
© Julien Mattia/Anadolu Agency Source: Gettyimages.ru
Des jeunes issus de l'immigration en marge d'une demi-finale de Ligue des champions à Paris en août 2020.
Un rapport de Human rights watch, (RE)CLAIM et MCDS dénonce les amendes à répétition infligées aux jeunes noirs et arabes en France, qui entraîneraient surendettement, exclusion sociale et anxiété. Les associations et organisations dénoncent un profilage racial systématique.
Dans une enquête qualitative publiée le 17 juin, trois organisations de gauche de défense des droits humains alertent sur les conséquences dramatiques des verbalisations abusives visant les garçons et jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes dans les quartiers populaires.
Un système de harcèlement qui exclut de l'espace public
"Ces amendes abusives relèvent d'une industrialisation du harcèlement discriminatoire destinée à chasser les enfants et les jeunes de l'espace public", affirme Omer Mas Capitolin, de la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS).
#France : La police verbalise des infractions présumées à la tranquillité publique pour harceler des garçons et jeunes hommes perçus comme Noirs, Arabes ou Nord-Africains et les évincer de l'espace public dans leurs propres quartiers. Nouveau rapport de MCDS, (RE)CLAIM & HRW ⤵️- Human Rights Watch en français ( @hrw-fr.hrw.org ) 17 juin 2026 à 08:39
Le rapport "Payer le prix du harcèlement policier" documente, à partir de 42 entretiens réalisés à Paris, Lyon et Grenoble, comment des mineurs dès 13 ans et de jeunes adultes reçoivent des dizaines d'amendes pour "tapage", "dépôt de déchets" ou "déversement de liquides insalubres" (crachats, notamment).
Ces infractions s'accumulent rapidement en dettes de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros avec majorations et frais de recouvrement.
Sur X, Edwy Plenel, fondateur de Médiapart et militant trotskyste a relayé l'information tandis que Human rights watch préconise notamment la suppression des trois infractions de trouble à la tranquillité publique et l'annulation toutes les amendes impayées.
Les autorités françaises devraient prendre les mesures nécessaires pour mettre fin au profilage racial, au lieu d'étendre encore les pouvoirs de la police qui enferment les jeunes dans des dettes pouvant atteindre des dizaines de milliers d'euros et risquent de ruiner leur vie.- Human Rights Watch en français ( @hrw-fr.hrw.org ) 17 juin 2026 à 08:39
Selon les associations ces pratiques s'inscrivent dans une continuité de contrôles d'identité et fouilles discriminatoires. Les jeunes verbalisés se retireraient souvent de la vie publique par peur de nouvelles amendes, souffrant d'anxiété et d'isolement social. Ces conclusions de la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration dans des affaires délictuelles pourraient par ailleurs alimenter le discours à droite selon lequel les délinquants sont majoritairement des immigrés et descendants d'immigrés.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a contesté ces conclusions, défendant les amendes comme "outils indispensables" de sécurité du quotidien.