10/06/2022 reseauinternational.net  4 min #209912

Deux combattants britanniques et un Marocain condamnés à mort par la République populaire de Donetsk

La Grande-Bretagne ferait mieux de reconnaître la République populaire de Donetsk si elle veut sauver ses garçons

par Andrew Korybko.

Le Royaume-Uni doit décider d'urgence s'il reconnaît officiellement la République populaire de Donetsk pour tenter de sauver la vie de ses deux hommes qui viennent d'être condamnés à mort pour avoir tenté de renverser son gouvernement en tant que mercenaires, ou s'il préfère les laisser mourir, bien que leur mort puisse toujours être utilisée à des fins de guerre d'information anti-russe si cela finit par se produire.

La République populaire de Donetsk (RPD) a  condamné jeudi deux Britanniques et un Marocain à la peine capitale pour avoir été des mercenaires ayant tenté de renverser le gouvernement de ce pays largement non reconnu. Les grands médias occidentaux sous tutelle américaine se déchaînent déjà en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un « procès spectacle ». Pourtant, ces citoyens étrangers ont bel et bien été capturés à Marioupol, loin de leurs pays d'origine britannique et marocain. Ils n'étaient pas là pour soutenir les combattants de la liberté mais pour les tuer littéralement sur ordre de Kiev, quelle que soit la raison personnelle qui les a poussés à entrer en guerre à ses côtés.

Personne ne peut donc nier en toute bonne foi que ces étrangers sont des mercenaires, mais l'Occident aux ordres des États-Unis ne veut toujours pas qu'ils soient exécutés. Il est peu probable que les autorités marocaines fassent grand-chose pour soutenir leur citoyen condamné, car elles souhaitent probablement que le monde oublie qu'un de leurs hommes a combattu dans ce pays, mais le Royaume-Uni est une tout autre affaire, car il a un intérêt direct dans l'issue de  la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie à travers l'Ukraine, à laquelle deux de ses citoyens ont participé.

Le hic, cependant, c'est que Londres ne reconnaît pas Donetsk et ne peut donc pas entamer de négociations officielles avec lui sur leur avenir. Il existe une chance, même minime, qu'ils demandent la clémence et soient ainsi graciés et condamnés à 25 ans de prison au lieu d'être exécutés, mais ce scénario ne peut évidemment pas être considéré comme acquis. Cela étant, le Royaume-Uni doit décider d'urgence s'il reconnaît officiellement la RPD pour tenter de sauver la vie de ses deux hommes ou s'il préfère les laisser mourir, bien que leur mort puisse toujours être utilisée à des fins de guerre de l'information anti-russe si cela finit par se produire.

Il est difficile de savoir ce que le public britannique pense vraiment du  conflit ukrainien, car on ne peut pas se fier aux sondages dans cet environnement de facto en temps de guerre, et on ne peut pas non plus affirmer que les dissidents ne s'autocensurent pas par peur du harcèlement politique, voire pire, pour leurs convictions. Quoi qu'il en soit, il est probable que le Britannique moyen ne souhaite pas voir ses garçons exécutés dans un pays étranger, et encore moins de manière publique, selon la manière dont le processus se déroule dans cette république largement non reconnue. Pour cette raison, ils pourraient se regrouper pour faire pression sur leurs dirigeants afin de sauver la vie de leurs compatriotes.

Le Royaume-Uni a beaucoup à perdre dans cette situation, car s'il ne fait rien pour soutenir ses citoyens condamnés, il enverra un signal très désagréable aux autres, à savoir que leur gouvernement ne les soutiendra pas s'ils vont se battre dans des pays étrangers au nom de la « démocratie » ou de toute autre chose pour laquelle leurs autorités leur ont lavé le cerveau et leur ont fait croire qu'ils méritaient peut-être même de mourir. C'est une chose de mourir sur le champ de bataille pour soutenir la cause à laquelle on croit vraiment, c'en est une autre d'être exécuté après avoir été capturé par ses adversaires en tant que mercenaire auquel la Convention de Genève ne s'applique pas légalement.

Personne ne devrait cependant espérer que Londres reconnaisse Donetsk, car il s'agirait d'un tremblement de terre diplomatique que le partenaire junior de Washington ne ferait jamais unilatéralement de son propre chef, et il est peu probable que son suzerain le permette. Pour cette raison, à moins que la RPD ne pense qu'elle peut gagner quelque chose de politiquement valable en accordant la clémence aux mercenaires condamnés qui ont essayé de mener un changement de régime contre leur république, il est très possible qu'ils soient exécutés, mais il reste à voir si cela sera fait en public pour dissuader d'autres mercenaires ou non.

 Andrew Korybko

source :  One World

traduction  Avic pour  Réseau International

 reseauinternational.net

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