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Le président serbe, Aleksandar Vucic.
Rivalités pour les ressources, formation de blocs et enchaînement des conflits régionaux nourrissent, selon Aleksandar Vucic, une dynamique dangereuse. Le président serbe estime qu'une troisième guerre mondiale pourrait déjà avoir commencé et qu'il sera difficile d'en éviter l'escalade.
Dans un entretien accordé au Berliner Zeitung, le président serbe Aleksandar Vucic a estimé qu'il serait difficile d'empêcher une troisième guerre mondiale, qu'il considère comme possiblement déjà engagée sous des formes indirectes.
Selon lui, les rivalités pour les ressources stratégiques - pétrole, gaz, minerais et métaux rares - constituent un moteur central des tensions actuelles. Il a rappelé que les deux guerres mondiales avaient émergé de conflits régionaux avant de s'étendre à l'échelle globale. Ce schéma, à ses yeux, semble se reproduire aujourd'hui : des foyers de crise localisés s'accompagnent progressivement de la formation de blocs politiques et militaires plus larges, susceptibles d'entrer en confrontation directe.
Le président serbe a également souligné que, même si une escalade généralisée pourrait encore être évitée, aucune solution simple ne se dessine. La diversité et la profondeur des intérêts des grandes puissances rendent tout compromis difficile, chaque acteur étant peu enclin à céder sur des enjeux qu'il juge essentiels.
Dans ce contexte, Aleksandar Vucic a évoqué les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, qu'il considère comme porteurs d'un risque d'extension. Selon lui, ces crises pourraient "presque inévitablement" en engendrer de nouvelles.
En outre, il a également estimé que la résistance de l'Iran face aux actions des États-Unis envoyait un message à d'autres États, à savoir qu'il était possible de tenir tête à des puissances qui semblaient, sur le papier, bien supérieures.
Aleksandar Vucic a déjà tenu par le passé ce type de discours. Dès novembre 2023, le président serbe affirmait que la situation internationale présentait de nombreuses similitudes avec celles qui avaient précédé les guerres mondiales. En octobre 2025, il déclarait que les États ne se préparaient plus à négocier, mais "creusaient des tranchées en attendant le début" de la guerre. Plus tard la même année, il estimait que tous les pays se préparaient à un affrontement entre l'Europe et la Russie. En mars 2026, il a de nouveau souligné que le monde entrait dans une ère de nouveaux conflits, liée à des "changements tectoniques dans les esprits".