Moscou exige des réponses et davantage de transparence sur les laboratoires biologiques financés par les États-Unis à l'étranger, avec une attention particulière portée à l'Ukraine. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova affirme que ces structures ont mené des recherches sur des agents pathogènes dangereux et des maladies non caractéristiques de la région.
Le ministère russe des Affaires étrangères a remis au premier plan la question des laboratoires biologiques américains situés hors du territoire des États-Unis, notamment en Ukraine. Maria Zakharova, accuse Washington d'avoir longtemps évité tout débat public sur ces structures, alors que leur financement et leurs activités suscitent de sérieuses inquiétudes.
Les États-Unis ont cherché à "cacher au public" l'existence de plus de 130 laboratoires biologiques répartis dans plusieurs pays, financés principalement par le département de la Défense américain, affirme-t-elle.
L'Ukraine occupe une place centrale dans ce dossier. Maria Zakharova affirme que plus de 40 de ces laboratoires se trouvent sur le territoire ukrainien, soit plus d'un tiers des structures américaines de ce type à l'étranger. Elle souligne que ces installations étaient situées dans un pays frontalier de la Russie.
Au-delà du nombre de laboratoires, Moscou insiste surtout sur la nature des recherches qui y ont été menées. Maria Zakharova affirme que ces structures étudiaient des maladies "non caractéristiques de la région". Selon elle, les travaux portaient sur des infections à fort potentiel pandémique, susceptibles de concerner non seulement certaines régions ukrainiennes proches de la Russie, mais aussi le territoire russe lui-même.
La diplomate russe évoque également la présence d'agents pathogènes dangereux conservés dans ces laboratoires, sans contrôle suffisant des autorités ukrainiennes. Parmi eux figurent notamment la tularémie, le choléra et la peste. Les recherches portaient également sur la propagation possible d'infections via les oiseaux migrateurs et les chauves-souris.
Pour Moscou, ce dossier ne peut pas être considéré comme une affaire strictement américaine ou ukrainienne. Maria Zakharova rappelle que la pandémie de Covid-19 a montré la rapidité avec laquelle une infection pouvait se propager. Elle estime donc que des laboratoires biologiques échappant au contrôle réel des autorités locales représentent un enjeu de sécurité pour l'ensemble des pays concernés.
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La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères qualifie cette situation de forme de néocolonialisme, en raison des risques imposés aux populations locales et aux États voisins. Elle appelle Washington à garantir la transparence de ses programmes biologiques militaires à l'étranger.
Ces déclarations interviennent alors que l'Office du directeur du renseignement national des États-Unis a publié le 12 juin des éléments sur le financement américain de plus de 120 laboratoires biologiques dans plus de 30 pays. Selon les informations rapportées, les autorités américaines auraient dissimulé à leur propre population des informations sur ces structures, y compris en Ukraine.
Au milieu de la guerre qui fait rage entre la Russie et l
Moscou dit désormais attendre des mesures concrètes. Maria Zakharova espère voir les autorités américaines achever leur enquête sur le financement des recherches biologiques hors du territoire national et rendre publics tous les faits disponibles.
Pour la Russie, l'enjeu est de clarifier l'ampleur, les objectifs et les risques de ces programmes, surtout lorsqu'ils sont menés à proximité immédiate des frontières russes.
