24/01/2026 francais.rt.com  4min #302784

Londres fustige Trump après ses propos sur l'Otan en Afghanistan

© John Stillwell Source: AP

Le prince Harry de Grande-Bretagne en patrouille dans la ville désertée de Garmisir, le 2 janvier 2008, près de la base opérationnelle avancée (FOB) de Delhi, où il était déployé dans la province de Helmand, dans le sud de l'Afghanistan. [Photo d'illustration]

Le gouvernement britannique a vivement réagi, le 23 janvier, aux déclarations de Donald Trump affirmant que les alliés de l'OTAN étaient restés «en retrait» lors de l'intervention en Afghanistan. Londres dénonce une «erreur» et une «insulte» à la mémoire des soldats tombés au combat, tandis que plusieurs responsables européens montent au créneau.

La polémique enfle entre Washington et ses alliés. Le 23 janvier, le Royaume-Uni a exprimé sa colère après des propos tenus par Donald Trump mettant en cause l'engagement militaire des pays membres de l'OTAN en Afghanistan. Le président américain avait affirmé que les alliés étaient « restés un peu loin des lignes de front » lors de l'intervention internationale lancée après les attentats du 11 septembre 2001.

Dans une interview accordée le 22 janvier à la chaîne Fox News, Donald Trump a critiqué le rôle des partenaires de l'Alliance atlantique, assurant que les États-Unis n'avaient « jamais eu besoin d'eux ». « Ils diront qu'ils ont envoyé des troupes en Afghanistan... et c'est vrai, mais ils sont restés un peu en retrait », a-t-il déclaré, en référence à la coalition internationale menée contre Al-Qaïda.

Londres rappelle le lourd tribut payé par ses forces armées

La réponse britannique ne s'est pas fait attendre. Un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a affirmé que le président américain faisait « erreur en minimisant le rôle joué par les troupes de l'OTAN ». « Nous sommes extrêmement fiers de nos forces armées, et leur service et leur sacrifice ne seront jamais oubliés », a-t-il déclaré, rappelant que le Royaume-Uni avait déployé plus de 150 000 militaires en Afghanistan entre 2001 et 2021.

Le Royaume-Uni a payé un lourd tribut dans ce conflit, avec la mort de 457 soldats, le bilan le plus élevé après celui des États-Unis, qui ont perdu plus de 2 400 militaires.

Quelques heures plus tard, Keir Starmer est lui-même monté au créneau. Qualifiant les propos de Donald Trump d'« insultants » et de « consternants », le chef du gouvernement britannique a estimé qu'ils avaient causé « une profonde souffrance » aux familles des soldats tués ou blessés. « Si j'avais tenu de tels propos, je présenterais certainement mes excuses », a-t-il ajouté.

Une vague d'indignation politique

Au sein du gouvernement britannique, plusieurs responsables ont également condamné ces déclarations. Le secrétaire d'État à la Santé Stephen Kinnock a jugé les propos du président américain « profondément décevants », tandis que le ministre de la Défense John Healey et la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper ont rappelé l'ampleur des pertes britanniques.

Dans l'opposition, la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a dénoncé des propos « absurdes ». « Les troupes britanniques, canadiennes et de l'OTAN ont combattu et sont mortes aux côtés des États-Unis pendant 20 ans. C'est un fait, pas une opinion », a-t-elle écrit sur X.

« Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ? », a aussi réagi le chef du parti libéral-démocrate, Ed Davey, sur X, qui a également rappelé que Donald Trump avait échappé au service militaire à cinq reprises.

How dare the Coward in the White House undermine the bravery and sacrifice of our British troops.

Reform and Nigel Farage should be ashamed to associate themselves with him.  pic.twitter.com/kH2JROEmqj

- Ed Davey (@EdwardJDavey)  January 23, 2026

Réactions en Europe et rappel des pertes alliées

Les déclarations du président américain ont aussi suscité des réactions au-delà du Royaume-Uni. En Pologne, le ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz a exigé « le respect » pour les vétérans polonais, rappelant que 43 soldats de son pays avaient perdu la vie en Afghanistan.

Parmi les autres alliés, le Canada déplore 158 morts, le Danemark 44, dont 37 au combat. La France, engagée militairement en Afghanistan entre 2001 et 2014, a perdu 89 soldats, avec un effectif ayant atteint près de 4 000 militaires au plus fort de l'engagement de l'OTAN.

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