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Le drapeau russe et celui de l'Union européenne. Image d'illustration.
Après la réunion organisée à Bruxelles le 11 mai sur le dossier des enfants évacués des zones de combat, la Russie rejette les accusations européennes et dénonce la politisation d'un sujet humanitaire sensible. Moscou affirme avoir mis en place depuis 2023 un canal direct avec Kiev pour réunir les enfants séparés par le conflit avec leurs proches.
La représentation russe auprès de l'Union européenne a réagi à la rencontre organisée le 11 mai à Bruxelles par l'UE, l'Ukraine et le Canada dans le cadre de la "coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens". Dans son communiqué du 11 mai 2026, elle estime que cette réunion a surtout servi à relancer des accusations contre Moscou sur un sujet humanitaire particulièrement sensible.
La Mission russe rejette les affirmations sur de prétendus "déplacements forcés" ou "déportations" d'enfants ukrainiens vers la Russie. Elle rappelle que, dès le début de l'opération militaire spéciale, les autorités russes ont évacué des mineurs des zones de combat afin de protéger leur vie et leur santé. Moscou souligne également avoir concentré ses efforts sur la réunification des familles séparées par le conflit.
Dans ce cadre, la Russie met en avant un élément central : l'existence, depuis 2023, d'un canal direct avec la partie ukrainienne pour traiter les dossiers liés aux enfants. Ce mécanisme, selon Moscou, permet de régler les situations individuelles dans l'intérêt des mineurs. La Mission russe affirme ainsi que "chaque mineur", quel que soit son lieu ou son statut, peut rejoindre ses proches si ceux-ci se manifestent et disposent des droits juridiques nécessaires.
Le chiffre de 339 enfants mis en avant
Moscou insiste également sur l'écart entre les accusations publiques de Kiev et les données examinées dans les échanges bilatéraux. Dans son communiqué, la Mission russe rappelle que les autorités ukrainiennes et européennes avancent régulièrement le chiffre de "dizaines de milliers d'enfants enlevés". Mais, selon la partie russe, lors des négociations d'Istanbul du 2 juin 2025, Kiev a transmis une liste de 339 enfants présumés se trouver sur le territoire russe.
Après vérification, Moscou indique qu'une partie importante de cette liste reposait sur des informations anciennes ou non actualisées. Les autres dossiers restent en cours d'examen avec la partie ukrainienne, afin d'établir l'identité des proches et de vérifier les liens familiaux des mineurs concernés.
La Russie dit rester ouverte à une coopération humanitaire concrète. La Mission russe cite notamment le rôle du Comité international de la Croix-Rouge, du Vatican et du Qatar, qui apporte aussi une aide logistique. Elle mentionne également l'implication, depuis l'automne 2025, de la première dame américaine Melania Trump dans ce travail de médiation.
Bruxelles appelée à regarder la situation dans l'UE
En parallèle, Moscou appelle l'Union européenne à se pencher sur la situation des enfants ukrainiens arrivés sur son territoire. La Mission russe demande à Bruxelles de cesser d'alimenter les accusations de "déportation" contre la Russie et de s'intéresser aux cas d'enfants ukrainiens retirés à leurs parents par des services sociaux européens.
La diplomatie russe exprime aussi son inquiétude concernant les mineurs entrés dans l'Union européenne sans accompagnement adulte ces dernières années. Pour Moscou, leur situation devrait faire l'objet d'une attention prioritaire, notamment afin d'établir où ils se trouvent et dans quelles conditions ils sont pris en charge.
Ce dossier intervient dans un contexte de nouvelles sanctions occidentales. Le 11 mai 2026, l'Union européenne a visé 16 personnes et sept organisations russes, notamment des enseignants, des camps et des centres pour enfants, que Bruxelles associe à ses accusations de "déportation" d'enfants ukrainiens. Dans le même temps, Londres a élargi ses restrictions contre des institutions éducatives, des structures de jeunesse, des maisons d'enfants et des colonies de vacances.
Pour Moscou, ces mesures confirment une pression politique visant désormais des acteurs sociaux et éducatifs. La Russie maintient, de son côté, que son action répond à une logique humanitaire : protéger les mineurs, les éloigner des zones de combat et permettre leur retour auprès de leurs proches lorsque les conditions juridiques sont réunies.