25/02/2026 mondialisation.ca  7min #305851

 L'Iran privilégie la diplomatie tout en se tenant prêt à toute agression (ministre des A.e.)

Les premiers signes avant-coureurs d'une attaque américaine sur l'Iran

Par  Larry Johnson

Je vous prie de m'excuser. J'aurais dû le signaler la semaine dernière. S'il est vrai que Donald Trump a déployé la plus grande flotte d'avions de combat américains en Asie occidentale/au Moyen-Orient depuis George W. Bush au début de l'année 2003, deux autres indicateurs clés signalant une attaque imminente ne se sont pas encore manifestés, à savoir les NOTAM (avis aux aviateurs) et les ambassades américaines ordonnant à certains ou à tous leurs employés de quitter le pays. Au 23 février, seule l'ambassade américaine à Beyrouth a ordonné à ses employés non essentiels de quitter le pays, tandis que les ambassades américaines dans les États du Golfe n'ont pris aucune mesure.

Les NOTAM (Notices to Air Missions) sont des documents opérationnels en temps réel, constamment mis à jour, publiés par les autorités aéronautiques. Voici un résumé de la situation actuelle en matière de NOTAM/alertes aériennes pour la région iranienne, sur la base des informations les plus récentes disponibles :

EASA CZIB 2026-02 R1 (publié le 16 janvier 2026, valable jusqu'au 31 mars 2026) : Les opérateurs ne doivent pas voler dans la FIR [Ndt : région d'information de vol] de Téhéran en Iran, quelle que soit l'altitude. L'AESA invoque le risque d'une action militaire américaine qui placerait les défenses aériennes iraniennes en état d'alerte renforcée, avec un risque accru d'erreur d'identification. La présence d'un large éventail d'armes et de systèmes de défense aérienne, combinée à des réactions imprévisibles de l'État et à l'activation possible de SAM, crée un risque élevé à toutes les altitudes.

Allemagne NOTAM B0082/26 (émis le 10 février 2026, valable jusqu'au 10 mars 2026) : il est recommandé aux opérateurs allemands de ne pas entrer dans la FIR de Téhéran en raison de la situation dangereuse et du risque potentiel d'escalade du conflit et d'utilisation d'armes anti-aériennes.

États-Unis SFAR 117 (valable jusqu'au 31 octobre 2027) : Toutes les compagnies aériennes américaines, les exploitants commerciaux et les titulaires de certificats de la FAA ne sont pas autorisés à survoler la FIR de Téhéran en raison du risque d'erreur d'identification et d'activités militaires non annoncées.

NOTAM E2877/25 de l'Italie (valable jusqu'au 15 mars 2026) : il est conseillé aux transporteurs italiens de procéder à des évaluations des risques rigoureuses et d'élaborer des plans d'urgence pour toute opération dans la FIR de Téhéran.

UK AIP ENR 1.1 : Mise en garde permanente pour les opérateurs britanniques.

Canada AIC 21/25 : Avertissement permanent remontant à la destruction en janvier 2020 du vol 752 d'Ukraine International Airlines.

Comme vous pouvez le constater, l'Allemagne est le seul pays à conseiller, et non à INTERDIRE, aux opérateurs allemands de se tenir à l'écart de Téhéran.

Le nombre limité d'ambassades ayant réduit leur personnel non essentiel, associé au nombre restreint de NOTAM, rend peu probable une attaque imminente des États-Unis.

Donald Trump s'est lui-même mis dans une impasse. Steve Witkoff nous a donné un aperçu surprenant de la pensée de Trump. Dans son interview du 21 février 2026 sur Fox News, dans l'émission My View with Lara Trump, Witkoff a déclaré à propos du président Trump :

"Je n'utiliserai pas le terme"frustré", car il comprend qu'il dispose de nombreuses alternatives, mais il se demande pourquoi ils n'ont pas Je ne veux pas non plus employer le mot"capitulé", mais pourquoi ils n'ont pas cédé. Pourquoi, sous cette pression, avec la puissance navale dont nous disposons là-bas, ne sont-ils pas venus nous voir pour nous dire : 'Nous déclarons que nous ne souhaitons pas d'arme nucléaire, voici ce que nous sommes prêts à faire' ?"

Trump croyait naïvement, d'après les propos de Witkoff, que le déploiement massif de moyens aériens américains en Jordanie et en Arabie saoudite, associé au retrait d'une partie des troupes américaines des bases situées dans et autour du golfe Persique, effraierait l'Iran et l'inciterait à faire des concessions et à se montrer plus accommodant dans les négociations. Cela n'a pas fonctionné. L'effet a même été inverse. L'Iran s'est employé à fortifier ses installations clés, à déployer des moyens de défense aérienne supplémentaires fournis par la Russie et la Chine, à disperser ses capacités de lanceurs de missiles et à désigner des remplaçants au cas où ses principaux dirigeants seraient éliminés.

Trump s'est engagé dans une voie intenable et dangereuse. Quatre scénarios/options me semblent possibles :

  1. Trump autorise Steve Witkoff à conclure un accord avec l'Iran équivalent au JCPOA-lite, c'est-à-dire que l'Iran accepte des inspections destinées à vérifier qu'il ne développe pas de programme nucléaire militaire et accepte certaines limites en matière d'enrichissement d'uranium. Trump pourrait alors crier victoire et commencer à rapatrier ses avions de combat. Concrètement, il accepterait l'accord qu'il a rompu en 2018.
  2. Maintenir les forces américaines en place et en état d'alerte, mais retarder indéfiniment toute action militaire tout en poursuivant des négociations sans issue.
  3. Lancer une frappe ciblée.
  4. Lancer une attaque à grande échelle.

Le problème avec l'option 3 est que l'Iran la traitera comme s'il s'agissait de l'option 4, c'est-à-dire que l'Iran attaquerait, comme annoncé, toutes les bases américaines de la région. Cela contraindrait probablement Trump à intensifier son intervention militaire et à s'enliser dans une guerre d'usure.

Selon un article publié lundi soir dans le Washington Post, le chef d'état-major interarmées de Trump, Dan Caine, semble conscient du danger auquel s'exposent les États-Unis s'ils choisissent l'une des options militaires :

"Alors que l'administration Trump envisage une attaque contre l'Iran, le général en chef du Pentagone a averti le président Donald Trump et d'autres responsables que les pénuries de munitions essentielles et l'absence de soutien des alliés augmenteraient considérablement les risques pour l'opération et le personnel américain, selon des personnes proches des discussions internes...

"Toute opération majeure contre l'Iran sera synonyme de complications, car les stocks de munitions américains ont été considérablement réduits par le soutien continu de Washington à Israël et à l'Ukraine....

"Après la publication de cet article, Trump a  publié un message sur les réseaux sociaux affirmant qu'il est"100 % faux"que Caine soit 'opposé à une guerre contre l'Iran'. Trump a déclaré que le général n'est pas favorable à une confrontation militaire avec l'Iran, mais que si cela devait arriver, 'il estime que ce serait une victoire facile'. Les personnes qui se sont entretenues avec le Post sur la position de Caine contredisent directement les propos optimistes de Trump".

Caine semble au moins saisir toute l'ampleur des risques auxquels s'expose l'administration Trump si le président autorise une attaque contre l'Iran. Que des personnes proches de Caine aient confié cette information au Washington Post montre que certains hauts gradés de l'armée savent qu'entrer en guerre avec l'Iran pourrait se solder par un véritable cauchemar. S'ils doivent en subir les conséquences, ils veulent qu'on sache que Trump a été averti de ne pas franchir cette ligne rouge.

La frontière entre la guerre et la paix ne tient qu'à un fil. Donald Trump acceptera-t-il l'accord que l'Iran est prêt à conclure, qui garantit formellement que l'Iran ne développera pas de bombe nucléaire ? S'il accepte l'accord, il n'y aura pas de guerre. S'il le refuse, la guerre est inévitable. Les États-Unis ne sont pas prêts pour une telle guerre, mais l'Iran, si. Le choix revient entièrement à Donald Trump

Nima et moi avons passé la majeure partie de notre heure de conversations à parler de l'Iran et de son évaluation selon laquelle l'ayatollah bénéficie d'un soutien bien plus fort que ce que l'Occident est prêt à reconnaître.

Larry Johnson

Article original en anglais :  The Key Indicators that the US is Going to Attack Iran, Son of the New American Revolution, le 24 février 2026.

Via Spirit of Free Speech

La source originale de cet article est  Son of the New American Revolution

Copyright ©  Larry Johnson,  Son of the New American Revolution, 2026

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