
par Robin Philpot
Louise Arbour est un bon choix de représentante du roi Charles d'Angleterre, gouverneure générale du Canada. Madame Arbour a toujours servi au droit et à l'œil du pouvoir impérial.
On la porte aux nues pour son rôle de procureure en chef aux tribunaux ad hoc pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda. En effet, c'est à Madeleine Albright, secrétaire d'État des États-Unis sous Clinton, qu'elle doit cette nomination. Notons que le Canada a appris cette nomination après le fait.
Ces deux tribunaux ont été créés dans un monde unipolaire des années 1990 - c'est-à-dire dominé par Washington après la chute de l'URSS. L'ancien ambassadeur américain pour les crimes de guerre de l'administration Clinton a décrit ces tribunaux comme un "bélier dans la mise en œuvre de la politique des États-Unis et de l'OTAN". (All the Missing Souls, À Personal History of the War Crimes Tribunals, Princeton University Press, 2012)
Cela explique ses deux grands faits d'armes dont parle tout le monde :
1) elle garantit l'impunité au criminel Paul Kagame, notamment en mettant fin à l'enquête du TPIR sur l'assassinat du président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et du président du Burundi, Cyprien Ntaryamira, le 6 avril 1994, ce qui a déclenché la tragédie que l'on sait. C'est Madeleine Albright qui l'a exigé.
2) elle inculpe le président de la Serbie, Slobodan Milošević, en mai 1999 pendant que, en même temps, l'OTAN, sous la direction de l'administration Clinton, bombarde la république fédérale de Yougoslavie (24 mars - 10 juin 1999) ; il passera le reste de sa vie en prison contestant les accusations portées contre lui.
Ramsey Clark, ancien ministre de la justice américaine, décrivait ces tribunaux dont Mme Arbour était procureure en chef, comme suit : "C'est une guerre qu'ils livrent, mais par d'autres moyens, et c'est extrêmement cruel".
Comme récompense, Jean Chrétien la nomme à la Cour suprême du Canada, fin 1999. S'ensuivent plusieurs nominations où elle applique sa grande capacité de suivre les ordres venant des sièges de pouvoir, dont l'International Crisis Group de George Soros.
Aujourd'hui ce sera au droit et à l'œil du roi Charles et de Mark Carney qu'elle servira.