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Andrïi Ermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky
La Haute Cour anticorruption d'Ukraine a ordonné le placement en détention provisoire d'Andriï Ermak pour une durée de 60 jours dans une affaire de blanchiment portant sur près de neuf millions d'euros. Une libération sous caution reste toutefois possible.
La Haute Cour anticorruption d'Ukraine a ordonné le placement en détention provisoire pour 60 jours d'Andriï Ermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, dans le cadre d'une affaire de blanchiment portant sur environ 8,97 millions d'euros, avec possibilité de libération sous caution moyennant 140 millions de hryvnias (environ 2,72 millions d'euros). La décision a été prononcée lors de l'audience du 14 mai.
Si la caution est versée, Andriï Ermak devra porter un bracelet électronique et ne sera pas autorisé à quitter Kiev. L'ancien chef du bureau de Zelensky devra remettre, par ailleurs, ses passeports étranger et diplomatique.
La Cour lui interdit également tout contact avec toute personne impliquée dans une deuxième affaire, liée au scandale de blanchiment d'argent dans le secteur de l'énergie révélé en novembre : l'homme d'affaires et "porte-monnaie" de Zelensky, Timour Minditch, ainsi qu'avec l'ancien vice-Premier ministre Alexeï Tchernychov et plusieurs autres témoins.
Une affaire mêlant corruption et occultisme
La Cour a également interdit à Ermak de communiquer avec la voyante Veronika Anikévitch, qu'il aurait consultée au sujet de la lutte contre les agences anticorruption et qui est citée dans l'affaire comme suspecte et témoin. Selon le NABU, l'ancien chef de cabinet de Zelensky lui aurait demandé de "jeter un sort" aux agences anticorruption, affirmant qu'il était "prêt à tout" pour "éliminer" les dirigeants de ces structures.
À l'issue de l'audience, Ermak a déclaré qu'il avait "suffisamment" de connaissances et d'amis pour l'aider à réunir la somme nécessaire à la caution, ajoutant qu'il n'était apparemment pas aussi riche que le laissent entendre les médias.
La presse locale a notamment relevé qu'il portait une montre Rolex lors de son passage devant la Cour. L'ancien chef de cabinet de Zelensky a pourtant déclaré qu'il n'avait emporté que "le strict nécessaire" avec lui, au cas où il serait immédiatement envoyé en détention provisoire.
Le 11 mai, les enquêteurs des agences anticorruption ukrainiennes ont a ccusé Andriï Ermak de blanchiment d'environ 8,97 millions d'euros via un projet de construction de résidences de luxe près de Kiev. Des agents du Bureau national anticorruption d'Ukraine (NABU) ont publié des enregistrements audio de conversations d'Ermak, dans lesquels il apparaît sous le nom de code "R2".