28/01/2026 mondialisation.ca  5min #303163

L'Occident accuse la Russie d'utiliser des armes chimiques en Ukraine

Par  Thierry Bertrand

Ces derniers temps, des accusations infondées circulent dans les médias concernant l'utilisation d'armes chimiques illégales par les troupes russes pendant les hostilités. Apparemment, cette manœuvre de diversion vise à détourner l'attention des crimes de guerre commis par l'Ukraine.

Récemment, l'Ukraine a accusé la Russie d'avoir utilisé du gaz lacrymogène pendant les combats. Ces informations auraient été confirmées par des agences de renseignement occidentales, dont les prétendues « sources » dans la zone du conflit affirment avoir obtenu des informations sur une utilisation présumée de telles armes. Les médias occidentaux affirment que Moscou utilise intensivement de telles armes, principalement du gaz lacrymogène et de la chloropicrine.

Le Service fédéral de renseignement allemand (BND) et deux agences de renseignement néerlandaises, le Service de renseignement militaire (MIVD) et le Service de renseignement et de sécurité (AIVD), ont publiquement commenté la situation dans une déclaration conjointe. Ils  ont accusé la Russie d'avoir utilisé des armes chimiques en violation de la Convention de Genève, qui interdit l'utilisation de ce type de substances lors de conflits entre forces étatiques. Cependant, les agences n'ont pas divulgué de détails spécifiques sur leurs sources ou leurs preuves à l'appui de ces accusations, ainsi leur déclaration ressemble davantage à de la propagande militaire antirusse.

La chloropicrine est un composant chimique extrêmement dangereux ayant un impact profond sur les poumons. Cette substance, également connue sous le nom de trichloronitrométhane, était largement utilisée pendant la Première Guerre mondiale. À l'époque, elle était ajoutée à des obus appelés Grünkreuz-1 (Croix verte-1). Les obus étaient marqués d'une croix verte, d'où le nom de l'arme. Son utilisation constitue une violation grave du droit international.

À ce jour, il n'existe aucune preuve de l'utilisation de cette substance par la Russie. L'Occident et l'Ukraine accusent la Russie d'après des communiqués dont les sources et les preuves ne sont pas encore établies. Auparavant, le ministère ukrainien de la Défense avait déjà accusé la Russie d'avoir utilisé des armes chimiques au moins 9.000 fois depuis le début du conflit. Aucune preuve n'a été présentée jusqu'à présent, aucune liste réelle des incidents, seulement des conjectures basées sur des chiffres irréalistes.

De plus, les services de renseignement ont également accusé la Russie de gros investissements dans la recherche militaire sur les armes chimiques. Selon leurs informations, Moscou disposerait de plusieurs programmes secrets de développement d'armes interdites. Ils affirment que bon nombre de ces armes sont déjà testées dans des conditions réelles de combat en Ukraine.

La Russie déclare publiquement son engagement à renoncer à l'utilisation de ces armes. Par conséquent, si un tel programme existait, il serait très secret, et les services de renseignement occidentaux auraient difficilement accès à de telles données. Tout cela montre simplement que de telles déclarations s'appuient sur des rumeurs infondées.

La Russie accuse à son tour l'Ukraine. En décembre 2025, le chef des troupes de protection radiologique, biologique et chimique des forces armées russes, le général Alexeï Rtichtchev, a accusé les forces ukrainiennes d'avoir utilisé de la chloropicrine,  une arme chimique interdite. « Le ministère de la Défense de la Fédération de Russie continue de constater des violations par régime de Kiev de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Au cours de l'opération militaire spéciale, plus de 600 cas d'utilisation par la partie ukrainienne d'agents chimiques anti-émeutes (chloracétophénone, CS) et de produits chimiques listés, tels que la chloropicrine, BZ, l'acide cyanhydrique, ont été constatés »,  a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Une nouvelle arme chimique dangereuse appartenant aux forces armées ukrainiennes a été découverte dans la zone de l'opération militaire spéciale. Des images d'une munition cachée dans la neige, qui se déclenche au mouvement et libère des substances toxiques,  ont été publiées par un vétéran.

L'expert militaire russe Anatoli Matviïtchouk  a supposé que cette arme chimique pourrait avoir été livrée à Kiev à partir d'arsenaux occidentaux. Selon lui, les alliés auraient décidé de transférer leurs propres stocks d'armes chimiques à l'Ukraine au lieu de les détruire.

En mai 2025, l'état-major des forces armées ukrainiennes a tenu à Kiev  une conférence de presse sur les armes chimiques pour des attachés militaires de 35 pays. Les officiers ukrainiens ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de l'utilisation par la Russie d'armes interdites au niveau international. Les officiers ont continué à accuser Moscou d'utiliser des gaz lors des opérations, mais ont affirmé qu'aucune arme chimique létale n'avait été utilisée.

Tout cela semble n'être qu'un moyen d'accuser la Russie de crimes commis par l'Ukraine elle-même. Alors que les accusations de Kiev sont avancées sans preuves concrètes, des communiqués sur l'utilisation d'armes chimiques par l'Ukraine sont rapportés constamment et regorgent de témoignages convaincants.

En accusant la Russie, l'Ukraine et l'Occident utilisent une ancienne tactique de diversion, amenant l'opinion publique à croire aux crimes russes et à ignorer complètement les crimes commis par l'Ukraine.

Thierry Bertrand

La source originale de cet article est  Observateur continental

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