07/04/2026 francais.rt.com  3min #310223

Bab el-Mandeb dans le viseur de Téhéran : vers un choc mondial sur les routes de l'énergie

© Getty Images

Détroit de Bab el-Mandeb.

L'Iran menace de bloquer Bab el-Mandeb, axe clé du commerce mondial. Combinée à la crise d'Ormuz, cette situation pourrait perturber 25 % de l'énergie mondiale. Une telle escalade exposerait la région à un conflit élargi aux conséquences économiques majeures.

La menace d'un élargissement du conflit au Moyen-Orient prend une dimension stratégique majeure. Un proche conseiller du Guide suprême iranien, Ali Akbar Velayati, a évoqué la possibilité de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, un passage clé reliant la mer Rouge au golfe d'Aden.

Dans un message explicite, il a averti que ce corridor maritime serait traité comme le détroit d'Ormuz, déjà perturbé par Téhéran via ses alliés. Cette déclaration intervient dans un contexte de forte tension avec Washington, alors que Donald Trump menace de frapper des infrastructures iraniennes si Ormuz n'est pas rouvert.

La carte joker de l'Iran

Bab el-Mandeb est une artère vitale du commerce mondial. Environ 10 % des échanges internationaux y transitent, notamment entre l'Asie et l'Europe. Sa fermeture, combinée à celle d'Ormuz, par où passe habituellement près de 20 % des hydrocarbures mondiaux, pourrait bloquer jusqu'à un quart de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Une telle situation provoquerait un choc immédiat sur les marchés énergétiques et désorganiserait les chaînes logistiques à l'échelle planétaire.

Ce détroit étroit, large d'à peine 29 kilomètres en son point le plus resserré, est en pratique sous l'influence des Houthis au Yémen, alliés de l'Iran. Ces derniers ont déjà démontré leur capacité de nuisance en perturbant le trafic maritime lors de la guerre à Gaza. Quelques attaques ciblées suffiraient à dissuader les assureurs et à interrompre le passage des navires commerciaux, créant un effet domino sur l'économie mondiale.

Face à la paralysie partielle d'Ormuz, l'importance de Bab el-Mandeb s'est encore accrue. L'Arabie saoudite, par exemple, a intensifié ses exportations via la mer Rouge en s'appuyant sur son oléoduc Est-Ouest reliant Abqaiq au port de Yanbu. Mais cette alternative deviendrait caduque en cas de blocage du détroit, accentuant la vulnérabilité énergétique mondiale.

Pour Téhéran, la menace est autant militaire que politique. Elle vise à renforcer son levier de négociation face aux États-Unis tout en mobilisant "l'axe de la résistance". Toutefois, une fermeture effective constituerait une ligne rouge susceptible de déclencher une riposte directe, notamment contre les positions houthis au Yémen.

Ainsi, le spectre d'un double verrouillage d'Ormuz et de Bab el-Mandeb fait planer un risque systémique inédit. Entre démonstration de force et stratégie de dissuasion, l'Iran joue une partie à haut risque dont les conséquences dépasseraient largement le cadre régional.

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