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Classe de cours dans un lycée [image d'illustration].
Faute de budget voté, les nouveaux concours d'enseignants prévus au printemps 2026 sont suspendus, plongeant près de 88 000 candidats dans l'incertitude. Des étudiants déjà engagés dans la préparation dénoncent un manque de respect et une forte démotivation à quelques mois des épreuves.
Lundi 5 janvier marque la reprise des cours pour les élèves et les étudiants, mais pour des dizaines de milliers d'aspirants enseignants, ce début d'année 2026 rime surtout avec incertitude. En l'absence de vote du budget de l'État, les nouveaux concours de recrutement des enseignants, prévus en mars et avril et destinés aux étudiants de licence, ne peuvent pas être organisés.
La loi spéciale actuellement en vigueur reconduit uniquement les crédits de 2025 et interdit toute nouvelle dépense ou réforme. Résultat : environ 88 000 candidats se retrouvent dans le flou total à quelques mois d'échéances décisives.
Une situation révoltante pour les intéressés
Cette situation frappe de plein fouet des étudiants déjà engagés dans une préparation exigeante. L'un d'eux, en fin de licence de sciences de la vie et de la Terre à Bordeaux, témoigne lors d'une interview accordée à la presse locale qu'il comptait passer le Capes. « Au début, j'ai cru à une blague », a-t-il confié.
Comme beaucoup, il a mis entre parenthèses une partie de son cursus pour se consacrer au concours. Faute d'informations claires, l'espoir laisse place à la lassitude : « On se sent perdus, il y a un peu d'espoir, mais en réalité, on n'y croit plus », a-t-il surenchéri.
La réforme contestée prévoit pourtant un changement majeur : recruter les enseignants dès Bac+3, puis leur proposer un master rémunéré avec une forte immersion devant les élèves. Une transition était prévue, avec le maintien temporaire des concours à Bac+5, eux bien financés car déjà inscrits dans le budget 2025. Mais pour les nouveaux concours, l'annonce de leur suspension, tombée à la veille de Noël, a provoqué colère et incompréhension.
Une autre étudiante en double licence lettres modernes-espagnol, dénonce un « manque de respect total » au micro de la presse régionale. Depuis des mois, enseignants et étudiants s'investissent pour préparer ces nouvelles épreuves. « Apprendre à trois mois des écrits que le gouvernement ne sait pas s'il pourra organiser le concours, c'est révoltant », s'est-elle agacée.
Au-delà des parcours individuels, c'est l'image de l'État employeur qui est écornée. Pour ces futurs fonctionnaires, la relation avec l'Éducation nationale commence « sur de très mauvaises bases ». Tous attendent désormais les débats parlementaires avec anxiété : du vote du budget dépendra la tenue ou non des concours du printemps, et peut-être la vocation de toute une génération d'enseignants.