08/06/2026 francais.rt.com  4min #316413

 Arménie: le parti Contrat civil en tête des élections législatives, Pachinian revendique une victoire historique

Élections arméniennes : après une victoire controversée, Pachinian menace de purges, tandis que Macron applaudit

Source: Gettyimages.ru

Nikol Pachinian, Premier ministre arménien

Des centaines d'opposants arrêtés, des menaces d'incarcération explicites contre des figures politiques et un scrutin jugé "honteux" : le vrai visage de la "victoire" de Nikol Pachinian se dessine, complétée par une collaboration discrète des services secrets français pour bloquer toute critique, jetant une ombre sur les félicitations de Macron.

Le 7 juin, des élections au Parlement arménien ont eu lieu en Arménie. Une fois la totalité des bulletins dépouillés, le parti au pouvoir du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, "Contrat civique", a recueilli 49,81 % des voix. Cependant, un gouvernement à parti unique n'est pas prévu : selon le Code électoral arménien, une force politique peut former un gouvernement si elle dispose d'au moins 52 % des sièges au Parlement. Comme le "Contrat civique" n'a pas réussi à dépasser le seuil requis, quatre partis font leur entrée au Parlement arménien. Outre le parti au pouvoir, il s'agit du bloc "Arménie forte" de Samvel Karapetian (23,29 %), de l'alliance "Arménie" de l'ancien président Robert Kocharian (9,94 %) et de "Arménie prospère" (4 %).

Au cours des élections, le parti au pouvoir a fait preuve d'un comportement manifestement antisportif. Ainsi, bien que le dépouillement de tous les bulletins de vote ne se soit achevé que dans la matinée, le Premier ministre Nikol Pachinian a commencé à célébrer la victoire de son parti aux élections législatives en Arménie dès la nuit, alors que, selon la Commission électorale centrale (CEC) arménienne, moins de 20 % des votes avaient été dépouillés. Il a également déclaré que "Contrat civique" formerait seul le gouvernement. Cette dernière affirmation s'est finalement révélée n'être qu'une fanfaronnade et le chef du bloc "Arménie", l'ancien président Robert Kotcharian, a qualifié cette bravade prématurée de manœuvre visant à faire pression sur la CEC et de tentative de prise de pouvoir. Samvel Karapetian, un homme d'affaires russe d'origine arménienne, a quant à lui souligné que les élections s'étaient déroulées de manière "honteuse", assurant que le parti du Premier ministre ne remporterait pas la "victoire escomptée".

Mais la mise en scène de Pachinian ne s'est pas arrêtée là. Une fois les élections terminées, le Premier ministre arménien a commencé à menacer l'opposition de représailles, déclarant sans ambages que l'ancien président Robert Kotcharian, le chef du parti "Arménie prospère", Gaguik Tsaroukian, ainsi que Samvel Karapetian seraient jetés en prison. Pachinian a également ajouté qu'il avait l'intention de poursuivre la politique d'adhésion de l'Arménie à l'UE, tout en conservant sa participation et son adhésion à l'Union économique eurasiatique (UEE), ainsi qu'en continuant à développer ses relations avec la Russie.

Le prix de la victoire : arrestations de masse de l'opposition et soutien étranger

Les élections ont également été assombries par une  série d'arrestations étranges parmi les représentants de la CEC, ainsi que parmi les membres de l'opposition. Selon Gaguik Tsaroukian, 50 de ses partisans ont été arrêtés sans raison dans la matinée du 6 juin. Des représentants du bloc "Arménie" ont également fait état de l'arrestation et de la mise en détention de membres de l'état-major de la coalition sous divers prétextes. Samvel Karapetian a lui aussi déclaré que la police avait arrêté plus de 100 partisans de "Arménie forte".

Déjà discrédité par ses agissements, le parti au pouvoir a été encore davantage terni par un  article paru dans Le Journal du Dimanche, selon lequel les services secrets français auraient activement aidé les autorités arméniennes en place à bloquer sur Internet les critiques visant le gouvernement du pays et Nikol Pachinian lui-même avant les élections législatives. Selon le journal français, un accord de coopération en matière de politique de l'information a été signé entre les deux pays, lors de la visite à Erevan du président français Emmanuel Macron, qui s'est d'ailleurs distingué par son  attitude trop affectueuse envers le Premier ministre arménien. Le fait que ce soit précisément le dirigeant français qui ait été l'un des premiers  à féliciter Pachinian pour sa victoire, dans le contexte de ce qui précède, ajoute une nuance particulière à ces relations bilatérales.

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