
par AAFC
Jugé pour sa tentative de coup d'État en tentant de proclamer la loi martiale en décembre 2024, l'ancien président de la République de Corée (RdC) Yoon Seok-yeol a été condamné le 19 février 2026 à la prison à perpétuité, alors que la peine de mort était requise. Cette lourde condamnation s'ajoute à celles prononcées contre d'autres dirigeants conservateurs alors au pouvoir à Séoul - notamment l'ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun (30 ans) et Han Duck-soo (23 ans), Premier ministre au moment des faits, et qui avait exercé les fonctions de chef de l'État par intérim (Yoon ayant été destitué) avant de faire lui-même l'objet d'une motion de censure.

Alors que ses partisans agitaient des drapeaux sud-coréens et américains à l'extérieur du tribunal et que certains fondaient en larmes, Yoon est resté impassible à l'annonce du verdict. A-t-il pensé à l'ironie du sort qui l'a conduit, lui l'ancien procureur ayant dirigé l'enquête pour corruption à l'encontre de la présidente Park Geun-hye et de Choe Soon-sil, de se retrouver condamné à une peine encore plus lourde pour des faits bien plus graves - l'insurrection, laquelle constitue un crime contre l'État ? Son rôle dans la procédure à l'encontre de la présidente Park avait été un tremplin pour sa carrière, lui permettant d'accéder au poste de procureur général en 2019, avant qu'il ne devienne le candidat à l'élection présidentielle du parti conservateur - celui de Park Geun-hye - et accède ainsi à la magistrature suprême.
L'absence totale de remords de Yoon, qui maintient qu'il n'aurait fait que lutter contre la subversion communiste, a joué dans sa condamnation à une très lourde peine - la plus lourde parmi l'ensemble des co-accusés. Mais alors que la RdC a aboli de fait la peine de mort depuis 1997, il a échappé à la peine capitale au regard de son amateurisme dans sa tentative rapidement avortée d'imposer la loi martiale, laquelle n'a pas fait de morts, selon la décision rendue qui estime, par ailleurs, qu'il a tenté de limiter l'usage de la force.
Au regard des précédents de chefs d'État condamnés en Corée du Sud, il est toutefois probable qu'il bénéficiera, à son tour, d'une grâce présidentielle.
source : Association d'amitié franco-coréenne