
par Moon of Alabama
Cette semaine, le président américain Donald Trump se rend en Chine.
Son plan initial consistait à s'emparer du Venezuela et de l'Iran, ainsi que de leur pétrole, avant de faire pression sur la Chine, par le biais de droits de douane et de restrictions énergétiques, pour qu'elle se soumette à l'hégémonie américaine.
Ce plan a échoué. Trump a perdu deux guerres. Ses mesures tarifaires se sont soldées par un recul après que la Chine a restreint l'exportation de ses produits à base de terres rares. Sa guerre contre l'Iran est un échec cuisant.
Trump se rend à Pékin, le chapeau à la main. Comme d'habitude, il tentera de bluffer pour remporter une soi-disant "victoire". Il agira comme si les États-Unis étaient en position de force. Les Chinois se montreront polis, mais ne se laisseront pas faire.
Il y a eu peu de préparatifs pour ce voyage. Les sherpas ne se sont pas réunis au préalable pour régler les problèmes sérieux entre les deux pays. Il n'y a pas de contrats ni de traités importants à signer.
Trump voudra vendre du soja et des avions Boeing. Les Chinois ne sont que modérément intéressés par de tels accords. Ils signeront peut-être quelques contrats pour donner à Trump de quoi se vanter. Mais ils prendront leurs précautions, car les États-Unis sont connus pour être un partenaire peu fiable.
Trump voudra obtenir un soutien pour conclure la paix (selon les conditions américaines) avec l'Iran. Il y aura des réponses solennelles et avisées à cela.
Il est dans l'intérêt de la Chine de voir les États-Unis enlisés au Moyen-Orient. Tout avion, navire, arme et soldat américain au Moyen-Orient est un de moins dont il faut se soucier en Asie de l'Est. Toute munition tirée contre l'Iran ne peut être utilisée contre la Chine.
La Chine ne veut pas que l'Iran perde la guerre. Elle le soutiendra, comme elle le fait déjà, partout où cela sera nécessaire.
Trump traîne derrière lui une bande de financiers. Un grand espoir pour les intérêts financiers américains est d'ouvrir les marchés chinois (de consommation) à leurs "produits" virtuels. Mais, comme l'a dit le président Xi, "les maisons sont faites pour y vivre". L'idéologie communiste ne tolère pas de telles absurdités.
Un point d'intérêt majeur du côté chinois est Taïwan. Pékin veut mettre définitivement fin à la guerre civile chinoise et, pour cela, Taïwan doit réintégrer le pays. Les ventes d'armes américaines à Taïwan et l'agitation politique qu'elles suscitent constituent un obstacle à cela.
Mais Taïwan est un sujet brûlant au Congrès. Quelques engagements verbaux mineurs visant à ne pas favoriser l'indépendance de Taïwan sont peut-être tout ce que Trump peut offrir.
Les États-Unis veulent que la Chine adhère à une sorte de "Conseil du commerce" dont on parle. Les États-Unis tentent de mettre en place de tels forums bilatéraux pour remplacer l'ONU, l'OMC et d'autres organisations internationales. À l'instar du Conseil de paix en Palestine, le Conseil du commerce ne résoudra aucun problème. Mais comme cela ne coûtera rien à la Chine d'y adhérer, elle y consentira pour satisfaire Trump.
Satisfaire Trump pourrait bien être la seule raison pour laquelle la Chine a accepté cette rencontre.
source : Moon of Alabama