
© Agence nigérienne de presse
Conseil consultatif pour la refondation (CCR), Niger
Le Conseil consultatif de la Refondation (CCR) a vivement réagi à la résolution adoptée le 12 mars dernier par le Parlement européen et exprime sa "profonde indignation" face à ce qui est qualifié "d'ingérence inadmissible" dans les affaires intérieures du Niger.
Dans une déclaration publiée le 17 mars, le Conseil consultatif pour la refondation (CCR), qui assume le rôle d'un parlement de transition, mais sans en avoir les prérogatives législatives, a fermement dénoncé le caractère "sélectif et partial" de la résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen, "alors que de graves crises secouent d'autres régions du monde". Les eurodéputés avaient exigé, en effet, la libération immédiate du président déchu Mohamed Bazoum et de son épouse, détenus au complexe présidentiel depuis le coup d'État qui a renversé son régime, le 26 juillet 2023, selon la presse nigérienne.
La déclaration, lue par le rapporteur général du CCR, Abdou Moustapha en présence du président de l'institution Dr Mamoudou Djingarey et des membres du Bureau, a indiqué que la posture européenne n'était pas surprenante dans la mesure où elle dénote "une fois de plus la volonté persistante de certaines puissances de maintenir leur influence sur les États africains, en particulier ceux du Sahel, au mépris de leur souveraineté et dans une logique d'intérêt stratégique liés notamment à leurs ressources".
Posture européenne fustigée
Accusant le Parlement européen de "s'immiscer délibérément dans les affaires intérieures du Niger", le CCR a pointé des "objectifs inavoués" et "une approche à géométrie variable du respect du droit international". Quant à l'ancien président Mohamed Bazoum, il est qualifié d'"allié privilégié" d'acteurs extérieurs au détriment du peuple et de la souveraineté du Niger, "une posture à la fois hypothétique, illusoire et profondément insensée, qui traduit une méconnaissance flagrante des réalités actuelles du Niger", a fustigé le CCR.
"Ingérence inadmissible"
Condamnant "avec la plus grande fermeté" la résolution européenne, le CCR l'a considérée comme "une ingérence inadmissible dans une affaire relevant exclusivement de la souveraineté judiciaire et nationale du Niger". L'institution a aussi invité les eurodéputés "à faire preuve de responsabilité et de discernement, en se consacrant prioritairement aux défis majeurs qui affectent leur propre espace, plutôt que de s'ériger en arbitres des décisions souveraines d'un peuple libre et digne".
Pour rappel, l'eurodéputé français à l'initiative de la résolution, Christophe Gomart du groupe Parti populaire européen (PPE, centre droit), a déposé ce texte à l'occasion de la fin du mandat de l'ancien président Mohamed Bazoum, qui devrait théoriquement prendre fin le 2 avril prochain. Outre la protestation du gouvernement contre l'adoption de la résolution, qui a convoqué la chargée d'affaires de l'UE au Niger, plusieurs institutions, syndicats et autres associations civiles ont soutenu la position gouvernementale.