
par Hans-Peter Hörner, député au Landtag du Bade-Wurtemberg
Source: pi-news.net
Inspiré par des reportages venus du Royaume-Uni, où près d'un million de jeunes sont qualifiés de NEETs - Not in Education, Employment or Training, c'est-à-dire ni en formation, ni en emploi, ni en apprentissage -, on a également jeter un oeil sur situation en Allemagne, par curiosité. Et, surprise, l'Agence fédérale pour l'emploi a également signalé environ 1,2 million de NEETs âgés de 15 à 29 ans pour l'année 2025. Il s'agit donc de jeunes qui n'ont ni qualification, ni activité économique. Si l'on considère la tranche d'âge des 15 à 24 ans, on arrive à 650.000 NEETs allemands, ce qui, selon l'agence, représente un taux de NEETs d'environ 8%.
Il apparaît donc que non seulement l'île d'Outre-Manche, mais aussi l'Allemagne, connaît des problèmes croissants parmi les jeunes mentionnés. Selon l'agence, le chômage des jeunes a atteint en 2025 le niveau le plus élevé des dix dernières années: 273.000 chômeurs de moins de 25 ans, soit un taux de 5,7%, et pas moins des trois quarts de ces jeunes chômeurs n'avaient aucun diplôme professionnel. Il faut vraiment mesurer cela à l'aune de "la meilleure Allemagne qui ait jamais existé".
Contrairement à ce qui semble être le cas au Royaume-Uni, les Allemands ne sont pas évincés des premiers emplois initiaux par la migration de masse, parce que, là-bas, les employeurs privilégient les migrants bon marché et rapidement disponibles - c'est du moins ce qu'affirme la majorité des employeurs britanniques. Non, car le nombre de jeunes chômeurs de 15 à moins de 25 ans possédant un passeport étranger a plus que doublé entre 2015 et 2025, avec 53.000 personnes de plus. L'Agence fédérale pour l'emploi a constaté qu'en 2025, plus d'un tiers des jeunes chômeurs avaient un passeport étranger. Le problème n'est donc pas une concurrence opposant "les étrangers contre les Allemands", mais relève des qualifications manquantes, des abandons de formation, des problèmes d'intégration et d'une conjoncture de plus en plus faible qui compliquent tout.
Les candidats étrangers réussissent même moins souvent: en 2025, seulement 33% des candidats étrangers déclarés ont trouvé une place en stage de formation, contre 46% des candidats allemands. Cela contredit clairement la prévision de l'Institut de recherche sur le marché du travail et sur les professions, émise en date du 23 novembre 2021, qui affirmait dans un communiqué de presse: "Ce n'est qu'avec une immigration nette annuelle de 400.000 personnes que l'offre de main-d'œuvre restera quasiment stable jusqu'en 2060". Et que fait-on avec les quelque 1,2 million de NEETs âgés de 15 à 29 ans, qui sont actuellement "inactifs économiquement" ? Et que fait-on, en général, quand le pays s'approche du mur économiquement ? Importer chaque année, sans raison et sans discernement, 400.000 personnes, pour la plupart étrangères à notre culture?
Outre la relance économique urgente et le renforcement du site industriel allemand, il est nécessaire de développer des perspectives économiques et individuelles pour les NEETs. Cela exige une réforme fondamentale de la politique économique et éducative en Allemagne. Une génération perdue, nous ne voulons ni ne pouvons nous la permettre.

Hans-Peter Hörner, chroniqueur du site PI-NEWS (figure de l'AfD), né en 1951, a étudié l'économie, la gestion et la biologie. Après ses études, il a exercé pendant plus de quarante ans la tâche de professeur dans l'enseignement professionnel. Depuis 2021, il est député du Landtag du Bade-Wurtemberg. Thèmes principaux: politique éducative et pétitions. La chronique sur PI-NEWS de Hörner paraît chaque début de mois.