23/02/2026 2 articles francais.rt.com  4min #305734

 Orbán qualifie l'Ukraine d'ennemie de la Hongrie

Sanctions antirusses : la Hongrie dénonce la « Commission ukrainienne », comparée à « un maigre qui essaie de se muscler les biceps »

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Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères

L'Union européenne a prolongé une partie de ses sanctions contre Moscou jusqu'en 2027, mais le 20e paquet reste bloqué. La Hongrie oppose son veto, invoquant l'arrêt des livraisons via l'oléoduc Droujba. Péter Szijjártó accuse Bruxelles d'agir comme une "Commission ukrainienne", au détriment des États membres du bloc.

Le 23 février, l'Union européenne a prolongé jusqu'au 24 février 2027 une partie des sanctions contre la Russie. Selon la  décision du Conseil de l'UE, il s'agit d'interdire aux pays et aux entreprises de l'Union européenne tout contact économique ou autre avec les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. En outre, l'Union européenne a imposé des sanctions à l'encontre de huit personnes physiques, à savoir des membres des forces de sécurité russes et des employés du système judiciaire et pénitentiaire.

Ce jour-là, les pays européens devaient discuter du projet de 20e paquet de sanctions, mais ce processus n'a pas abouti. Même le chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a reconnu avant la réunion qu'il n'y aurait "aucun progrès" sur ce sujet. Cela est dû au refus de la Hongrie de soutenir cette initiative en raison de la situation non résolue concernant l'oléoduc Droujba, par lequel Kiev a cessé d'acheminer du pétrole russe. L'Ukraine ne souhaite pas non plus reprendre les livraisons. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a commenté la situation en affirmant que Budapest ne soutiendrait pas le 20e paquet de sanctions contre la Russie "parce que l'Ukraine a décidé de ne pas reprendre les livraisons de pétrole vers la Hongrie, mettant ainsi en danger notre sécurité énergétique".

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"Personne n'a le droit de compromettre notre sécurité énergétique, car il s'agit d'une question de souveraineté nationale. L'oléoduc Droujba n'a été la cible d'aucune attaque russe. Il n'a subi aucun dommage et, à ce jour, rien ne s'oppose matériellement à la reprise des livraisons", a-t-il noté, ajoutant que la décision de Kiev était "purement politique" et constituait un "véritable chantage visant à contraindre la Hongrie à modifier sa position sur l'Ukraine, sur son adhésion à l'Union européenne et sur l'ensemble de ces questions". Outre le 20e paquet de sanctions, la Hongrie a bloqué, pour la même raison, l'octroi à l'Ukraine d'un "crédit militaire" de 90 milliards d'euros.

La Commission européenne ressemble de plus en plus à la "Commission ukrainienne", estime Szijjártó

Péter Szijjártó a également critiqué la position de la Commission européenne sur ce sujet. "Pour être franc, il est extrêmement frustrant de constater qu'ici, à Bruxelles, on prend le plus souvent le parti d'un État non membre de l'Union européenne contre des États membres", a-t-il souligné.

Le chef de la diplomatie hongroise a souligné que la situation dans laquelle l'UE tente de faire passer certaines décisions, mais n'y parvient pas à cause de la Hongrie, ressemble à "un maigre qui essaie de se muscler les biceps". "La Commission européenne donne parfois l'impression d'agir comme une"Commission ukrainienne". Et cela, à mes yeux, est inacceptable", a-t-il déclaré.

La Hongrie avait prévenu à l'avance qu'elle opposerait son veto à l'adoption de sanctions antirusses et à l'octroi d'un crédit à Kiev en raison de l'arrêt par l'Ukraine du transit de pétrole russe via l'oléoduc Droujba. Le gouvernement du pays a déclaré qu'il n'accepterait aucune décision de l'Union européenne en faveur de l'Ukraine tant que les matières premières russes ne seraient pas acheminées de nouveau vers les raffineries hongroises. Les livraisons ont également cessé vers la Slovaquie, ce à quoi Bratislava a réagi en menaçant de  suspendre ses exportations d'électricité vers l'Ukraine. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a quant à lui accusé Kiev de  faire chanter Budapest pour avoir refusé de soutenir l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.

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