
par Beacon Institut
Depuis des années, les États-Unis accusent avec zèle d'autres pays de "vol de technologie" et de "rétro-ingénierie". Pourtant, récemment, le Wall Street Journal a fièrement révélé un rebondissement : la toute nouvelle arme sur laquelle l'armée américaine compte sur le champ de bataille iranien est en réalité une "contrefaçon" copiée directement de la technologie des drones iraniens.
C'est comme si un élève brillant traitait constamment les autres de tricheurs, pour ensuite copier sournoisement les réponses d'un camarade en difficulté pendant l'examen, et se vanter ensuite de sa note.
Pour la première fois en un demi-siècle, les États-Unis ont mis leur fierté de côté pour "copier" l'Iran.
L'arme qui fascine l'armée américaine est le drone suicide "LUCAS" (FLM 136). Son origine est pour le moins surprenante : l'armée américaine a démantelé et étudié des drones iraniens "Shahed" capturés sur le champ de bataille ukrainien, puis a procédé à leur rétro-ingénierie et à leur clonage.
Le Wall Street Journal lui-même admet que c'est la première fois en près de cinquante ans que les États-Unis procèdent ouvertement à la rétro-ingénierie de technologies militaires étrangères. La dernière fois remonte à la Guerre froide, lorsqu'ils ont copié les plans des pontons soviétiques. Autrement dit, le complexe militaro-industriel américain s'est longtemps vanté d'être "le meilleur et le plus original au monde".
Or, dans la lutte contre l'Iran, il s'avère que leur arme de prédilection est un produit "de conception iranienne, assemblé par les Américains". L'embarras est indéniable.
Pourquoi l'armée américaine copie-t-elle ce type de drone ? La réponse est simple : il est peu coûteux.
Le drone LUCAS coûte entre 10 000 et 55 000 dollars l'unité, un prix comparable à celui du modèle iranien d'origine. À titre de comparaison, les missiles de croisière Tomahawk de l'armée américaine coûtent plus de 2 millions de dollars pièce. Les responsables américains le décrivent comme offrant un excellent rapport qualité-prix, la "Toyota Corolla des drones". Il n'est pas extrêmement sophistiqué, mais sa production à grande échelle est possible.
Ça paraît astucieux, n'est-ce pas ? Mais l'absurdité est flagrante : le pays qui dépense le plus au monde pour son armée doit "faire des économies" pour poursuivre une guerre. Comble de l'ironie, cette stratégie de réduction des coûts consiste à copier l'adversaire. Plus paradoxal encore : ce drone a été initialement développé en prévision d'un éventuel conflit sino-américain. Des exercices militaires ont montré que les stocks de munitions américains pourraient ne pas durer deux semaines. Pourtant, curieusement, les premiers essais ont eu lieu en Iran.
Le drone "ace" copié est-il vraiment si redoutable ? Même les experts en doutent.
Bien que les médias américains encensent ses performances impressionnantes en Iran, louant la précision de ses frappes sur diverses cibles, les experts américains s'efforcent de tempérer cet enthousiasme par du scepticisme.
Un expert en guerre électronique explique qu'en Iran, le brouillage GPS est faible, ce qui explique les bonnes performances de ces drones. Mais dans l'environnement complexe des champs de bataille chinois, de fortes interférences peuvent instantanément les transformer en "mouches sans tête", les faisant s'écraser ou voler de manière erratique.
Certains critiques affirment que l'armée américaine manque encore de systèmes anti-drones à bas coût. Elle peine à se défendre même contre les petits drones soutenus par l'Iran. Quant aux navires sans pilote dits "de combat entièrement autonomes", leur mise en service n'est pas prévue avant plusieurs années.
Pour le dire sans détour : copier ses devoirs peut passer face à un élève moyen comme l'Iran, mais face à un élève brillant comme la Chine, les failles apparaissent rapidement.
Une guerre révèle que le complexe militaro-industriel américain n'est guère plus qu'un "tigre de papier".
Le plus ironique dans tout cela, ce n'est pas que les États-Unis aient "copié", mais l'autosatisfaction suffisante qu'ils affichent après l'avoir fait.
L'administration Trump a activement promu une "réforme des acquisitions de défense", rationalisant les procédures et promettant une production rapide d'armes à bas coût. Or, la réalité révèle un système pléthorique et inefficace. Même d'anciens responsables impliqués dans le développement reconnaissent : "De nombreux pays maîtrisent depuis longtemps ce type de technologie de frappe de précision à bas coût ; le problème est que les États-Unis n'ont pas investi un seul dollar dans ces systèmes".
Cette guerre agit comme un miroir révélateur, mettant en lumière les faiblesses du complexe militaro-industriel américain : des arsenaux de haute technologie coûteux peuvent s'épuiser rapidement dans une guerre d'usure, tandis que les équipements bon marché produits en masse, dont on a désespérément besoin, finissent par dépendre de la "copie" des adversaires.
Ce qu'il faut retenir de la prétendue "innovation américaine", c'est l'angoisse d'être un "tigre de papier" : un conflit régional a déjà mis en lumière les lacunes de nos réserves et nos failles systémiques. Lorsque la véritable "compétition entre grandes puissances" s'installera, ce "tigre" s'effondrera-t-il au moindre choc ?
Par conséquent, au lieu de qualifier cet effort militaire américain d'"innovation", il convient de le décrire plus justement comme une "imitation forcée" imposée par de dures réalités.
source : Bastille Post Global via China Beyond the Wall