Des manifestants anti-gouvernementaux se sont de nouveau rassemblés mardi 16 juin dans la capitale albanaise, Tirana, pour la 17e journée consécutive afin de protester contre un projet de développement touristique lié à Ivanka Trump et Jared Kushner, respectivement fille et gendre du président américain Donald Trump.
Une foule immense s'est réunie sur la place Skanderbeg, au cœur de Tirana, scandant le slogan "L'Albanie n'est pas à vendre" pour dénoncer un projet de construction faramineux sur l'île de Sazan, la seule du littoral albanais jusqu'alors inhabitée, au sud de l'Albanie et juste en face de la botte italienne, et sur une portion protégée de la côte albanaise, la péninsule de Zvernec, où nichent notamment des flamants roses, des pélicans, etc. La valeur du projet est estimée à environ 4 milliards de dollars.
Le gouvernement albanais a accordé une approbation préliminaire à ce projet, déclenchant, depuis fin mai, des manifestations quotidiennes devant les bureaux du Premier ministre Edi Rama à Tirana.
Brandissant des banderoles et des drapeaux albanais, les manifestants ont défilé jusqu'au siège du gouvernement sur le boulevard des Martyrs de la Nation, où ils se sont rassemblés devant les bâtiments officiels en réclamant la démission du Premier ministre.
"Edi Rama, traître, démissionne au plus vite !", ont scandé les manifestants.
Ceci tombe alors que Rama avait précédemment prétendu que le projet de développement de Zvernec n'appartenait pas à la famille Trump.
Entré dans sa troisième semaine, le mouvement ne montre aucun signe d'essoufflement. Les organisateurs ont promis de poursuivre les rassemblements jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites.
Les manifestants présentent leur mobilisation comme une réaction à la situation politique et économique du pays.
Selon plusieurs médias albanais, le Parquet spécial chargé de la lutte contre la corruption et le crime organisé a ouvert une enquête sur le projet.
Le gouvernement albanais fait régulièrement l'objet d'accusations de corruption et de manque de transparence dans la gestion des grands projets de développement.
Les critiques dénoncent notamment un schéma récurrent selon lequel certaines entreprises bénéficiant du statut d'"investisseur stratégique" revendraient leurs participations à d'autres structures pour des montants symboliques, soulevant de sérieuses interrogations quant à l'identité réelle des bénéficiaires et à l'intégrité du processus.
Ceci a alimenté l'indignation de l'opinion publique, qui dénonce l'exploitation de terrains publics ainsi que les atteintes portées au patrimoine national et à l'environnement.
La famille Trump porte un projet immobilier de 5 milliards de dollars en Albanie. Mais il fait polémique à cause des soupçons de corruption et de la destruction de zones protégées qu
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement albanais se retrouve au centre d'un dossier controversé aux implications internationales.
En 2013, à la demande des États-Unis, l'Albanie a accepté sur son territoire environ 3 000 membres de l'Organisation terroriste anti-iranienne Moudjahidin-e Khalgh (OMK), transférés depuis l'Irak. Le groupe au passé particulièrement sanglant, dont les exactions ont été comparées à la brutalité de Daech, a ensuite établi un complexe baptisé Achraf-3 près de la localité de Manzë.
Pour l'Iran, la présence sur le territoire albanais de ce groupuscule terroriste constitue une menace directe pour sa sécurité nationale. L'implantation de l'OMK en Albanie a fortement dégradé les relations entre Téhéran et Tirana.
En septembre 2022, l'Albanie a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran à la suite de cyberattaques attribuées par les autorités albanaises à Téhéran, une décision intervenue dans un contexte déjà marqué par les tensions liées à la présence de l'OMK sur le sol albanais. Pourtant, l'Iran a rejeté ces accusations.
À Téhéran, des manifestants et des proches de membres de l'organisation terroriste des Moujahedin-e Khalq (OMK) ont appelé le gouvernement albanais à fermer le camp qui les héberge à Tirana.
