02/06/2026 francais.rt.com  4min #315830

L'Ue accorde 2,2 millions d'euros à l'Arménie pour soutenir la libéralisation des visas

© Armenpress

À Erevan, la ministre arménienne de l'Intérieur, Arpine Sargsyan, lors du lancement du programme consacré au dialogue sur la libéralisation des visas avec l'Union européenne.

En acceptant 2,2 millions d'euros de Bruxelles pour avancer sur la libéralisation des visas, Erevan poursuit son rapprochement avec l'Union européenne. À Moscou, cette orientation suscite des mises en garde sur les conséquences possibles pour l'économie arménienne, les transferts depuis la Russie et les liens avec l'Union économique eurasiatique.

L'Arménie poursuit son dialogue avec l'Union européenne sur la libéralisation du régime des visas. Le 2 juin, le ministère arménien de l'Intérieur a annoncé que Bruxelles avait accordé 2,2 millions d'euros à Erevan pour soutenir ce processus.

D'après le ministère, ces fonds seront consacrés aux "réformes des organes chargés de la gestion des frontières". Le ministère précise que cette initiative est présentée par Erevan comme le premier programme en Arménie soutenant directement la libéralisation du régime des visas avec l'Union européenne.

La ministre arménienne de l'Intérieur, Arpine Sargsyan, a présenté ce programme comme une étape importante dans le dialogue avec l'Union européenne. Elle a souligné que les États membres de l'UE participent directement aux décisions sur ce dossier et a mentionné la coopération avec la Lituanie, déjà engagée depuis plusieurs cycles avec le ministère arménien de l'Intérieur.

Officiellement, l'aide doit servir à améliorer le contrôle des frontières, renforcer la fiabilité des documents officiels et accompagner les réformes dans les structures de sécurité intérieure. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait auparavant affirmé que la question de la libéralisation des visas avec l'UE devrait être réglée dans un délai maximal de deux ans.

Moscou met en garde contre les conséquences

Ce rapprochement entre Erevan et Bruxelles est suivi de près à Moscou, où il est perçu comme un choix aux conséquences potentiellement lourdes pour l'Arménie. Pour la Russie, la question ne se limite pas aux visas : elle s'inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement d'Erevan vers l'Union européenne.

Le président de la Douma d'État russe, Viatcheslav Volodine, a déclaré que Nikol Pachinian pourrait avoir pris un engagement personnel en faveur d'un rapprochement avec l'UE. Il a aussi accusé le Premier ministre arménien de ne pas expliquer clairement à la population ce que pourrait coûter une sortie de l'Union économique eurasiatique.

Selon Volodine, un tel scénario pourrait peser lourd sur l'Arménie. Il a cité une hausse du prix du gaz, une baisse des transferts d'argent depuis la Russie, estimés à près de 4 milliards de dollars par an, ainsi que la perte d'avantages migratoires pour les citoyens arméniens travaillant en Russie.

Le responsable russe a également averti que l'Arménie ne devait pas compter sur de solides garanties économiques de la part de l'Union européenne. Il a comparé cette perspective au cas ukrainien, affirmant que les engagements européens ne s'étaient pas traduits par un accès réellement libre et avantageux au marché européen pour les produits agricoles ukrainiens.

Ces avertissements interviennent alors que Moscou a déjà annoncé de nouvelles restrictions sur certains produits arméniens. Le 2 juin, Rosselkhoznadzor a indiqué qu'il limiterait, à partir du 3 juin, l'importation de certains légumes tels que les aubergines et les pommes de terre, ainsi que de fruits secs en provenance d'Arménie.

Ainsi, l'aide européenne annoncée ouvre une nouvelle étape dans le dialogue entre Erevan et Bruxelles sur les visas. Mais les avertissements de Moscou replacent ce dossier dans une réalité plus large : pour l'Arménie, un éloignement de l'Union économique eurasiatique pourrait avoir un coût concret, bien au-delà de la circulation des citoyens.

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