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La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.
La porte-parole de la diplomatie russe a dénoncé les nouvelles sanctions britanniques visant notamment une clinique psychiatrique et des colonies de vacances en Russie. Ces restrictions surviennent alors que Londres et Bruxelles élargissent leurs listes contre des responsables russes, des établissements éducatifs et des organisations de jeunesse.
Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont annoncé, le 11 mai, une nouvelle série de sanctions contre des personnes et organisations russes liées notamment à l'enfance, à l'éducation et à la politique de jeunesse. Londres a ajouté 85 personnes et organisations à sa liste de restrictions, tandis que Bruxelles a inscrit 16 personnes physiques et sept organisations russes sur sa liste noire.
La réaction la plus vive est venue de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Elle a dénoncé la décision britannique de viser notamment une clinique psychiatrique et des camps pour enfants en Russie. Dans une déclaration, elle a lancé : "Quand le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer impose des sanctions contre un hôpital psychiatrique, il est temps pour Londres d'appeler des soignants."
Côté britannique, les restrictions touchent notamment Vladislav Golovine, chef de l'état-major principal du mouvement "Iounarmia", un mouvement russe de jeunesse à vocation patriotique, Grigori Gourov, chef de Rosmolodej, l'Agence fédérale russe pour les affaires de la jeunesse, l'Agence russe de conception sociale, l'Institut russe de développement d'Internet, le Centre russe d'étude et de suivi en ligne de l'environnement de la jeunesse, l'Université d'État de Sébastopol et le sanatorium "Zdravnitsa" à Eupatoria. Elles concernent aussi l'Institut d'expertise sociale, le centre "Voïn" de formation sportive et patriotique de la jeunesse, plusieurs maisons d'enfants, des camps de vacances et des pensions.
Des institutions éducatives et de jeunesse dans le viseur
Du côté européen, les sanctions concernent notamment des enseignants, des responsables d'organisations de jeunesse et plusieurs centres pour enfants situés en Russie, y compris dans les nouveaux territoires. Parmi les organisations visées figurent le collège naval Nakhimov du ministère russe de la Défense, la branche régionale du DOSAAF, organisation russe de formation technique, patriotique et sportive, à Sébastopol, ainsi que cinq centres russes pour enfants.
Dans l'ensemble, donc, ces restrictions touchent surtout des camps pour enfants, des structures d'éducation et de formation de la jeunesse, ainsi que les responsables régionaux chargés de ces structures.
Les mesures adoptées prévoient une interdiction d'entrée dans l'Union européenne pour les personnes inscrites sur la liste. Elles incluent aussi le gel de leurs avoirs dans les banques européennes, si de tels avoirs sont identifiés. Pour les organisations concernées, les sanctions limitent les contacts financiers et commerciaux avec les entreprises européennes.
Deux lectures opposées sur les évacuations d'enfants
Bruxelles inscrit ces sanctions dans le contexte du conflit ukrainien et reprend les accusations formulées contre Moscou depuis le début de l'opération militaire spéciale. L'Union européenne affirme que les structures visées auraient participé à l'accueil d'enfants évacués des zones de combat, une situation qu'elle présente comme une "déportation illégale", malgré les explications répétées de la partie russe.
Moscou rejette fermement cette qualification et défend une lecture totalement différente. Les autorités russes affirment que ces évacuations ont été organisées pour protéger les enfants, les éloigner des bombardements et leur assurer un hébergement, un encadrement et des soins dans des conditions sûres.
Pour Moscou, cette nouvelle vague de restrictions confirme l'élargissement continu de la pression occidentale contre la Russie. Le fait que des mesures visent des établissements éducatifs, des centres d'accueil, des organisations de jeunesse et des institutions sociales nourrit, côté russe, les critiques contre une politique de sanctions jugée non seulement de plus en plus large, mais aussi déconnectée de la réalité humanitaire sur le terrain.