la république tchétchène, et désormais commandant-adjoint du 2e Corps d'armée de la milice populaire de Lougansk.

L'interview étant en anglais, et dépourvu de sous-titrage en français, nous résumons ici pour les non-anglophones les points essentiels de ce remarquable moment.

Maintes fois décorée pour faits de guerre, Alaudinov est également major-général auprès du ministère russe des Affaires étrangères.

Il y a près de 30 ans, Alaudinov, aujourd'hui âgé de 49 ans, a commencé sa carrière militaire dans les formations spetsnaz (commandos spéciaux). Puis il a participé à la création à Gudermes de l'Académie des spetsnaz tchétchènes (2), université privée dont le fondateur est le célèbre Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie.

En écoutant l'interview, on perçoit un peu des insolites qualités des hommes de Tchétchénie, nation musulmane perdue dans le Caucase, comptant moins de 2 millions d'habitants, dont l'organisation est tribale et la langue ultra-minoritaire, et comment un tel pays se retrouve à jouer un rôle aussi central dans un conflit historique-mondial où les systèmes d'armes les plus avancés sont déployés.

Solaire, s'expriment avec aisance en russe, et surtout, respectueux de la vie, Apti Alaudinov nous fait plonger dans un monde fermé aux Occidentaux, où le patriotisme, les études religieuses et un strict code éthique traditionnel, sont associés à une formation militaire spécialisée fondée à la fois sur la haute technologie, une complète préparation physique et mentale et l'adhésion sans faille aux principes du droit international et du droit de la guerre.

Ce qui amène la question des onze militaires russes assassinés cette semaine.

Dans l'actuel conflit en Ukraine, les « snuff films », ces vidéos tournés en direct de meurtres ou sévices perpétrés en zone de guerre, sont tous sans exception tournés et mis en circulation par des individus se réclamant des forces dites « ukrainiennes », jamais par les forces en présence du côté russe.

(Le « snuff film » en tant que genre semble avoir pris son essor pour ainsi dire, aux USA il y une cinquantaine d'années, lors de fêtes privées entre gens influents, où des enfants séquestrés étaient victimes de sévices puis tués sous l'oeil du caméra.)

Personnellement, je ne regarde jamais ces images sordides, sachant qu'elles sont relayées dans l'objectif de détruire la fibre morale et démoraliser le soi-disant « adversaire ». En réalité, ces films détruisent la fibre morale de tout ce qu'ils touchent.

Pour motif de santé mentale, j'invite donc le lecteur à ne jamais regarder ces images sauf à être expert légiste ou militaire spécialement entraîné à pouvoir le supporter.

Alaudinov se réfère au dernier en date de ces snuff films, relayé depuis ce qu'il faut bien appeler l'ex-Ukraine, dans la semaine du 21 novembre : onze militaires russes, des combattants en uniforme et qui s'étaient rendus, furent assassinés sous l'oeil du caméra dans une violation flagrante de la Convention de Genève.

Pour Alaudinov, la multiplication de ces actes - et le fait même qu'ils soient filmés - témoigne d'un effondrement de la société en Ukraine, par opposition au code éthique des spetsnaz tchétchènes, « bien plus strict que les codes adoptés par l'ONU », et comportant « des interdits bien plus nombreux ».

Le rôle du combattant selon lui, est de protéger le faible, et les « erreurs » de la stratégie russe au début du conflit découlent de la volonté des dirigeants russes d'épargner autant que faire se peut la vie et les infrastructures des civils en Ukraine, tout en poursuivant le principal objectif russe : la neutralité ukrainienne. Mais l'OTAN et surtout les USA n'y voyaient pas leur intérêt.

À son sens, l'Ukraine « ne tiendrait pas un seul jour sur le champ de bataille, si ce n'était pour les armes, les hommes et l'argent du bloc OTAN ». La captation, dit-il, des radios militaires, ne fait désormais entendre que des voix parlant anglais ou polonais, l'Ukraine ne disposant pratiquement plus d'hommes en état de combattre, et ceux qui le sont, vont au front « avec la pointe de la baïonnette OTAN fixée dans le dos ». Ne pas se mentir, dit-il, c'est à l'évidence le « bloc OTAN » qui est lancé contre la Russie et ses alliés. Pointant l'implosion de FTX, Alaudinov observe que l'appareil Otanien est aussi un immense dispositif de blanchissement financier qui nourrit les factions à Washington. La seule question, c'est jusqu'où ces gens sont prêts à aller dans leur but de détruire la Russie. Au passage, ils ont réduit au silence apeuré leurs propres citoyens et ruiné leur propre pays, les USA, qui ne retrouvera vraisemblablement jamais sa grandeur.

Avoir choisi ce qu'il estime être « la part de Dieu et de la Vérité » et de mourir s'il le faut dans cette cause, serait pour Alaudinov plus honorable que de vivre au service de la cause du bloc otanien.

Il s'interroge sur la définition US du nazisme, puisque depuis des décennies déjà les USA forment, entraînent dans des camps européens et arment des unités Azov et assimilés, et les invitent même aux USA à se pavaner. Si ces bataillons ne sont pas imbus d'idéologie nazie, « veut-on alors nous expliquer ce que c'est le nazisme » ? Du point de vue d'Alaudinov, entendre ces combattants « ukrainiens » clamer qu'il faille « éliminer » tel ou tel groupe, race, etc. quel qu'il soit, démontre qu'ils n'ont aucun Dieu intérieur et sont dépourvus d'humanité. Le fascisme et le satanisme sont proches parents. « En tant que Commandant, jamais je ne demanderais à mes hommes de « tuer autant de gens que possible » de telle ou telle nationalité ou religion ».

Par ailleurs, il explique avoir combattu des terroristes depuis près de 30 ans ; aucun n'était un vrai musulman. Ce sont les USA qui ont entraîné et armé des groupes comme Al Qaida, auxquels ils donnent le nom d'« islamistes », pour ensuite les détruire dès qu'ils ne servent plus.

***

Un interview donc, à écouter avec attention.

Entre temps, en Occident, le culte de la mort est omniprésent au point que d'aucuns prônent la guerre et le « vaccin » comme moyen de limiter les populations ; d'autres regrettent l'échec d'Opération Barbarossa ; tandis que d'autres encore telle la petite Anastasia Colosimo, celle qui s'est donnée la peine de naître, estiment - tout en rigolant très fort - que refouler les non-vaccinés à la porte de l'hôpital, « ce sera un bon moyen de sélection naturelle » (3).

Mais réjouissons nous de voir que la sélection surnaturelle opère : Mlle. Colosimo quitte son poste de chef de cabinet à New York (4) auprès de Richard Attias - époux de Cécilia Sarkozy-Attias - pour devenir le Conseiller à la communication internationale de Emmanuel Macron, où elle jouira sans doute de toute latitude pour tester ses franches rigolades sur les « pertes collatérales » de la guerre, face à des adultes telle Maria Zakharova.

 reseauinternational.net

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