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Une cour de récréation. [Photo d'illustration]
Le collectif SOS Périscolaire, qui centralise depuis 2021 les témoignages de maltraitances et d'agressions sexuelles dans les activités périscolaires, a été reçu le 16 mars à l'Élysée par des conseillers d'Emmanuel Macron puis par le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
La double audience d'un collectif de défense des enfants qui s'est tenue à l'Élysée le 16 mars marque une prise de conscience institutionnelle inédite sur un secteur longtemps qualifié d'"angle mort" des violences faites aux enfants. En pleine campagne municipale, le collectif SOS Périscolaire réclame des "mesures nationales fortes" face à la série d'affaires qui touche des dizaines d'écoles parisiennes, dans un contexte français marqué par plusieurs affaires impliquant les "élites" du pays.
Élisabeth Guthmann et Anne, cofondatrices du collectif, sont sorties satisfaites de l'Élysée. "Le rendez-vous a été très positif, nos dossiers ont été étudiés, une réunion de travail concrète va avoir lieu", a déclaré Élisabeth Guthmann. Elles ont ensuite été reçues rue de Grenelle par le ministre de l'Éducation nationale.
Depuis le printemps 2025, 46 animateurs ont été suspendus dans une dizaine d'écoles parisiennes, dont 20 pour faits à caractère sexuel. Les établissements touchés s'accumulent : maternelles Alphonse-Baudin, Bullourde et Parmentier (11e), Reuilly (12e), Saint-Dominique (7e) avec neuf suspensions, Volontaires (15e) où un animateur exfiltré de Saint-Dominique est visé par trois plaintes pour viol, dont celle d'un enfant de trois ans, Rochechouart (9e), Boulard (14e) avec trois agents mis en cause pour viols présumés.
Un "far west" qui nécessite une reprise en main nationale
Le collectif dénonce un recrutement précaire, l'absence de contrôles uniformes et le "mur du silence" administratif, alors que les autorités avaient déjà été alertées en décembre 2025. "Globalement, en province, c'est le far West", résume Anne, qui dénonce aussi les disparités entre petites communes exemplaires et grandes villes dysfonctionnelles.
SOS Périscolaire demande une commission indépendante sur le modèle de la Ciivise, la reprofessionnalisation du métier d'animateur, des critères de recrutement stricts et un processus de signalement national unique. Il espère que, passée la "réserve électorale" des municipales entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, l'État imposera enfin des règles contraignantes aux municipalités. Rachida Dati s'est d'ailleurs emparée du sujet, affirmant que si elle est élue, elle recrutera "des animateurs de périscolaire diplômés de l'État".
La candidate LR à la mairie de Paris et ancienne ministre de la Culture Rachida Dati revient sur la protection de l'enfance : "Je recruterais des animateurs de périscolaire diplômés de l'Etat" dans #LaGrandeInterviewToute l'info est à retrouver sur t.co pic.twitter.com/UYGe2vMM93
- CNEWS (@CNEWS) March 18, 2026
Nouveau sujet de l'entre-deux-tours des élections municipales à Paris et enjeu national, la question de la maltraitance dans le périscolaire pourrait revenir au cœur de l'actualité parlementaire dès la fin du mois de mars.