
© Département de la Justice des États-Unis
Jack Lang en compagnie de Jeffrey Epstein, au Louvre à Paris. [Photo d'illustration]
Le parquet national financier a indiqué le 6 février au Figaro avoir ouvert à l'encontre de l'ancien ministre de la Culture Jack Lang ainsi que de sa fille Caroline une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée» à la suite des récentes publications concernant l'affaire Epstein.
L'étau semble se resserrer autour de Jack Lang, ainsi que de sa fille, sur fond d'affaire Epstein. Dans la soirée du 6 février, Le Figaro a révélé que le parquet national financier (PNF) ouvrait une enquête préliminaire contre l'ancien ministre français de la Culture et sa fille Caroline pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Une information qu'est venue confirmer l'AFP.
En cause : l'apparition de Caroline Lang sur un testament financier du milliardaire déchu américain, rédigé deux jours avant sa mort et indiquant qu'elle devait recevoir 5 millions de dollars. « Elle a aussi fondé en 2016 avec le financier américain et possédait avec son père une société offshore dans les îles Vierges », souligne le quotidien français. Des informations qu'avait fait remonter Mediapart dans un article paru le 2 février, dans la foulée de la publication par le département de la Justice (DoJ) de millions de documents en lien avec l'affaire Epstein.
Jack Lang, 86 ans, ex-ministre de la Culture de François Mitterrand et président de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris apparaît plus de 600 fois dans ces documents. Le nom de sa fille Caroline, elle, y apparaît plus de 900 fois.
Depuis cet épinglage par la presse française, Caroline Lang s'est exprimée sur ses liens avec Epstein auprès de différents médias nationaux. Dans ces interviews, elle assure avoir rencontré le milliardaire et prédateur sexuel américain « en 2012 » par le biais de Woody Allen et de sa femme (et fille adoptive) Soon-Yi et « de fil en aiguille nous avons développé des relations que je peux qualifier d'amicales », ajoutant qu'Epstein « n'a jamais été un de mes proches ».
« Je ne crains rien, je me sens blanc comme neige », estime Jack Lang
« Les administrateurs de monsieur Epstein m'ont créé une société aux îles Vierges », s'est-elle défendue auprès de France Info, après avoir évoqué le « fonds » également créé par l'entourage du pédocriminel afin d'« aider de jeunes artistes ». « C'est lui qui l'a entièrement financé car moi je n'avais pas de fonds, je n'avais pas d'argent », a insisté celle qui était alors à la tête de Warner Bros Television France.
Une ligne de défense, en somme, assez similaire à celle adoptée par son père qui plaide la « naïveté » alors que les appels à ce qu'il quitte la présidence de l'IMA se multiplient. « Je ne crains rien, je me sens blanc comme neige », déclarait Jack Lang le 2 février. Avant d'insister : « Je ne me sens pas du tout dans la tourmente. » Celui-ci est attendu le 8 février au Quai d'Orsay, où il a été convoqué afin de s'expliquer sur ses liens avec Epstein, dans cette affaire qui - comme titre Valeurs Actuelles - envoie un clou dans le cercueil de la bonne morale occidentale.