29/08/2025 reseauinternational.net  4min #288763

«Nous considérons ces discussions de manière négative» : Dmitri Peskov envoie un avertissement cinglant à l'Occident sur l'envoi de troupes européennes en Ukraine

par Franck Pengam

Le Kremlin a mis «les points sur les i» mercredi 27 août concernant l'envoi potentiel de troupes européennes en Ukraine.

L'idée même fait bondir les autorités russes, qui rappellent qu'éviter une présence militaire de l'OTAN aux portes de la Russie était justement l'une des raisons qui avaient poussé Moscou à lancer son opération militaire en février 2022.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l'a rappelé aux journalistes :

«Nous considérons ces discussions de manière négative. En fait, au tout début, c'est l'avancée de l'infrastructure militaire de l'OTAN et l'infiltration de cette infrastructure militaire en Ukraine qui pourraient probablement être citées parmi les causes profondes de la situation de conflit qui a surgi».

Le message du Kremlin est clair : c'est une ligne rouge à ne pas franchir.

The Kremlin will never accept the idea of NATO troops in Ukraine because NATO's expansion is one of the reasons for the conflict, Russian presidential spokesman Dmitry Peskov said: t.co  pic.twitter.com/ISpVQOQ0Wf

- TASS (@tassagency_en)  August 27, 2025

Escalade des tensions diplomatiques

Cette mise en garde intervient alors que plusieurs pays européens, dont la France, évoquent de plus en plus ouvertement une intervention directe. Cette escalade pourrait transformer ce conflit régional en confrontation majeure, voire mondiale.

Selon le Financial Times du mardi 26 août, les puissances occidentales préparent un plan de défense à trois étages pour garantir la sécurité de Kiev.

Le projet prévoit d'abord une zone démilitarisée patrouillée par des soldats de pays neutres. Derrière cette première ligne, l'Ukraine placerait ses troupes formées par l'OTAN le long d'une frontière fortifiée.

En troisième rideau, et c'est là que nos dirigeants dévoilent leurs véritables intentions, des forces européennes «de dissuasion» appuyées par les Américains.

Selon Andriy Yermak, chef d'état-major du président ukrainien, dans les colonnes du Financial Times, Kiev aurait envisagé un déploiement de 4 à 5 brigades européennes sur son territoire. Des «facilitateurs stratégiques» américains seraient également impliqués dans ce plan.

Zelensky a également annoncé sur X que ses équipes «accéléraient» la préparation des garanties de sécurité multilatérales pour l'Ukraine. Il a affirmé qu'il était urgent de rassembler les dirigeants pour décider des priorités et imposer des échéances, comme si Kiev et ses alliés pouvaient dicter la marche de la région.

«Nos équipes préparent activement l'architecture de garanties de sécurité fortes et multilatérales pour l'Ukraine, avec toutes les parties impliquées - les Européens, les Américains et nos autres partenaires de la Coalition des Volontaires. Commandants militaires, ministres de la Défense et conseillers à la sécurité - à différents niveaux - nous préparons les composantes de la sécurité future».

Pour l'heure, aucune précision n'a filtré sur l'identité exacte des pays européens concernés, mais Peskov a rejeté cette idée et a précisé que ces armées sont principalement constituées de membres de l'OTAN.

Every day we are in contact with our partners - negotiations, meetings. It is important that everything be as practical as possible - what forces on the ground, in the air, at sea - everything must be clearly defined.

And the foundation of security is our strong army, Ukraine's...  pic.twitter.com/ORjKqiUeZ1

- Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa)  August 26, 2025

La réaction de Peskov à l'idée de sommet Poutine-Zelensky

Peskov a qualifié les garanties de sécurité pour l'Ukraine de sujet «primordial» et a refusé de livrer le moindre détail en public. Il a déclaré que chaque contact dans ces négociations devait être strictement préparées.

Le porte-parole du Kremlin a salué les efforts de Donald Trump pour tenter de mettre fin au conflit et les a qualifiés de «très importants». Il a également estimé que le sommet américano-russe en Alaska avait été «très substantiel, constructif et utile» et a précisé que Moscou attendait la poursuite de ces initiatives.

Mais Peskov a sèchement rejeté l'idée d'un sommet Poutine-Zelensky proposé par Washington, rappelant que Moscou ne se laisserait pas manipuler par les manœuvres américaines.

source :  Géopolitique Profonde

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