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Vue du sanctuaire et du collège de Bétharram. [Photo d'illustration]
Accablée par plus de 200 plaintes déposées par d'anciens élèves dénonçant des violences remontant jusqu'aux années 1950, l'institution catholique Notre-Dame de Bétharram, située près de Pau, va fermer ses portes. L'affaire a notamment éclaboussé François Bayrou, figure politique locale et ancien ministre de l'Éducation nationale.
« En tant que président de la Fnogec, moi je vous le dis : Bétharram va fermer ! », a lancé ce 22 janvier au micro de RTL Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique (Fnogec).
L'établissement Bétharram, par sa réputation, « éclabousse l'intégralité de l'enseignement catholique », a justifié ce père de cinq enfants, qui assure ne pas confier ses enfants « à une école - ou à n'importe quoi - pour qu'ils soient victimes d'un crime ».
« Institutionnellement, Bétharram va fermer ; opérationnellement, Bétharram doit déménager », a précisé Pierre-Vincent Guéret, après avoir évoqué les enseignants et bénévoles « qui bossent mais qui paient quotidiennement le poids d'un passé laissé par quelques criminels ».
« Je suis bénévole, comme 40 000 bénévoles d'organismes de gestion. On ne passe pas des jours et des nuits à travailler pour cautionner des criminels du présent ou du passé », a-t-il poursuivi, assurant que ces derniers « doivent payer jusqu'au bout pour les crimes qu'ils ont commis » et que « le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l'Histoire ».
Un ex-Premier ministre dans la tourmente
Après des accusations de châtiments corporels et d'agressions sexuelles dans les années 1990, l'affaire dite de Bétharram éclate à l'automne 2023, lorsque d'anciens élèves brisent le silence sur un groupe Facebook, conduisant quelques mois plus tard à l'ouverture d'une enquête.
L'affaire prend un tournant politique lorsqu'en février 2025, Mediapart révèle que le Premier ministre d'alors, François Bayrou, serait intervenu en 1996 auprès d'un juge d'instruction afin de prendre la défense de l'établissement et d'un surveillant, après la plainte d'un parent d'élève dont le fils a eu le tympan perforé par une gifle.
Une enquête qui met à mal les déclarations de François Bayrou, qui, alors ministre de l'Éducation nationale (1993-1997), assure n'avoir jamais été informé des violences commises dans l'établissement, alors même que son épouse y enseignait le catéchisme à l'époque.