Mohamad Safa, ancien représentant de l'ONU, a accusé le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, soit d'être un "criminel de guerre", soit un "meurtrier", à la suite d'une opération menée contre des bateaux iraniens. Safa rappelle par ailleurs des obligations prévues par les Conventions de Genève en cas de naufrage.
Dans une publication diffusée lundi sur les réseaux sociaux, Safa a posé une alternative radicale : si les États-Unis étaient en guerre, alors Pete Hegseth serait un "criminel de guerre" ; si tel n'était pas le cas, il serait un "meurtrier". Il affirme que l'armée américaine a délibérément pris pour cible deux bateaux civils en route d'Oman vers l'Iran, provoquant la mort de cinq civils non armés.
"Les ordres donnés par Pete Hegseth à l'armée constituent une violation du droit international. Les bateaux civils se rendaient d'Oman vers l'Iran. L'armée américaine a délibérément ciblé deux embarcations et causé la mort de cinq civils", a-t-il ajouté.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a déclaré que des hélicoptères Apache de l'armée de terre ainsi que des MH‑60 Seahawk de la marine avaient frappé six petites embarcations iraniennes, identifiées comme représentant une menace pour la navigation commerciale.
Représentant de l'ONG Patriotic Vision Association (PVA) auprès de l'ONU, Safa a également rappelé les obligations imposées par les Conventions de Genève à toute force militaire ayant coulé un navire.
"En vertu des Conventions de Genève, il existe une obligation claire de porter secours à l'équipage d'un navire coulé. Abandonner les survivants et les laisser se noyer est illégal et constitue un crime de guerre", a-t-il déclaré. "Le procès de Pete Hegseth pour crimes de guerre sera historique", a-t-il ponctué.
Les forces militaires américaines ont attaqué deux cargos civils qui se dirigeaient des côtes omanaises vers les le littoral iranien, faisant au moins cinq morts à bord.
Démission de Safa de l'ONU sur fond de révélations sur une possible guerre nucléaire
Mohamad Safa a démissionné de ses fonctions à l'ONU le 31 mars 2026, invoquant les préparatifs de l'organisation internationale face à un scénario impliquant une éventuelle utilisation d'armes nucléaires contre l'Iran.
"J'ai renoncé à ma carrière diplomatique pour rendre publiques ces informations. J'ai suspendu mes fonctions afin de ne pas être complice ni témoin d'un crime contre l'humanité", avait‑il déclaré à l'époque.
Il a accusé de hauts responsables onusiens de "servir un lobby puissant" plutôt que l'institution elle‑même, rappelant que Téhéran compte près de dix millions d'habitants. "Imaginez Washington, Berlin, Paris, Londres, et d'autres grandes villes encore, frappées par des armes nucléaires", a-t-il averti.
Les mises en garde de Safa ont trouvé un écho auprès de responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lesquels ont confirmé se préparer au scénario le plus grave : un incident nucléaire consécutif à une escalade du conflit israélo‑américain contre l'Iran.
"Le pire scénario serait un incident nucléaire... et c'est ce qui nous préoccupe le plus", a déclaré Hanan Balkhy, directrice régionale de l'OMS, dans un entretien accordé à Politico.
Mohamed ElBaradei, ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et lauréat du prix Nobel de la paix, n'a pas non plus exclu cette éventualité : "Si un dirigeant est irrationnel et se sent acculé, je ne l'exclus pas."
L'agression illégale israélo-américaine contre l'Iran a débuté le 28 février par des frappes non provoquées, ayant entraîné le martyre de l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que des attaques contre des installations nucléaires, des écoles, des hôpitaux et une synagogue.
Les forces armées iraniennes ont répliqué par une vaste riposte, lançant au moins une centaine de frappes dans le cadre de l'opération "Vraie Promesse 4".
Les déclarations de Safa à l'encontre de Pete Hegseth s'inscrivent dans un contexte d'appels internationaux de plus en plus pressants réclamant que les États‑Unis rendent des comptes pour leur conduite militaire durant la guerre.
