Un journal britannique a rapporté que 70 citoyens britanniques ont été arrêtés aux Émirats arabes unis pour avoir enregistré ou même reçu des images d'attaques de drones et de missiles iraniens ; des accusations passibles de 10 ans de prison et de lourdes amendes.
Selon le rapport, des citoyens britanniques, dont des touristes, des travailleurs étrangers et des membres d'équipage, ont été détenus dans des villes comme Dubaï et Abou Dabi. Certains ont été détenus dans des centres de détention surpeuplés et, dans certains cas, privés de sommeil, de nourriture et de médicaments.
Ces arrestations ont eu lieu alors que la République islamique d'Iran a riposté avec force à l'agression du régime sioniste et des États-Unis le 28 février, en ciblant des positions américaines dans la région, notamment aux Émirats arabes unis, par des frappes de missiles qui ont causé d'importants dégâts. Cependant, les pays de la région, ainsi que le régime sioniste, tentent de dissimuler les dégâts subis lors de ces attaques en promulguant des lois strictes.
Le journal a rapporté que ces arrestations ont été effectuées dans le cadre de lois strictes formulées dans le but de maintenir la "sécurité et la stabilité nationales". Toutefois, les critiques affirment que ces mesures visent davantage à préserver l'image internationale des Émirats arabes unis comme destination sûre et luxueuse qu'à garantir la sécurité.
Selon la loi des Émirats arabes unis, même la simple réception d'une photo des dégâts peut être considérée comme un délit. Cela a entraîné une augmentation du nombre d'arrestations et, selon les organisations de défense des droits humains, le système judiciaire est soumis à une forte pression en raison du volume d'affaires ; certains détenus restent en détention pendant des mois sans être inculpés.
Refus de services consulaires et pressions pour obtenir des aveux
Des organisations de défense des droits humains ont signalé que certains détenus ont été contraints de signer des documents en arabe sans en comprendre pleinement le contenu. L'accès aux représentants consulaires britanniques a également été limité, voire totalement interrompu dans certains cas. Selon des sources officielles, seul un nombre limité de détenus a bénéficié d'une protection consulaire, et certains ont même été conseillés de ne pas contacter l'ambassade afin d'éviter de prolonger la procédure.
Radha Stirling, directrice de l'association "Détenus à Dubaï", a déclaré : "Des citoyens britanniques sont détenus dans des conditions inadéquates, privés de médicaments et contraints d'avouer sans la présence d'un avocat. Il s'agit d'un grave manquement à leur obligation de protection."
D'après le rapport, parmi les détenus figure un steward londonien travaillant pour Flydubai. Il aurait été arrêté après avoir filmé le crash d'un drone iranien près de l'aéroport de Dubaï et envoyé la vidéo à ses collègues.
Un avocat britannique résidant aux Émirats arabes unis et un touriste de 60 ans, arrêté avec 20 autres personnes pour possession de vidéos de missiles iraniens sur leurs téléphones portables, figurent également parmi les personnes interpellées. Bien qu'il ait supprimé les vidéos, le touriste risque désormais jusqu'à deux ans de prison et une amende pouvant atteindre 40 000 livres sterling.
Selon le rapport, des SMS en arabe et en anglais sont envoyés aux résidents simultanément aux attaques, les avertissant des conséquences de la prise de photos ou de la publication d'informations.
La police est également présente sur les lieux et contrôle les téléphones portables ; toute personne en possession d'images pertinentes ou ayant reçu de tels contenus via des applications de messagerie comme WhatsApp s'expose à une arrestation.
Avant le début du conflit, plus de 240 000 ressortissants britanniques vivaient à Dubaï, mais selon certaines informations, environ la moitié d'entre eux ont quitté le pays face à l'intensification des attaques iraniennes.
L'ambassade des Émirats arabes unis à Londres a également souligné que les citoyens ont été mis en garde contre la prise de photos ou la publication d'images des lieux de l'incident, car la diffusion de tels contenus pourrait "créer la panique au sein de la population et donner une image erronée de la situation dans le pays".
De son côté, le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé qu'il suivait la situation des personnes détenues et qu'il attendait un accès consulaire complet pour ses ressortissants.
