07/01/2026 francais.rt.com  4min #301132

Bruno Retailleau avance ses propositions chocs pour 2027 : «Il faut renverser la table et sortir du modèle social-étatiste»

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Bruno Retailleau à Nantes le 18 décembre 2025. [Photo d'illustration]

Dans un entretien aux Échos, le président des Républicains, Bruno Retailleau, candidat potentiel pour 2027, propose des mesures choc comme la sortie des 35 heures, le remplacement du RSA par un RIA et un durcissement de l'assurance-chômage, pour valoriser le travail et relancer l'économie française.

Bruno Retailleau, chef de file des Républicains et ancien ministre de l'Intérieur, expose dans Les Échos un programme économique audacieux visant à briser le « modèle social-étatiste » et à promouvoir un « travail gagnant ». Ces propositions marquent son offensive pour la présidentielle de 2027,  alors qu'il a pu se montrer menaçant à l'égard du budget présenté par le gouvernement Lecornu.

Bruno Retailleau appelle à une refonte profonde du système économique français, qu'il juge « à bout de souffle ». « Il faut sortir des 35 heures : par le haut pour le salarié, qui va gagner plus d'un 13e mois, et par le haut pour l'entreprise, qui va voir le coût du travail baisser substantiellement », déclare-t-il, en prônant l'annualisation du temps de travail et un mécanisme de « zéro cotisation » sur les heures supplémentaires. Une mesure qui n'est pas sans rappeler celle mise en place par Nicolas Sarkozy durant son quinquennat. Ses déclarations le rapprochent d'ailleurs du dernier président issu de son camp politique, à l'image de cette formule : « On ne peut pas demander aux Français de travailler plus pour gagner très peu. »

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- Les Echos (@LesEchos)  January 7, 2026

Il propose aussi un seuil de deux jours supplémentaires rémunérés, avec exonération totale au-delà de 1 623 heures annuelles. Au cœur de ses mesures figure le remplacement du RSA, de la prime d'activité et de l'ASS par un « revenu d'incitation à l'activité » (RIA). « Une personne sans emploi pourra toucher une aide aussi généreuse que le RSA - 550 euros par mois - mais, contrairement à aujourd'hui, ce sera à elle de prouver qu'elle réalise effectivement 15 heures d'activité hebdomadaires », explique Retailleau, qui dit vouloir encourager le retour à l'emploi.

Il prévoit un « compte social unique » pour plafonner les aides à 70 % du SMIC, générant 10 milliards d'euros d'économies, ainsi qu'un durcissement de l'assurance-chômage pour en dégager 13 milliards supplémentaires, via la sanction du troisième refus d'offre raisonnable et un encadrement plus strict des ruptures conventionnelles.

Ces propositions s'inscrivent dans sa stratégie pour 2027, après son départ du gouvernement en octobre 2025. Positionné comme un candidat libéral-conservateur, il critique le « social-étatisme » du RN et les « grands cafouillages budgétaires » actuels. Lors d'une conférence de presse consacrée au « travail gagnant », il insiste : « Le pouvoir d'achat, c'est un des grands problèmes de l'époque. »

Travail mieux rémunéré, fin de l'assistanat, compétitivité retrouvée : demain à 11h, nous présentons nos solutions pour redresser la France.  pic.twitter.com/Q74tpNidnT

- les Républicains (@lesRepublicains)  January 6, 2026

 En quête de transition après sa sortie ratée du gouvernement Lecornu, Bruno Retailleau entend porter un projet de rupture visant à se distinguer du RN sur sa droite et de ses concurrents au centre, dans une ligne proche de celles défendues par le maire de Cannes, David Lisnard.

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