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Face à la flambée des coûts énergétiques liée à la guerre au Moyen-Orient, Lufthansa revoit en profondeur son dispositif opérationnel : suppressions massives de vols, rationalisation du réseau et retrait anticipé d'avions.
La compagnie aérienne allemande Lufthansa a annoncé une réduction significative de son programme de vols pour la période allant de juin à octobre 2026. Au total, 20 000 liaisons seront supprimées afin de limiter la consommation de carburant dans un contexte de crise énergétique provoquée par la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran.
Selon la direction du groupe, cette décision devrait permettre d'économiser plus de 40 000 tonnes de kérosène. Malgré l'ampleur des annulations, l'impact sur la performance globale devrait rester limité : la capacité mesurée en passagers-kilomètres disponibles ne reculerait que de moins d'un point de pourcentage.
Cette optimisation reposerait sur une réorganisation ciblée du réseau. Lufthansa prévoit notamment de supprimer certaines lignes court-courriers jugées non rentables au départ de Francfort et de Munich. En parallèle, la compagnie entend renforcer ses opérations depuis Zurich, Vienne et Bruxelles. Des ajustements concerneront également son sixième hub, situé à Rome.
La liste précise des vols supprimés doit être publiée à la fin du mois d'avril. Toutefois, des annulations sont déjà en cours pour les départs prévus avant le 31 mai. Le 20 avril, Lufthansa a ainsi suspendu 120 vols quotidiens, incluant certaines liaisons au départ de Francfort vers des destinations européennes.
Le 16 avril, le groupe a entériné le retrait anticipé de 27 appareils Canadair CRJ, exploités par sa filiale déficitaire CityLine, dont l'exploitation était devenue trop coûteuse sous l'effet de la hausse du carburant. Dans le même temps, Lufthansa prévoit d'ici octobre de se séparer de plusieurs avions long-courriers, dont quatre Airbus A340-600 et deux Boeing 747-400.
La compagnie allemande est loin d'être un cas isolé. SAS Scandinavian Airlines a annoncé la suppression d'environ 1 000 vols en avril. De son côté, Air France-KLM a instauré une surcharge pouvant atteindre 100 euros sur certains billets long-courriers, y compris déjà vendus. La compagnie moldave FlyOne a elle aussi revu à la baisse son programme de vols, confrontée à des difficultés d'approvisionnement en carburant.