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Une séance au Sénat, à Paris, le 15 octobre 2025
Un ex-conseiller Les Républicains au Sénat comparaît ce 13 janvier pour avoir pris en cachette des photos à caractère sexuel de plusieurs femmes, y compris dans l'enceinte du palais du Luxembourg. L'affaire, révélée à l'été 2023, met en lumière un malaise persistant sur la manière dont les institutions françaises gèrent les violences sexistes.
Sébastien G., ancien conseiller du groupe Les Républicains au Sénat, est jugé ce 13 janvier au tribunal correctionnel de Paris pour avoir pris des photographies à caractère sexuel de plusieurs femmes à leur insu, dans des lieux publics et au sein même de la chambre haute. Parmi les victimes figure la sénatrice LR des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, identifiée sur certains clichés pris sans son consentement.
L'affaire remonte à l'été 2023, lorsque deux collaborateurs parlementaires découvrent un disque dur abandonné dans un espace commun du groupe LR au Sénat. À l'intérieur, ils trouvent de nombreuses photos focalisées sur les parties intimes de femmes, notamment leurs fesses, prises à leur insu. Certaines de ces images ont été prises dans l'enceinte du palais du Luxembourg. En décembre 2024, Christine Lavarde dépose plainte pour atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation d'image.
Les enquêteurs identifient rapidement l'auteur des clichés : Sébastien G., âgé de 50 ans, qui travaillait au Sénat depuis 2008. Après une garde à vue, il est mis en examen, placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de soins psychologiques et interdiction de contact avec les victimes. Il a également été entendu pour des faits similaires visant une autre femme à la même période.
Une réaction politique interne... mais silencieuse
Le groupe LR a immédiatement réagi en suspendant le collaborateur avant de le licencier pour faute grave. Une conseillère du parti déclare : « Il était hors de question qu'il reste ». Elle qualifie les faits d'« inadmissibles » et évoque un « choc » profond au sein du groupe parlementaire. Pourtant, selon une sénatrice UDI citée par Le Parisien, certains n'ont pas été surpris, évoquant la « réputation » du prévenu dans les couloirs du Sénat.
L'affaire a été gérée discrètement. Plusieurs collaborateurs regrettent que le Sénat n'ait ni informé officiellement ses agents ni mis en place une cellule d'écoute pour d'éventuelles victimes. Une collaboratrice de gauche dénonce une « omerta » et une volonté de « gérer en interne », pointant une loyauté extrême entre groupes politiques. D'autres soulignent que l'institution agit d'abord pour « préserver sa réputation ».
Une institution en crise de transparence
« Le Sénat souffre déjà d'une image assez conservatrice et ne peut pas se permettre ce genre de scandale », indique une collaboratrice de droite. Avec le soutien de l'association des collaborateurs parlementaires, des formations sur les violences sexistes et sexuelles devraient être mises en place à partir de 2026.
Sébastien G. a reconnu les faits et leur gravité. Il est poursuivi pour atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation d'image à caractère sexuel. Il encourt jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende. Christine Lavarde, citée dans l'affaire, a refusé de s'exprimer, souhaitant « préserver son statut de victime ».
Ce procès intervient alors qu'une autre affaire secoue la chambre haute : celle de l'ancien sénateur Joël Guerriau, jugé à la fin du mois pour avoir drogué une députée afin d'abuser d'elle. Des accusations qui, une fois de plus, mettent en lumière le silence et le manque de transparence dans les institutions françaises.