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Le président américain Donald Trump
Trump a affirmé que les États-Unis obtiendraient un accès militaire illimité et gratuit au Groenland, en pleine renégociation des accords de défense entre Washington et Copenhague. Un nouvel accord pourrait accorder aux États-Unis un contrôle souverain sur certaines zones de l'île et confier à l'OTAN un rôle actif dans la protection de l'Arctique.
La situation autour du Groenland semble évoluer en faveur des États-Unis. Le président américain Donald Trump a déclaré, dans une interview accordée à Fox Business, qu'après la mise en œuvre de l'accord en cours de négociation, Washington disposerait d'un accès total à ce territoire et pourrait y déployer tout type d'équipement et d'armement.
« Essentiellement, il s'agit d'un accès total. Il n'y aura pas de fin. Il ne sera pas limité dans le temps. Nous ne faisons pas un bail de 99 ans ou de 10 ans ou quoi que ce soit d'autre [...]. Je pense que ce sera quelque chose de très bien. C'est déjà très bien perçu », a-t-il déclaré, précisant que les détails « sont négociés en ce moment ». Selon le dirigeant américain, les États-Unis pourraient obtenir cet accès gratuitement.
« En effet, je ne vais rien payer. Nous allons avoir un accès total au Groenland. Nous allons avoir tout l'accès militaire que nous voulons. Nous allons pouvoir installer ce dont nous avons besoin au Groenland, parce que nous le voulons. Il s'agit de sécurité nationale et de sécurité internationale. Donc nous n'allons rien payer, mis à part le fait que nous construisons le Dôme d'Or [...]. Ce sera Israël multiplié probablement par 100. Nous en avons besoin », a-t-il affirmé.
Souveraineté des bases et rôle accru de l'OTAN en Arctique
Ces déclarations font suite à une information de la chaîne irlandaise RTÉ, selon laquelle les États-Unis et le Danemark s'apprêteraient à revoir l'accord sur la défense du Groenland conclu en 1951. Cet accord autorisait Washington à construire des bases militaires sur l'île si l'OTAN le jugeait nécessaire.
Par ailleurs, le Telegraph, citant des sources proches du dossier, a rapporté que le futur accord pourrait permettre aux États-Unis d'exercer un contrôle souverain sur certaines bases militaires situées sur l'île. Sur le modèle de l'accord liant le Royaume-Uni à Chypre, ces installations seraient considérées comme relevant du territoire américain.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a déclaré dans une interview à Reuters qu'un tel accord impliquerait une participation plus active des pays membres de l'Alliance à la protection de l'Arctique. Il s'est dit convaincu que les États non arctiques seraient prêts à contribuer à cet effort, laissant entendre que des résultats pourraient être visibles dès le début de l'année.
Après un refus catégorique, le Danemark fait volte-face ?
Cette avancée brutale dans la situation autour du Groenland intervient au lendemain de l'annonce par Donald Trump de son intention d'« entamer immédiatement » des négociations pour l'achat du Groenland, tout en affirmant que les États-Unis n'auraient pas recours à la force militaire pour en prendre le contrôle.
Si le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a immédiatement rejeté cette perspective, la jugeant contraire aux « principes fondamentaux », l'hypothèse d'un accord renforçant la présence américaine nourrit les interrogations. Elle rejoint notamment l'analyse du représentant permanent de la Russie auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Dmitri Poliansky, selon laquelle, même en cas de prise de contrôle américaine du Groenland, les Européens « avaleraient la pilule » et finiraient par trouver « une formule » pour expliquer qu'il ne s'est rien produit de grave.