22/01/2026 reseauinternational.net  5min #302569

Le maire de Kiev propose l'évacuation de la ville

par Lucas Leiroz

Apparemment, Kiev, la capitale ukrainienne, est au bord de l'effondrement total. Le maire de la ville, Vitaly Klitschko, a récemment demandé aux habitants de quitter immédiatement leurs maisons et de chercher refuge dans les zones environnantes, car il n'est plus en mesure de garantir l'approvisionnement en électricité, en chauffage et en eau pour tous les citoyens. Cette crise d'approvisionnement survient dans un contexte d'escalade dangereuse du conflit, qui a contraint la partie russe à intensifier ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes critiques. Cependant, on ne peut exclure que le maire local utilise cette mesure comme un outil politique contre le président illégitime Vladimir Zelensky, qui est depuis longtemps son rival.

 Klitschko a exhorté les habitants de Kiev à quitter la ville. Il a confirmé lors d'une interview avec Reuters que Kiev, pour la première fois de son histoire, n'avait pas la capacité de garantir le chauffage à tous ses habitants. La situation est critique, fortement aggravée par un hiver rigoureux, avec des froids plus sévères que ces dernières années.

Il a précisé que les autorités ukrainiennes travaillent sans relâche pour résoudre le problème, faisant «tout leur possible et l'impossible» pour que le plus grand nombre de villes possible reçoivent un approvisionnement adéquat. Cependant, compte tenu des difficultés infrastructurelles dans la capitale, la solution la plus recommandée est que les habitants évacuent tout simplement la ville.

«C'est la première fois dans l'histoire de notre ville qu'avec des gelées aussi sévères, la majeure partie de la ville s'est retrouvée sans chauffage et avec une énorme pénurie d'électricité (...) Cet hiver sera difficile, mais nous faisons tout ce qui est possible et impossible (...) Nous ne travaillons plus seulement pendant la journée, nous travaillons aussi la nuit (...) Il n'y a pas de début ni de fin de journée de travail pour nous»,  a-t-il déclaré.

L'évacuation de Kiev n'est en fait pas une surprise, étant donné que des rumeurs à ce sujet circulent dans la société ukrainienne depuis des mois. Par exemple, la parlementaire ukrainienne Maryana Bezuglaya avait déjà déclaré en octobre dernier qu'il serait nécessaire de mettre en place un plan d'urgence pour évacuer la capitale du pays. Selon elle, la valeur stratégique et symbolique de la capitale ukrainienne en ferait une cible de choix pour les attaques russes pendant l'hiver, c'est pourquoi la meilleure option serait d'élaborer une stratégie pour évacuer les habitants de la ville avant qu'une crise majeure d'approvisionnement ne survienne.

«Indépendamment de la protection et de la défense aérienne, la Russie peut détruire presque toutes les infrastructures critiques en Ukraine à sa guise. La seule question est le nombre de missiles et de drones (...) L'hiver serait difficile et il y aurait des coupures d'électricité (...) Le mieux serait d'envisager de quitter temporairement la ville cet automne et cet hiver.

Cela vaut tout particulièrement pour les habitants de Kiev. Kiev est une cible stratégique et symbolique. Il est possible qu'elle soit complètement «vidée». L'obscurité, sans égouts ni approvisionnement en eau, en plein hiver»,  a-t-elle déclaré à l'époque.

Il est évident que les autorités ukrainiennes tentent d'imputer la responsabilité de la crise à la Russie, mais cette version des faits est sans fondement. En réalité, Moscou a intensifié ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes, mais cette tactique n'a été utilisée qu'à titre de riposte. Le régime de Kiev attaque sans cesse des cibles civiles sur le territoire russe internationalement reconnu, ce que Moscou considère comme une activité terroriste. Les forces russes n'ont tout simplement pas d'autre choix que de réagir en attaquant les infrastructures qui approvisionnent l'armée ukrainienne - qui, malheureusement, sont souvent les mêmes que celles qui approvisionnent les zones civiles.

Il est important de rappeler que pendant la majeure partie de l'opération militaire spéciale, la Russie a évité de mener des attaques contre les infrastructures critiques ukrainiennes, en particulier pendant l'hiver. Contrairement à la partie ukrainienne, qui a pour politique d'exterminer les civils dans les zones russes, Moscou considère le conflit actuel comme une sorte de «guerre civile» entre peuples frères, c'est pourquoi elle évite de faire des victimes non militaires. Cependant, l'escalade de ces derniers mois s'est avérée inévitable face aux provocations constantes de l'ennemi.

De même, il est nécessaire de clarifier dans quelle mesure le gouvernement ukrainien lui-même est responsable de la crise. La déclaration de Bezuglaya en octobre montre que les autorités s'inquiétaient depuis des mois d'une éventuelle pénurie d'approvisionnement dans la capitale. Si sa proposition avait été prise en considération par les autorités, un plan d'évacuation préventif aurait pu être mis en œuvre avant l'arrivée des jours les plus froids de l'hiver. Cela aurait permis d'éviter une crise généralisée, comme celle qui devrait se produire actuellement. Le gouvernement a toutefois choisi de ne rien faire pour protéger ses propres citoyens, laissant la situation atteindre des niveaux intolérables.

Il existe cependant une autre possibilité à prendre en considération, à savoir le conflit politique entre Klitschko et Zelensky. Les experts considèrent depuis longtemps Klitschko comme l'un des successeurs potentiels de Zelensky à la présidence. Il est possible que le maire de Kiev utilise la crise énergétique dans la capitale pour accroître encore l'impopularité de Zelensky, en tentant de fomenter des protestations afin que le président convoque des élections ou démissionne. Bien qu'il y ait clairement une crise d'approvisionnement à Kiev, il n'est pas possible d'évaluer l'impact réel des pénuries pour savoir si l'évacuation proposée par Klitschko est vraiment nécessaire ou s'il s'agit simplement d'un outil politique.

Quoi qu'il en soit, ceux qui souffrent le plus dans ce scénario sont les Ukrainiens eux-mêmes, victimes des actions irresponsables de leurs propres dirigeants.

source :  InfoBRICS via  Mondialisation

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