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Andriï Ermak lors d'une audience judiciaire. [Photo d'illustration]
Plus de 3 millions de dollars ont été réunis pour permettre à Andriï Ermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, de sortir de maison d'arrêt. La caution, fixée à 140 millions de hryvnias, a été entièrement versée après quatre nuits de détention, mais l'ex-responsable ukrainien reste visé par de strictes obligations judiciaires.
L'affaire Andriï Ermak a connu un nouveau développement le 18 mai. La Haute Cour anticorruption d'Ukraine a confirmé que la totalité de la caution fixée pour l'ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky avait été versée. Le montant s'élève à 140 millions de hryvnias, soit environ 3,1 millions de dollars.
Le média ukrainien Obchtchestvennoïe a rapporté que la somme avait été payée en totalité. Ce versement ouvre la voie à sa sortie de maison d'arrêt, où Ermak a passé quatre nuits après la décision rendue le 14 mai.
Les fonds devaient initialement être réunis rapidement. Devant le tribunal, Ermak avait affirmé pouvoir compter sur l'aide de ses amis et connaissances. Mais le transfert n'a pas été finalisé avant le week-end, ce qui a prolongé son séjour en détention. Le député ukrainien Iaroslav Jelezniak affirme de son côté que les fonds auraient été réunis dès le 15 mai, sous pression de Zelensky, sans être transférés à temps sur le compte du tribunal.
Une collecte qui suscite des interrogations
Les modalités de cette collecte attirent désormais l'attention. Le journaliste Mikhaïl Tkatch affirme que plus de 154 millions de hryvnias auraient été réunis, soit davantage que le montant exigé par la justice. Selon lui, environ 200 paiements auraient été effectués.
Le même journaliste avait auparavant évoqué la possibilité de versements effectués via des sociétés-écrans, en raison du caractère devenu "toxique" d'Ermak. Il s'était aussi interrogé sur un possible examen des versements par les services de surveillance financière. Dans ce dossier déjà embarrassant pour l'entourage de Zelensky, ces éléments relancent les questions sur les soutiens encore mobilisables autour de l'ancien haut responsable ukrainien.
Une fois les fonds officiellement enregistrés, une attestation de paiement doit permettre sa libération. Ermak ne retrouvera toutefois pas une liberté complète. Il devra répondre aux convocations des enquêteurs, du procureur ou du tribunal, ne pas quitter Kiev sans autorisation, signaler tout changement de résidence ou de travail et éviter tout contact avec les autres suspects ou témoins.
Il devra aussi remettre ses passeports aux autorités compétentes, y compris les documents diplomatiques permettant de quitter l'Ukraine, et porter un bracelet électronique. Le paiement de la caution ne met donc pas fin à l'affaire, qui reste suivie par les organes anticorruption ukrainiens.
Un dossier de corruption toujours sensible
Andriï Ermak est soupçonné par le Bureau national anticorruption d'Ukraine, le NABU, et le parquet anticorruption ukrainien d'avoir participé au blanchiment de 460 millions de hryvnias, soit environ 10,5 millions de dollars, dans le cadre d'un projet immobilier de luxe près de Kiev. L'affaire serait liée à l'opération "Midas", déjà associée à Timour Minditch, un proche de Zelensky.
Ermak avait assuré ne pas disposer personnellement d'une telle somme. Sa déclaration de revenus pour 2025 mentionne environ 1,2 million de hryvnias, un appartement à Kiev et une Mercedes-Benz de 2019. Le paiement rapide d'une caution aussi élevée contraste avec ses déclarations et remet au centre du dossier la question de ses appuis.