10/06/2026 francais.rt.com  3min #316635

Conflit en Ukraine : la Pologne se sent exclue et réclame sa place à la table des négociations

Source: Gettyimages.ru

Le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky partent à Londres, le 7 juin 2026.

Le mécontentement gagne Varsovie après la réunion de Londres réunissant plusieurs dirigeants européens et Volodymyr Zelensky. Estimant que la Pologne est injustement tenue à l'écart, son Premier ministre, Donald Tusk, a averti que son pays ne se considérerait lié par aucun accord conclu sans lui.

La Pologne réclame d'être pleinement associée aux discussions "destinées à mettre fin au conflit en Ukraine",  rapporte Reuters. Après la rencontre organisée à Londres le 7 juin entre les dirigeants britannique, français et allemand, ainsi que Volodymyr Zelensky, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a estimé que Varsovie ne pouvait être tenue à l'écart d'un processus diplomatique.

À Varsovie, l'absence du chef du gouvernement polonais lors de ces échanges a immédiatement suscité des interrogations. De plus en plus de responsables et d'observateurs polonais ont le sentiment que certaines "grandes" puissances d'Europe occidentale tentent de reprendre l'initiative sur le dossier ukrainien en laissant de côté d'autres pays "alliés".

Donald Tusk n'a pas caché son irritation face au format dit "E3", qui réunit le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, mais exclut plusieurs autres partenaires européens. Selon lui, un tel cadre de discussion ne peut prétendre représenter l'ensemble des intérêts du continent.

Le chef du gouvernement polonais a également indiqué s'être entretenu avec la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, laquelle partagerait ses réserves concernant ce format restreint. Pour Varsovie, la question dépasse largement le simple protocole diplomatique : il s'agit de savoir qui participe réellement aux décisions susceptibles de "façonner l'avenir de l'Ukraine et l'architecture de sécurité européenne".

Donald Tusk a ainsi déclaré qu'aucun accord conclu sans la participation de la Pologne ne pourrait avoir de caractère contraignant pour son pays. Le responsable polonais a toutefois annoncé qu'une nouvelle réunion consacrée à l'Ukraine devrait se tenir dans les prochains jours avec la participation de la Pologne et de l'Italie aux côtés du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne.

Ces derniers mois, le débat sur une éventuelle reprise des contacts avec Moscou s'est progressivement installé au sein de l'Union européenne. La question d'un médiateur capable de faciliter un dialogue entre les différentes parties fait également l'objet de discussions croissantes.

Le président russe Vladimir Poutine a indiqué qu'il verrait favorablement l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, dans un tel rôle. Il a néanmoins souligné que le choix revenait avant tout aux Européens eux-mêmes, à condition qu'il s'agisse d'une personnalité bénéficiant de leur confiance. Il a rappelé qu'un médiateur ne saurait être une figure connue pour ses positions ouvertement hostiles à la Russie. Le chef d'État russe a également répété que ce n'était pas Moscou qui avait rompu le dialogue avec l'Europe, mais bien les Européens eux-mêmes.

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