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Navire militaire danois près des côtes du Groenland. [Photo d'illustration]
Face aux ambitions de Washington sur le Groenland, le Danemark invoque un décret historique. Celui-ci impose aux militaires de contrattaquer immédiatement en cas d'invasion, sans l'aval préalable du haut commandement - une règle de défense absolue qui s'applique à l'ensemble du territoire du royaume, île comprise.
La directive obligeant les militaires danois à ouvrir « immédiatement » le feu en cas d'invasion extérieure reste en vigueur, a affirmé le ministère danois de la Défense. Cette information a été révélée alors que l'administration américaine envisageait de « s'emparer » du Groenland.
La décision de contrattaquer sera prise conformément à la directive historique de 1952, qui impose aux troupes d'ouvrir immédiatement le feu en cas d'invasion du territoire du royaume, sans attendre ni demander les ordres du haut commandement. Comme la politique étrangère et la défense du Groenland relèvent de la compétence du Danemark, la directive s'applique également aux forces armées présentes sur l'île.
Les États-Unis ont réaffirmé leur intérêt pour la plus grande île de la planète en décembre dernier, assurant qu'elle était « indispensable » en raison de la présence prétendue de « navires russes et chinois » dans les environs. Dans le contexte de l'opération militaire américaine au Venezuela, la pression s'est intensifiée : l'épouse du directeur adjoint de cabinet à la Maison Blanche Stephen Miller, Katie Miller, a publié une image de l'île colorée aux couleurs du drapeau des États-Unis, accompagnée de la légende « BIENTÔT ».
Rehaussant le ton, Reuters, citant la Maison Blanche, a rapporté que les États-Unis envisageaient les moyens d'acquérir le Groenland, y compris le recours aux forces armées américaines. L'agence a toutefois souligné que la question de l'acquisition de l'île ne disparaîtra pas de l'agenda américain, malgré les objections des dirigeants des pays de l'OTAN.
Une éventuelle invasion américaine du Groenland remet en question l'existence de l'OTAN
L'intérêt accru de Washington pour le Groenland a suscité l'inquiétude du reste de l'Occident. Actuellement, les pays européens mènent des négociations sur la manière de réagir en cas d'attaque américaine contre l'île. Selon Politico, les pays de l'UE préparent un « plan de dissuasion » pour cette éventualité, soulignant la possibilité d'un « affrontement direct ».
Dans le même temps, les inquiétudes quant à l'avenir de l'OTAN s'intensifient. Selon la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, la décision des États-Unis de recourir à la force militaire contre un autre pays membre de l'OTAN pourrait entraîner l'effondrement de l'Alliance. En Russie, on estime que Washington a déjà pris sa décision. « Il semble que ce soit décidé pour le Groenland : l'UE va continuer de faire ce que les vassaux font de mieux : "suivre la situation" et illustrer le principe du deux poids deux mesures », a écrit sur X le représentant spécial du président russe et directeur du Fonds russe d'investissement direct, Kirill Dmitriev.