L'Iran a fermement exclu tout accès immédiat des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à ses installations nucléaires endommagées lors de la guerre des Douze jours, ainsi qu'aux matières nucléaires, affirmant que ces questions ne pourront être examinées que dans le cadre d'un accord final et après que Washington aura pris des mesures concrètes en vue de lever toutes les sanctions.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a fait ces remarques ce mercredi 24 juin dans un message publié sur X, en réaction aux allégations des responsables américains et du directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, concernant les modalités de la coopération de l'Iran avec l'Agence.
Dans son poste, M. Gharibabadi a catégoriquement démenti une quelconque rencontre avec Rafael Grossi en Suisse. Il a aussi réaffirmé qu'"aucun plan" ne prévoyait l'accès aux installations iraniennes visées lors des attaques américano-israéliennes en juin 2025.
"Vous ne pouvez pas faire avancer une politique de"ballon d'essai"avec une campagne médiatique", a ajouté M. Gharibabadi.
Le conseiller du Leader de la Révolution met en garde contre tout optimisme excessif concernant les pourparlers avec un ennemi qui a violé ses engagements.
Ce message a été rendu public alors que le premier cycle de pourparlers techniques de haut niveau entre l'Iran et les États-Unis s'est achevé en Suisse, où les deux parties ont discuté de la mise en œuvre du mémorandum d'entente d'Islamabad, signé le 18 juin.
Le mémorandum engage les deux parties à mettre un terme immédiat et permanent aux opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Il prévoit également la levée du blocus naval américain, le déblocage des avoirs gelés ainsi que le lancement d'un plan de reconstruction pour l'Iran.
Toutefois, la mise en œuvre de ce document demeure difficile. Malgré l'engagement en faveur d'un cessez-le-feu, les forces israéliennes ont poursuivi leurs attaques dans le sud du Liban, ce qui a incité l'Iran à insister sur le fait que tout accord final dépendait de l'instauration d'un cessez-le-feu total au Liban.
Le ministre iranien des A.E, a déclaré que des avancées majeures avaient été réalisées en vue de mettre fin à la guerre, soulignant que la "véritable épreuve" serait la mise en œuvre réussie du cessez-le-feu au Liban.
Au cours des discussions en Suisse, Rafael Grossi a prétendu que les inspecteurs de l'AIEA se rendraient sur les sites d'enrichissement d'uranium en Iran. Des allégations démenties par Kazem Gharibabadi qui n'a pas manqué de mettre en évidence la position de Téhéran : aucun progrès sur le dossier nucléaire n'est possible tant que les États-Unis n'auront pas pleinement respecté leurs engagements au titre du mémorandum d'entente, y compris la totale levée des sanctions.
L'Iran a constamment affirmé que son programme nucléaire est pacifique et que toute discussion relative aux inspections devait se dérouler dans un contexte de respect mutuel et de mesures concrètes de la part de l'autre partie.
Dans ce droit fil, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué le 22 juin que l'Iran poursuivra sa coopération avec l'AIEA conformément aux procédures actuellement en vigueur, à la législation adoptée par le Parlement et aux décisions du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN) de la RII.
L'Iran poursuivra sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) conformément aux procédures actuellement en vigueur. (Esmaïl Baghaï)
